Né dans les toilettes d’un bordel en plein âge d’or du Red Light, Michel Best, dit Ti-Best, était promis à un avenir radieux. Parmi les femmes qui y gagnent leur vie, dans l’odeur du baloney et des cigarettes, le poupon se frotte à un univers rustre mais chaleureux. Pendant que Maman Rita initie Michel à la gestion des affaires, Maman Janine lui fait son éducation : il n’est pas comme elles, il brillera à l’école, il sortira de ce monde.
Montréal change vite ces années-là, et à l’orée de l’âge adulte, désorienté, Best assistera à la destruction du quartier de son enfance. Qui est-on, à quoi appartient-on quand on a grandi à l’écart de la religion qui régit tout, et qu’on n’a, malgré la bonne foi des prostituées du Red Light, pas vraiment de famille? Est-ce le mouvement indépendantiste qui fournira à Best une explication au vide qui l’habite?
La solitude guette et avec elle, l’impuissance, qui augmente à mesure que les victoires du jeune Ti-Best rétrécissent dans le rétroviseur. L’enquêteur Best poursuit désormais une chimère, une tueuse en série qui le connaît si bien qu’elle semble destinée à lui échapper.
Les limbes offre une plongée dans la construction d’une conscience, puis dans son effritement. Qu’est-ce qui décide, au fond, du sens d’une vie?
Né à Montréal en 1976, Jean-Simon DesRochers favorise la création de projets littéraires à la fois complexes et accessibles. D'abord intéressé par la poésie (L'Obéissance impure, finaliste au prix Émile-Nelligan 2001; Parle seul, prix Émile-Nelligan 2003), il fonde la revue Dialogis en 2003. Dès lors, il publie un manifeste, divers essais ainsi que des nouvelles. À la fin du projet Dialogis, il se retire pour rédiger deux romans, dont La canicule des pauvres, paru en octobre 2009, aux éditions Les Herbes rouges. Il effectue présentement une recherche doctorale transdisciplinaire sur l'imagination cognitive et la création littéraire tout en poursuivant son oeuvre romanesque.
Michel Best, dit Ti-Best, est né dans les toilettes d’un bordel du Red Light de Montréal. Il a deux mamans, Maman Rita et Maman Janine. Toutes deux, elles tentent de l’éduquer du mieux qu’elles le peuvent, histoire qu’il ait une vie meilleure. La ville change, le quartier se transforme. La société évolue… Devenu grand, l’inspecteur Michel va essayer d’épingler une étrange meurtrière qui semble trop le connaître ! On retrouve ici la plume impeccable de DesRochers, qui délaisse cette fois le roman polyphonique, dans un univers sensible, parfois truculent, mais toujours aussi prenant ! Une autre œuvre marquante dans le sillage quasi parfait de cet écrivain !
Wow. Recommande à 100%. Beau témoignage de la transformation de la ville de Montréal de 1940 à 1980. J’ai adoré la première partie. Il y avait de l’humour et de la sévérité en même temps. La deuxième partie, ou après la destruction du Red Light District, on dirait que l’auteur opte pour un autre ton... qui semble « rushed ». Je n’ai pas adoré la fin, cependant la lecture en vaut réellement la peine. On s’attache au p’tit Michel Best, et son passage à la vie adulte est tout de même important.
J'ai vraiment eu beaucoup de plaisir dans la première partie. Je n'ai pas le rire facile en littérature, mais là, c'est truculent, caricatural, enlevant. Ce jeune Michel Best, fils de la Meilleure, prostituée du Red Light montréalais des années 40 et 50. Un Michel brillant, des putes sympathiques, des mafieux pour compléter le tout. C'est écrit de manière enlevante, sans temps mort. Un petit procédé que j'ai bien aimé: la manière qu'a l'auteur de nous annoncer ce qu'il adviendra du personnage dans 10 ou 20 ou 30 ans. Comme si, à l'instar de de Michel qui regarde dans les chambres des putes par des petits trous installés dans les cloisons, nous devons voyeurs en jetant un cou d'oeil dans l'avenir. Peu à dire cependant de la deuxième partie qui coricide plus ou moins avec la disparition du Red Light. Je me suis plutôt ennuyée. A trop embrasser dit le proverbe... Et peut-être que Montréal après l'assainissement des moeurs est devenue aussi plate que la vie du personnage. Tour de force que ce résumé d'histoire du Qubec à travers un quartier de Montréal, amis tour de force avec faiblesses et bonheur.
Je donne 4 étoiles pour la première moitié du livre et 3 étoiles pour la deuxième.
Après nous avoir habilement fait tremper dans l'ambiance du Red Light District, l'auteur nous balance dans tous les sens. Mafia, sadomasochisme, indépendance, enquêtes policières. La finition manque de finesse.
