Voici, écrits au jour le jour dans la forme ciselée du sonnet, une centaine de poèmes de Pasolini qui se donne pour l'éphéméride d'une passion. Retrouvés bien des années après sa mort tragique, ces textes intenses adressés à Ninetto Davoli, l'acteur lumineux du Décaméron, occupent une place singulière dans l'œuvre polyphonique de Pasolini. Ici, aucun apparat rhétorique ni de mise en scène : une parole nue, à vif, souvent blessée, qui traduit les alarmes d'un cœur qui ne s'appartient plus et d'un corps perdu de désir. Ce recueil, par sa brièveté, s'apparente à un trait de feu qui éclaire et qui brûle, qui révèle et engloutit, qui exalte et condamne : incontestablement l'un des sommets de la poésie amoureuse de notre temps.
Italian poet, novelist, critic, essayst, journalist, translator, dramatist, film director, screenwriter and philosopher, often regarded as one of the greatest minds of XX century, was murdered violently in Rome in 1975 in circumstances not yet been clarified. Pasolini is best known outside Italy for his films, many of which were based on literary sources - The Gospel According to Saint Matthew, The Decameron, The Canterbury Tales...
Pasolini referred himself as a 'Catholic Marxist' and often used shocking juxtapositions of imagery to expose the vapidity of values in modern society. His essays and newspaper articles often critized the capitalistic omologation and also often contributed to public controversies which had made him many enemies. In the weeks leading up to his murder he had condemned Italy's political class for its corruption, for neo-fascist terrorist conspiracy and for collusion with the Mafia and the infamous "Propaganda 2" masonic lodge of Licio Gelli and Eugenio Cefis.
His friend, the writer Alberto Moravia, considered him "the major Italian poet" of the second half of the 20th century.
la poésie de Pasolini fait preuve d’une simplicité écrasante, facilitée par l’absence de tabous ainsi que par l’aspect prosaïque de ses vers, et en même temps d’une richesse certaine en termes de progression narrative et d’évolution stylistique. l’on pense notamment à la manière dont cette simplicité se marie (à merveille) avec des vers complètement assouplis, comme modelés pour porter une prose libérée de toute contrainte formelle : le sonnet amoureux n’est plus porté par sa forme mais par la passion et l’attente qu’il contient ; c’est le fantôme de l’amant perdu qui l’habite qui lui donne, précisément, son caractère amoureux et romanesque. c’est un recueil cru, d’une certaine manière, car il se fait le témoin de la guérison partielle d’un Pasolini abandonné par celui qu’il aime depuis neuf ans : petit à petit, l’amant est désacralisé (de « Mon Seigneur » il ne reste que Ninetto, du vouvoiement l’on passe au tutoiement), il devient même parfois objet de mépris et c’est par l’écriture, nécessairement redondante, de sa douleur que Pasolini parvient à ce détachement relatif — car Ninetto restera pour lui un personnage principal de sa vie.
l’art de Pasolini, qu’il soit filmique ou poétique, ne peut que me plaire dans la justesse des portraits qu’il dresse et l’honnêteté crevante des passions qu’il dépeint. comme Teorema, ce recueil est plein de vie et pourtant il ne parle que d’absence — l’on retrouve, ici, des consonances nostalgiques qui rappellent un de mes recueils bien-aimés, En attendant les barbares du poète grec Constantin Cavafis.
Une révélation que ce recueil de Sonnets. En plus d'être absolument richissime pour une analyse profonde, l'écriture poétique de Pasolini a cette qualité incroyable pour dire la douleur, la blessure d'un ego et la fascination pour cet amant qui s'en est allé.
Pasolini was the last true Renaissance man. My favourite movies of his are his medieval trilogy, so it’s cool that this sequence was written while he was working on that (especially the Sonnets written in Bath while at work on Canterbury Tales).