(4/5, I REALLY liked it)
Je n'avais pas du tout apprécié le seul autre livre de Matthieu (avec deux T) Simard (avec un M) que j'avais lu, ICI AILLEURS. Je l'avais considéré plutôt ennuyeux et assez pâle par rapport à d'autres livres lus à la même époque et portant sur le même sujet. Bref, je trouvais ce livre, pourtant encensé et couvert de prix et de distinctions, terriblement "overraté". Une déception.
UNE FILLE PAS TROP POUSSIÉREUSE m'arrive, également précédé d'éloges; Mes attentes sont prudentes.
Deux jours après une visite au Costco, deux jours après la fin de son couple — un couple peut-il survivre l’achat d’une seconde mijoteuse? —, c’est également la fin du monde tel qu’on le connait. Une catastrophe afflige la planète. Les gens meurent, étouffés par la suit tombée du ciel de ce Jeudi Cinq ou par ses effets subséquents. Notre héros (…) va mourir dans quelques années; ça on le sait dès le début du roman.
Ce héros, c’est justement le gars avec deux T. Cynique au possible, épargné de la tempête initiale par le confort de sa maison, dans laquelle il vivait maintenant esseulé, il passera les prochaines années à survivre, à se rendre au jour d’après. Les balises ne sont plus mêmes, dans un monde en mode « fin du Monde » : on baise, on tolère, on se réinvente, on survit. On tombe amoureux, le temps d’un regard, puis, c’est le deuil, l’amie, la partenaire n’est plus.
Il s’agit donc d’un manuel de survie post-apocalypse, dans lequel le narrateur traverse les moments entre l’espoir et l’abandon en usant d’humour, de légèreté et des références pré-apocalypse. Le drame demeure présent, lourd, envahissant.
La fin du narrateur (de l'auteur), on la connait, mais c'est le chemin menant à ce dénouement qui est particulièrement intéressant pour le lecteur d'assimiler. Le dernier tiers, dans lequel le cynisme et la dérision ont fait place à l’abdication et à la résignation, est très touchant; Ces pages donnent raison à l'engagement du lecteur et sont tout à fait conséquentes avec l'investissement qu'a fait le lecteur envers le récit, envers l'auteur.
"C'est à ce moment que je comprends.
Je suis quelque chose comme son père.
Toutes les femmes de mon histoire ne lui arriveront jamais à la cheville."
Mes espérances de satisfaction étant initialement modestes, je peux affirmer, à mon grand plaisir, que UNE FILLE PAS TROP POUSSIÉREUSE a été pour moi une lecture fort satisfaisante, autant pour la qualité de l'écriture que pour l'originalité linéaire du récit ainsi que pour son ton, léger au bon moment, tragique lorsque l'humour n'a plus sa place.