J'ai bien aimé. Différent de ses derniers romans qui étaient des romans chorals (La canicule des pauvres, le sablier des solitudes) Avec le langage québécois on se retrouve dans le Red Light de la fin des années 30. De la circonscription en passant par la montée nationaliste,le RIN, l'expo 67 jusqu'en 1980 on suit la vie de Best né d'une mère prostituée qui meurt en couche. Il sera donc élevé par Rita et Jeanine, tenancières du bordel Le Lupanar. Écrit dans une langue vivante et agrémenté d'un suspense qu'on a pas vu venir ce roman nous tiens jusqu'au bout. C'est un gros 3 1/2
En septembre 1939, Michel Best naît dans les toilettes d’un bordel du Red Light montréalais. Dès son jeune âge, le quotidien de Ti-Best se déroule sur une perpétuelle trame de sexe sale et de maison de débauche sise au 1441 Sainte-Élisabeth, où il trace son chemin dans le clan des Santini-Malarche, entouré de Rita, La Claude, Janine, Junior, Roland et la gang d’la ruelle Boisbriand. Jean-Simon DesRochers décrit dans ce roman, à la lumière évidente de recherches fouillées, la vie montréalaise de la fin des années 30 jusqu’aux années 80 en y glissant de multiples références à des personnalités et à des faits historiques, politiques, culturels, criminels réels de l’époque. C’est réussi et passionnant. Cette fois encore, l’auteur y va de quelques clins d’œil à des personnages et des immeubles croisés dans ses romans antérieurs, ici notamment à Roland Malarche, aux balbutiements du Malarche Déli et des appartements du Galant. Malgré que je préfère la construction chorale qu’il maîtrise si habilement et à laquelle l’auteur nous a habitués dans plusieurs de ses précédents romans, et que le trame narrative de «Les limbes» perd à mon avis de l’intérêt et de la crédibilité lorsqu’on en arrive à suivre les pas professionnels de Ti-Best devenu adulte, ce plus récent roman est si bien mené jusque là et repose sur une écriture si maîtrisée qu’il en vaut assurément tout de même la lecture.
Ce livre m'a été recommandé pour mon défi littéraire de 2025. Je suis ambivalente, selon moi, il aurait mérité 3 étoiles et demi. La raison est simple, j'ai eu de la difficulté à suivre le parcours du protagoniste, de jeune orphelin grandissant dans un bordel à inspecteur de police en passant par le militant. Quand Michel est devenu LE BEST, je n'arrivais plus à me souvenir de la raison qui l'avait conduit dans la police... il était pas censé devenir une taupe pour le réseau de Santini??? Est-ce que c'était voulu qu'on perde le fil? En tout cas, de mon côté ça m'a fait un peu décrocher. Et vous?
Dans la première partie, j'ai eu le plaisir de plonger dans un univers qui me rappelait celui d'Édouard de Michel Tremblay, mais en plus trash et en moins queer. L'histoire de la Main des années 50 a quelque chose de fascinant et l'auteur la raconte très habilement par les yeux d'un enfant qui y grandit. Comme pour d'autres commentaires que j'ai lus, j'aurais donné 5 étoiles à cette partie. Peut-être parce que je suis moins amatrice de romans policiers, mais la suite m'a semblé étrangement ficelée. J'ai un peu décroché.
Je donnerais un 5 étoiles à la première partie, où on suit Ti-Best dans son enfance et son adolescence dans le Red Light... Mais on perd l’originalité des lieux et toute la saveur apportée à l’histoire par une horde de personnages singuliers et attachants dans la deuxième partie. Il s’avère que Best, adulte et seul, sans l’univers de son enfance, devient plutôt ennuyant...
3,5 ⭐ J'ai été agréablement surprise et divertie dans la première partie, la narration est le fun, l'incursion dans le Red light aussi. Ça s'essouffle vers la fin, sans être pour autant désagréable; je me demande même si c'est pas pour mieux rendre le brouillard alcoolique de Ti-Best... Bref, les Limbes valent bien une petite visite.
2.5 Jai bien aimé le début du livre, les thèmes abordés jai moins aimé lorsque lhistoire a tourné en thriller policier. Jai trouvé ça long par bout et nai pas terminé ma lecture rendu à 245 pages...
Un de mes auteurs québécois préféré. Une écriture bien ficelée, un réalisme parfois hard du monde dans lequel on vit, mais avec un humanisme sous-jacent qui fait que tout n'est pas tout à fait désespéré. J'adore les références littéraires qu'il distille au fil de son oeuvre, sans prétention ni dans un effet de m'as-tu-vu. C'est toujours subtil, ça fait la job..
Les Limbes c'est la vie de Michel Best, un orphelin né dans un bordel du Red Light Montréalais. On va suivre son évolution au rythme de celui de Montréal et du Québec. Du ti-cul prenant des photos osées dans le bordel où il grandit dans un monde plus ou moins interlope jusqu'au moment où il devient policier infiltré pour la mafia, on s'attache au personnage, on embarque dans son délire de retrouver une tueuse en série qui lui glisse entre les mains. Mais je ne veux pas en dire trop. Je vous laisse le soin de découvrir le monde de Ti-Best par vous même.
Ce qu'il y a de sympa dans l'oeuvre de DesRochers c'est les recoupements de personnages à travers ses multiples romans. Même s'ils sont indépendants l'un des autres, on voit des personnages passer d'un livre à l'autre. Toute est dans toute right?
La seule réserve que j'ai ici dans ce livre est un tic que je retrouve parfois chez certains auteurs qui reviennent dans l'histoire et qui rendent leurs personnages prescients des événements historiques à venir. C'est sûr que ça rend un personnage plus grand que nature, mais personnellement je ne suis pas friand de cette entourloupe temporelle. C'est peut-être juste moi..
Sinon, ça reste une solide lecture que je vous recommande.