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Boy Diola

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« Boy Diola », c’est ainsi qu’on appelait le villageois de Casamance venu à Dakar pour trouver du travail. Ce villageois, c’est toi, mon père, Apéraw en diola. À force de côtoyer de trop près la souffrance, tu as décidé de partir. Pendant des mois, tu t’es rendu au port jusqu’à ce que ton tour arrive, un matin de 1969. Tu as laissé derrière toi les histoires racontées autour du feu, les animaux de la brousse, les arachides cultivées toute ta jeunesse. De ce voyage tu ne dis rien. Ensuite, tout s’enchaîne très vite. L’arrivée à Marseille, l’installation à Aulnay-sous-Bois, la vie d’ouvrier chez Citroën, le licenciement, la débrouille.
Odyssée depuis le fin fond de l’Afrique jusqu’aux quartiers populaires de la banlieue parisienne, Boy Diola met en scène, avec une pointe d’humour et beaucoup d’émotion, cet homme partagé entre deux mondes et donne ainsi corps et voix à ceux que l’on n’entend pas.

192 pages, Kindle Edition

First published August 28, 2019

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Yancouba Diémé

2 books1 follower

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Displaying 1 - 6 of 6 reviews
Profile Image for Anne.
404 reviews14 followers
May 21, 2020
Un livre écrit avec les mots d’un fils pour son père, arrivé en France depuis sa Profonde forêt Sénégalaise avec l’espoir d’un Éden Français ! Des mots tendres, des mots percutants, provocants parfois, des mots posés sans réserve car imprégnés d’expériences partagées, de souvenirs, d’espoir et de regrets au cœur de la cité!
Profile Image for Nathalie Vanhauwaert.
1,087 reviews43 followers
August 19, 2019
Diola : peuple d'Afrique de l'Ouest (Gambie, Sénégal, Guinée Bissau) essentiellement cultivateur, c'est aussi une langue nous dit Wikipédia.

Boy Diola, j'ai envie de le nommer "déraciné", celui qui vient de la Brousse et quitte tout pour un monde meilleur.

Le narrateur (l'auteur) nous raconte avec beaucoup de simplicité, de respect, d'amour et d'humour le destin de son père Apéraw, Boy Diola originaire de Kagnarou , un petit village de Casamance.

Ce premier roman débute en 2010, un bateau laisse des réfugiés sur une plage corse. Dans les yeux des naufragés Apéraw voit ceux qui ont fait le voyage avec lui en 1969. C'est une révélation pour son fils qui veut savoir et reconstituer le parcours de son père, lui qui croyait qu'il était arrivé en France par avion.

Il se souvient quand il avait onze ans, en juillet 2001, son premier voyage au pays natal d'Apéraw. La découverte de ses origines, de ses racines, la case au village, la précarité, la chaleur, les moustiques. Son père lui conte les us et coutumes et traditions, la rudesse de la vie d'agriculteur, d'un producteur d'arachides.

Apéraw est né en 1944. La date exacte, on l'ignore, c'est parfois le 31/12, le 01/01 ou encore le 08/04/44, c'est comme ça là-bas. Apéraw a grandi au village mais très vite il a voulu autre chose. Trouver du travail en ville, apprenti menuisier ou apprenti mécanicien, survivre à Dakar puis l'appel du large vers une vie meilleure. Au port guettant chaque bateau qui l'emmènera ailleurs, il saisit sa chance, quitte tout, ce sera la France.

On voyage dans le temps et dans l'espace avec ce récit sans réelle chronologie entre Paris et La Casamance. Arrivé en France, à Paris, Apéraw trouve du travail, d'abord manoeuvre puis ouvrier à la chaîne chez Citroën durant 14 ans jusqu'à son licenciement. La vie est dure mais jamais il ne baisse les bras, il est vaillant et travailleur, rebondit et veut le meilleur pour ses enfants.

C'est un récit intimiste sur la vie d'un déraciné, un témoignage puissant sur une autre culture, la construction d'une identité.

Une plume simple, fluide, proche de l'oralité non dénuée d'humour que nous propose Yacounba Diémé dans ce premier roman.

J'ai juste été un peu perturbée par le manque de chronologie, cela me semblait un peu décousu mais peut-être est-ce le but recherché, se créer une identité sur base d'éléments disparates.

Un joli témoignage qui nous permet l'ouverture sur une autre culture et un autre regard sur les déracinés. Touchant de sincérité.

Ma note : 7/10

Les jolies phrases

Comment peut-il avoir vécu à la fois à l'époque où l'on faisait griller la viande de cochon et celle de l'école coranique ? L'époque des accouchements dans la forêt et celle des premiers dispensaires ?

Si tu as peur de la forêt, toi tu peux pas devenir un homme. Le Diola il peut pas avoir peur de la forêt, si tu as peur comment tu vas faire pour vivre ?

Ne pas aimer nos produits ne revient pas à ne pas nous aimer.

Étudier pour aller où ? "Est-ce qu'on a attendu quelqu'un pour apprendre à manger ? Ils croient qu'on est bête mais laissez-les croire ce qu'ils veulent, nous on s'en four. Ce qui est dans notre tête c'est ce qui était dans la tête de nos pères, la vie c'est comme ça. Tu prends les choses dans la tête de ton père et tu augmentes.


Dans le temps, porter un costume c'était devenir quelqu'un. C'était l'orée de l'indépendance, de promesses de développement et des chimères.

