Hannah Arendt a marqué le 20e siècle de sa pensée (c'est le cas de le dire tellement "penser" est pour elle une "action", un but en soi). Mais pour la suivre, à travers cette biographie, il faut s'accrocher ferme et ne pas hésiter à revoir ses classiques. Ce livre est plus qu'une biographie et Laure Adler a voulu en faire une sorte d'essai sur la "pensée" de Hannah Arendt. À travers toutes les anecdotes de sa vie franchement extra ordinaire (loin de la banalité si vous me passez ce jeu de mots), Adler s'engage dans une réflexion sur les orientations et les fluctuations des sujets de prédilection de Arendt. La filiation, pour ne pas dire la dépendance de Arendt à la pensée Heideggerienne est triste à lire. C'est le sujet du livre qui m'a le plus déçue de cette grande dame, incapable de mettre un X sur une période de sa vie où elle était assujettie à un maître... Je retiens de cette biographie, malgré ce dernier constat, le portrait d'une femme libre, battante et malgré son côté obstiné et arrogant, un modèle de détermination pour toute les intellectuelles du monde. Quand à l'écriture de Adler, je l'ai trouvé moins convaincante. Elle se répète, cite des anecdotes sans importance et nous transporte la page suivante dans un réflexion exigente. Le sujet est passionnant mais l'écriture est moins concluante.