Campements de sans-abri, bâtiments vétustes, habitat bon marché, lotissements pavillonnaires, condominiums, quartiers fermés : la question du logement modèle les villes occidentales. Comment le logement est-il produit et distribué dans différentes sociétés ? À quels besoins répond-il ? Quelle est la fonction du logement social ? Que signifie l’incitation à l’accession à la propriété ? Pourquoi le logement est-il devenu une «marchandise » ? Quels sont les aspects sociologiques du marché ? En quoi consistent les politiques mobilisant l’État, les associations, les collectivités locales et diverses institutions ? Quel est le rôle des ménages ? Quelles sont leurs stratégies résidentielles face aux transformations urbaines ? Que signifie « habiter » et « cohabiter » ? Dans quelles mesures les normes d’urbanisme durable peuvent-elles transformer les pratiques ? Mobilisant les travaux issus des recherches en sciences sociales, l’auteur offre une synthèse accessible à un large public sur cette question majeure, au cœur de nombreux problèmes sociaux contemporains.
J'avais l'impression que c'était un résumé de thèse .. Mais c'était assez pour avoir un panorama global sur les politiques de logement en Europe en particulier.
La question sociale du logement ne peut être soustraite à une appréhension de la phénoménologie de l'habiter. Ensuite historiquement parlant, elle ne peut échapper aux différentes expériences et approches urbanistiques, que ce soit les hygiénistes, les phalanstères et autres utopies proposées. Le point commun des politiques de logement réussie au long de l'histoire reste l'essor d'une pensée marxiste ( Marx, Engels, ...) de base, atténuée en socialisme visible aujourd'hui en Europe du Nord.
Quant au Sud, on ne peut déclarer l'échec de ces politiques, mais le non-aboutissement de celles-ci dans l'absence d'une continuité décisionnelle, qui pourra mener à bien ces opérations. Ces politiques qui restent "confinée" (not just us yaallah) entre la couverture d'un large public et d'une hiérarchisation d'accès à la propriété.
Ceci sous-entend l'intervention de plusieurs autres acteurs : Mouvement sans-abris, ONG, associations ... Les systèmes solidaires aux Pays Bas comme exemple, sont à l'origine du succès des politiques hollandaises de gestion immobilière.
Un autre point intéressant évoqué par l'auteur est celui de mixité sociale, et Dieu sait combien de fois nous avons flanqué ce mot-clé rien que pour faire taire les reproches à nos propositions d'aménagement, et que sous prétexte de péréquation territoriale, nous sommes dans l'obligation de faire vivre deux groupes sociaux différents dans la même zone: Erreur, la difficulté de cohabitation de groupes sociaux est difficile voir impossible...
Il existe par ailleurs une autre nuance de mixité (qui pourra éventuellement vous aidez à justifier vos choix d'aménagement et de gestion) c'est celle dite mixité sociale inclusive : "se donnant pour objectif de développer, au sein même de la population résidente, les moyens d'ascension sociale, sinon des parents, du moins des enfants, semble plus pertinent pour faire évoluer les territoires sans rompre la continuité des relations sociales."[Dansereau et al., 2003]
Le livre se termine en apothéose, du moment qu'il remet en question la théorie du suisse / français Charles -Edouard Jeanneret (aka Le Corbusier) : La machine à habiter, en poussant la réflexion autour de la dualité logement / habiter (Shelter and Dwelling - Heidegger)...
Vivement recommandé aux étudiants d'aménagement et d'urbanisme ... (Archi aussi)