On peut pas retourner dans la souffrance. C'est pour ça quand on sort on fait attention maintenant? ON peut pas retourner. C'est beaucoup la souffrance.

https://nathavh49.blogspot.com/2019/0...
Profile Image for Adlyn TE.
118 reviews3 followers
November 3, 2019
Ce livre est une sortie de la rentrée littéraire de septembre 2019 que je ne pouvais pas louper. Il a très vite rejoint ma PAL pour y rester très peu de jours finalement … Trop pressée que j’étais à l’idée de découvrir l’histoire d’Apéraw …

Mon résumé.

Boy Diola, c’est l’histoire du papa de Yancouba Diémé, l’auteur de cet ouvrage. De ce père qui a quitté son pays dans l’espoir d’une vie meilleure, il nous raconte tout : son pays d’origine, l’exil, l’arrivée en France, le nouveau départ, la nouvelle vie d’ouvrier, les joies, les peines, la descente aux enfers, la débrouille mais aussi les jours meilleurs …

Des années soixante à nos jours, c’est le destin d’un homme issu d’une famille très modeste qui n’a pas eu d’autre choix que de fuir pour enfin pouvoir construire…

Mon ressenti sur cette lecture.

La proposition de ce livre m’a beaucoup séduite. L’auteur rend hommage à son père en le racontant pour graver à jamais par les mots la vie pas toujours facile de cet homme dont il admire la force et le courage. Et cette vie, qu’elle avait besoin d’être mise à jour ! Mesurez-vous le courage qu’il faut pour tout quitter, sans rien, juste soi-même pour seul bagage ! Juste partir, naviguer vers l’inconnu avec pour unique réconfort le rêve d’une vie meilleure, l’espoir de pouvoir construire et n’avoir pas d’autres choix. Et combien sont-ils encore à notre époque à vivre la même situation ? Question de survie … Laisser derrière soi, son pays, sa famille, sa culture et arriver vers l’inconnu. Puiser la force de bâtir : un toit, une famille, une nouvelle vie dans un environnement pas toujours aussi accueillant que l’on aurait pu le croire.

La suite sur : www.placedesbouquins.com
https://placedesbouquins.com/index.ph...
Profile Image for Matatoune.
630 reviews29 followers
December 19, 2019
Un homme qui s’installait à Dakar pour travailler, originaire de Casamance, on l’appelait un « Boy Diola« , « le genre de type à errer presque nu dans les forêts du Sud » et qui « se nourrit de feuilles et de racines« . C’est le titre du premier roman de Yancouba Diémé racontant l’histoire de son père Apéraw, issu de la première génération des immigrants africains sur le sol de Seine-Saint-Denis.
Un soir, Apéraw dévoile son passage après avoir vu un reportage sur un bateau de migrants échoué sur une plage de Corse. Il n’en dira pas plus !
Son fils reprend le fil de son histoire : de son travail à Dakar, puis de ses tentatives de passage, de son arrivée, de ses années d’usine, de ses autres métiers pour combattre le chômage, de ses femmes, de ses enfants mais surtout de sa dignité, de sa fierté à être celui qui est « le fils de son père » et qui continue malgré tout son chemin.
Aucune chronologie dans ce récit, il faut accepter de suivre le chemin que nous trace l’auteur pour connaître mieux ce parcours si atypique et pourtant si habituel de ceux qui veulent quitter leur pays et qui se réinvente ailleurs.
La suite ici
https://vagabondageautourdesoi.com/20...
1,350 reviews56 followers
August 21, 2019
Au fil des souvenirs d’Apéraw, son fils raconte la vie de son père depuis son petit village de Casamance jusqu’à Paris dans les années 60.

On découvre ainsi, dans le désordre, comment le père réussi à monter dans un bateau pour Marseille, pourquoi il épouse Ina, son travail et son licenciement des usines Citroen dans le 15e arrondissement de Paris, le soutient de la famille.

J’ai aimé découvrir la vie d’Apéraw, qui a laissé loin derrière lui la brousse et les arachides partagées pour s’installer dans un pavillon triste d’Aulnay-sous-Bois.

J’ai aimé sa débrouille, lui qui ne lit pas, mais qui croit en sa force de travail, même quand les agences d’intérim ne le rappelle pas.

J’ai été triste avec lui de découvrir que sa retraite tant espérée dans son pays natal ne sera pas aussi belle que prévue car il ne fait plus partie de la communauté, on le tolère à peine.

Un roman sur une vie comme il y en a tant, et pourtant elle est essentielle.

L’image que je retiendrai :

La dernière, celle d’Apéraw apprenant à son fils à cuire le riz, savoir essentiel quand on part loin de sa famille.

https://alexmotamots.fr/boy-diola-yan...
Profile Image for Mamadou Lamine Diatta.
1 review
December 29, 2019
Ce livre me rappelle un peu ma verte Casamance et mon enfance à Thionck Essyl dont il a mentionné étant le plus gros village du Sénégal ou les gens de quartiers différents ne se connaissent pas tous. C’est vrai à Thionck on ne se connaît pas tous surtout si vous êtes de différents quartiers. Oh la vie de nos parents Africains en France, dure dure. C’est vrai qu’ils sont quand même très braves pour avoir servi la France pendant plusieurs années.

Ce livre me rappelle un peu ma verte Casamance et mon enfance à Thionck Essyl dont il a mentionné étant le plus gros village du Sénégal ou les gens de quartiers différents ne se connaissent pas tous. C’est vrai à Thionck on ne se connaît pas tous surtout si vous êtes de différents quartiers. Oh la vie de nos parents Africains en France, dure dure. C’est vrai qu’ils sont quand même très braves pour avoir servi la France pendant plusieurs années.
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