Bien qu'il soit assez méconnu, Les Songes et les Sorts est un charmant petit ouvrage, qui nous permet d'entrer dans l'intériorité de l'Impératrice qu'est Yourcenar, mais sans doute également dans celle de tout auteur ou poète.
Si cet essai n’a peut-être pas la profondeur de certaines des grandes oeuvres de l’autrice, telles que les Mémoires d’Hadrien ou encore L’Oeuvre au Noir, il constitue une fascinante errance lyrique au travers de ses rêves, transmettant au lecteur une part de leur ineffable. Il va sans dire que les images employées sont magnifiques, et sont non sans résonance symbolique, certaines revenant par ailleurs fréquemment, d’un rêve à l’autre (les cathédrales gothiques, l'homme aimé, la roche, etc…).
Un parallèle est finalement créé entre l’expérience du rêveur et celle du poète, bien que la création du premier soit bien plus spontanée, peut-être plus innocente…
Comme toujours, quoi qu’il en soit, l’écriture de Marguerite me touche beaucoup, et chaque page me plonge un peu plus dans une forme d’adoration.
“C’est encore ou à nouveau la nuit…”