Gary Victor met en scène un adolescent adorable qui découvre les livres, la sexualité, les secrets de la famille et la vérité sur son milieu. Il grandit sous la dictature et apprend tout en même temps, avec une violence inouïe. L’éducation se fait ainsi, dans ce Port-au-Prince où le Palais national et la dictature irriguent la vie de chaque citoyen.Carl Vausier est cet adolescent en pleine agitation sexuelle. Ses étreintes imaginaires dans la bibliothèque paternelle et ses folles virées dans les bas-fonds de Port-au-Prince au début des années 1970 vont lui faire découvrir à la fois sa propre nature et le monde pourri qui l’entoure. Carl entre en contact, grâce à un jeu de correspondance, avec la mystérieuse Coeur Qui Saigne. C’est le début de son éducation sentimentale. Tout bascule alors dans la folie et la cruauté.Un roman d’une rare conviction qui rappelle la vérité sur l’ambiguïté des postures politiques et les contradictions d’une société où le réel et le fictif se recoupent parfaitement.Maudite éducation est une manière plus intériorisée de Gary Victor. L’auteur alterne fiction et scènes de vie. Un texte remarquable, thématique risquée, écriture dense, liberté de ton et de style, le romancier Victor ne cesse de nous étonner.
Gary Victor (born 9 July 1958 in Port-au-Prince), is a Haitian writer, playwright, and scriptwriter for television and radio. His radio sketches and uncompromising tone of his television series on the manners of the Haitian bourgeoisie, did not fail to make daily waves on the air. He also served as the General Secretary of the Senate of Haiti from 1996 to 2000.
(from Wikipedia)
Romancier, scénariste et journaliste, Gary Victor est né en 1958 à Port-au-Prince. Ses ouvrages sont publiés en France, au Canada et en Haïti. Il a reçu de nombreux prix littéraires dont le Prix du livre insulaire à Ouessant (2003), le Prix RFO du livre (2004). Il est l’auteur d’une œuvre originale acclamée en Haïti.
Il a publié chez Mémoire d’encrier Chroniques d’un leader haïtien comme il faut. Les meilleures d’Albert Buron (récits, 2006), Treize nouvelles vaudou (nouvelles, 2007), Maudite éducation (roman, 2012, en lice pour le Prix Médicis), Collier de débris (récit post-séisme, 2013). Il a dirigé l’ouvrage collectif Je ne savais pas que la vie serait si longue après la mort (nouvelles, 2012) issu d’ateliers d’écriture qu’il a animés et a participé au collectif Haïti-Québec Bonjour voisine (2013, sous la direction de Marie Hélène Poitras).
Son dernier ouvrage paru chez Mémoire d’encrier est Cures et châtiments, qui s’inscrit dans le cycle des polars vaudou, après Saison de porcs (2010) et Soro (2011) mettant en vedette l’inspecteur Dieuswalwe Azémar.
Quelque chose dans ce livre me dérange, mais je ne sais pas bien dire quoi: probablement le rapport aux femmes, à leur sexualité. J'ai tout de même apprécié l'excursion dans Port-au-Prince, mais aussi l'incursion dans le désir qui évolue au fil de la vie du jeune homme, entre imaginaire et réalité.
C’est le deuxième roman que je lis de cet écrivain haïtien. En toute honnêteté, j’ai préféré « Le violon d’Hadrien », mais, tout de même, j’ai eu plaisir à retrouver son réalisme magique qui s’invite au milieu d’une phrase et vous surprend avec des images parfois hallucinantes. Ici, tout tourne beaucoup autour des pulsions sexuelles d’un jeune homme, depuis son adolescence à l’âge adulte. Il donne tout de même une place importante aux voix des femmes qui, malheureusement, sont toujours victimes du machisme et de la violence des hommes. Et, comme dans bien des romans haïtiens, la violence et la corruption du régime Duvalier sont omniprésentes. En quelques mots, et sans divulgâcher la fin, je retiens ce triste constat : les personnages masculins de Gary dans ce roman, qu’ils soient éduqués ou non, sont soit lâches, soit d’une extrême violence.