« Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce ? Un serment fait d’un peu plus près, une promesse Plus précise, un aveu qui veut se confirmer, Un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer ; E. de Rostand, Cyrano de Bergerac
Baisers timides, tremblants, baisers fougueux, voluptueux, brûlants... D’Ovide, Shakespeare… à David Foenkinos ou Philippe Forest : laissez-vous emporter par ces baisers qui donnent envie de tomber amoureux.
Philippe Sollers (born Philippe Joyaux) is a French writer and critic. In 1960 he founded the avant garde journal Tel Quel (along with the writer and art critic Marcelin Pleynet), published by Seuil, which ran until 1982. In 1982 Sollers then created the journal L'Infini published by Denoel which was later published under the same title by Gallimard for whom Sollers also directs the series.
Sollers was at the heart of the intense period of intellectual unrest in the Paris of the 1960s and 1970s. Among others, he was a friend of Jacques Lacan, Louis Althusser and Roland Barthes. These three characters are described in his novel, Femmes (1983) alongside a number of other figures of the French intellectual movement before and after May 1968. From A Strange Solitude, The Park and Event, through "Logiques", Lois and Paradis, down to Watteau in Venice, Une vie divine and "La Guerre du goût", the writings of Sollers have often provided contestation, provocation and challenging.
In his book Writer Sollers, Roland Barthes discusses the work of Phillippe Sollers and the meaning of language.
(Avis en janvier 2011) Une anthologie dont j'attendais la publication avec impatience et qui ne m'a pas déçue! Les extraits sont très bien choisis et répartis dans trois grandes parties: quelques conseils et remarques avant de se lancer ; le baiser, une invitation à l'amour ; le baiser, communion des corps. Ma préférence va à la seconde partie qui regroupe des extraits de Cyrano de Bergerac (E. Rostand), La délicatesse (D. Foenkinos), Le nouvel amour (P. Forest), Roméo et Juliette (W. Shakespeare) et La femme de trente ans (H. de Balzac). Les textes sont variés: de la prose à la poésie en passant par le théâtre. Un régal!
(Relecture en juin 2012) Cette anthologie est l’une des plus courtes parmi celles de Folio 2€ et l’une de mes préférées par son sujet : le baiser. Les textes y sont soigneusement choisis parmi la littérature classique (l’incontournable Roméo et Juliette, Cyrano de Bergerac, un texte de Balzac, le célèbre poème de Louise Labé, entre autres), mais également contemporaine (David Foenkinos, Philippe Forest, Philippe Sollers, Philippe Delerm), ce qui constitue selon moi une amélioration appréciable par rapport au volume de la déclaration amoureuse.
Le recueil s’ouvre avec un poème de Catulle, qui place immédiatement le lecteur dans l’ambiance générale et annonce les multiples baisers à suivre. Avant ceux-ci, quelques remarques et conseils sont donnés par Ovide dans son Art d’aimer : cela m’amuse toujours de comparer les us et coutumes passées aux nôtres qui n’ont pas toujours changé tant que cela. Plus proche de nous, c’est Philippe Sollers qui le suit, dans un texte qui m’a surprise par son alternance entre un style assez soutenu et un autre presque familier, comme pour exprimer le sublime du « vrai » baiser à côté de la vulgarité des autres « faux ». L’extrait que j’ai préféré dans cette section est celui du baiser selon Maupassant, ou plus exactement selon une vieille tante dans une lettre à sa nièce : ce texte est encore très actuel et très plaisant à lire, comme le montre cet extrait de l’extrait.
Le baiser n’est qu’une préface, pourtant. Mais une préface charmante, plus délicieuse que l’œuvre elle-même ; une préface qu’on relit sans cesse, tandis qu’on ne peut pas toujours… relire le livre. Oui, la rencontre des bouches est la plus parfaite, la plus divine sensation qui soit donnée aux humains, la dernière, la suprême limite du bonheur. C’est dans le baiser, dans le seul baiser qu’on croit parfois sentir cette impossible union des âmes que nous poursuivons, cette confusion des cœurs défaillants. (p. 30-31)
Deux autres textes sont également présents, l’un de Queneau (qui joue toujours aussi habilement des sonorités, sans me séduire pour autant) et l’autre de Philippe Delerm (une très belle description interprétative d’une photographie d’un couple qui s’embrasse), mais ils n’ont selon moi par leur place dans cette section de « l’avant-baiser », sinon pour harmoniser le nombre de textes dans chaque partie, ce dont je ne me serais guère formalisée si ça n’avait pas été le cas. C’est mon unique bémol quant à l’agencement même de cette anthologie, dont les différentes sections sont judicieusement choisies.
La seconde regroupe des textes qui présentent le baiser comme « invitation à l’amour » : s’y retrouvent Cyrano de Bergerac – dont la scène choisie m’a convaincue de lire enfin cette pièce dans son intégralité –, la religion des baisers de Roméo à Juliette dont je ne me lasse décidément pas, l’imprévu du baiser de Nathalie à Markus chez Foenkinos, La femme de trente ans de Balzac (j’avais oublié à quel point cet auteur peut être lyrique et tout à fait enchanteur) et, surtout, un extrait du Nouvel amour de Philippe Forest. Ce dernier texte est ma plus belle découverte de cette anthologie : bien que la scène du baiser même soit un peu décevante, la partie qui la précède est magnifiquement décrite. Enfin, la dernière section, celle du baiser comme communion des corps, regroupe principalement des textes poétiques, dont un de Neruda, un poète que j’affectionne particulièrement. Les deux textes en prose sont très évocateurs et m’ont laissé l’impression d’une grande force d’écriture.
Bref, une très belle anthologie, peut-être juste un peu trop courte.
Assez décevant, je m'attendais à vraiment mieux que ça... J'ai trouvé que les passages choisis ne représentaient vraiment pas les plus beaux baisers de la littérature et semblaient bien souvent superficiels.
Un peu déçue par ces plus beaux baisers, des beaux baisers de la littérature aurait été un meilleur titre, moins exigeant, plus réaliste, mais il est vrai que l'utilisation du superlatif est souvent à risque, celui de déplaire, de décevoir. Ce sont des beaux baisers, cependant je ne les considère pas comme étant les plus meilleurs.