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Le Mas Théotime

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"Quelquefois, tapi sous la haie d'aubépine, je l'épiais, surtout le matin, à l'heure où les enfants sont le plus légers. J'étais ému de la voir courir çà et là, sans but apparent. Jamais elle ne regardait de mon côté. Quelquefois, essoufflée par l'ardeur de sa course, elle s'arrêtait, haletante, à deux pas de ma cachette. Et alors je la voyais bien, car je pouvais la regarder à loisir. Elle avait de grandes jambes nues, griffées par les ronces, deux yeux verts très foncés, et quelques taches de rousseur sur les bras, au cou. Je la trouvais laide et effrontée."

438 pages, Mass Market Paperback

First published January 1, 1945

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About the author

Henri Bosco

78 books25 followers
Henri Bosco was born in Avignon in 1888.

He was born of an Italian family from Cipressa, above San Remo, who had settled in Marseille, France, between 1837 and 1847. His father, Louis Bosco, was a stone-cutter before becoming a highly talented opera singer. His childhood and his youth were spent a few kilometers from Avignon, in the neighbourhood of Monclar, which was still in the country at that time. He studied classics at the Lycée d'Avignon, and took music for eight years at the Conservatory in Avignon. His university studies in Grenoble led to the successful completion of the Italian agrégation in 1912. In 1913, he was appointed to Philippeville, Algeria, where he taught classics.

First World War: H.Bosco fought in the Armée de l'Orient (Macedonia, Serbia, Albania). He was injured in 1915 and discharged in 1919.

From 1920 to 1930, he was seconded by the Institut Français de Naples. This period was very important in both intellectual and literary terms. He published his first book, "Pierre Lampédouze", in 1924. He also participated with R.Laurent-Vibert in the restoration of the Château de Lourmarin which would become a cultural foundation.

On July 16 1930, Henri Bosco married. From 1930 to 1931, he taught French and Italian in Bourg-en-Bresse.

Autumn 1931: He arrived in Rabat, Morocco, where he taught classics at the Lycée Gouraud (Hassan II). He was president of the Alliance Française in Morocco. In 1936 he founded the journal "Aguedal", that he edited until 1945. He contributed actively to intellectual life both in North Africa and in France. The influence of friends and the ordeal of war and defeat led Bosco to embark on a true initiation that directed his inner life toward a profound spiritual quest and ushered in a new period of original works that began with "L'Ane Culotte" (1937).

Henri Bosco retired in 1945, the year in which "Le Mas Théotime" received the Prix Renaudot, earning him renown. Subsequently he devoted himself to his literary career and published novels that attracted considerable attention ("Le Jardin d'Hyacinthe", "Malicroix", "Un Rameau de la Nuit", ...). He left Morocco permanently on April 9, 1955, after spending twenty-four of the richest and most prolific years of his life there.

He settled on the hill of Cimiez in Nice, in an old Provençal mas which soon became a Mecca of friendship and spiritual life. He travelled extensively giving lectures, but persistently continued to expand his work.

He frequently stayed in Lourmarin where, in 1947, he had acquired a bastidon isolated in the hills, a place of silence, daydreams, and meditation. From 1947, he was administrator of the R.Laurent-Vibert Foundation and gave much of his time and efforts to the brilliant intellectual, literary, and artistic activity of this place that was so dear to him.

Henri Bosco died in Nice in his eighty-seventh year. He is buried in Lourmarin, with Madeleine Bosco, who passed away in 1985.

His work was honoured with numerous prizes, including the "Grand Prix National des Lettres" in 1953 and the "Grand Prix de Littérature de l'Académie Française" in 1968.


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Displaying 1 - 9 of 9 reviews
297 reviews4 followers
December 18, 2018
Ce roman parut en 1945 raconte la vie de gens simples, des taiseux, les traditions familiales et la culture de la terre au rythme des saisons en Provence. C'est un livre lent, empreint de tranquillité, de nature, de parfums, il nous décrit la vie d'autrefois quand on marchait une journée pour rendre une visite à un berger et qu'on dormait sur un lit de paille.
Cette lecture a été un beau moment de parenthèse.
Profile Image for marina.
91 reviews1 follower
August 5, 2022
Le roman le plus étrange que j’ai lu cette année (in a good way) ?

Cette lecture n’était pas du tout prévue mais j’ai bien aimé finalement. Le roman est très surprenant, j’ai jamais réellement compris si c’était un récit surnaturel ou non et malgré les longueurs parfois, j’ai toujours été captivée d’une certaine manière 🧐

(Comment c’est possible que cet homme ai écrit des livres pour enfants de base ? Ambiance cadavérique)
97 reviews1 follower
March 6, 2021
Roman de Provence. Très agréable à lire, peut être un tout petit peu trop lent par moment
31 reviews1 follower
December 21, 2024
Très beau libre sur le lien étroit et l’amour infaillible entre l’homme et la terre. Lecture remplie de couleurs, de la musique et des senteurs de la Provence.
Profile Image for Rex.
289 reviews51 followers
November 18, 2024
Like Malicroix from the same period, Henri Bosco's novel The Farm Théotime opens on a partially-illuminated young protagonist (Pascal) obsessed with botany and the competing influences of his mixed lineage. Fortunately, however, Théotime attains a character and mood of its own. A bitter note is prominent for much of the book, but it is eventually overcome by profound gentleness. With fifty pages to go, Bosco unexpectedly resolves his chief narrative conflict, allowing the book to meander sweetly to a close.

The life of nature, and of country folk, remains idealized and sublime in Bosco’s eyes. Apparently Bosco started Théotime while processing, from abroad in Morocco, the defeat of France in 1940. Perhaps the novel can be read as Bosco's defiant assertion of his love for a place threatened by the storms of war. For some readers, this bit of historical context may make his romanticism more palatable; but like Bachelard, I believe there's a lot more depth to what Bosco is doing than tropes as old as Virgil. He is exploring, poetically, almost phenomenologically, powerful archetypes in the material imagination.

Bosco continues to delight me. Alas, his works are hard to find in English; Malicroix and The Boy and the River have come out in new translations by NYRB, and I dearly hope that The Farm Théotime, discoverable on Internet Archive in the meanwhile, will eventually follow suit. [UPDATE: I splurged a little and ordered the Aldus illustrated edition, published in Britain in 1949. I don't love the illustrations, but it's wonderful having a hard copy in hand.]
Profile Image for Victor Legault.
65 reviews
June 28, 2025
« Le tombeau des Alibert se cache dans un creux. C'est un petit enclos. Trois cyprès le protègent contre les vents du nord. À l'intérieur pousse une herbe brûlante. Pas une dalle. Le long des murs on a cimenté quelques pierres qui portent un nom, une date, à demi effacés. Là sont les Alibert. D'autres, perdus sous l'herbe sèche, n'ont pas même laissé un nom. Une vieille couronne fanée pend, au fond de l'enclos, contre le mur. Elle seule donne à ce lieu son caractère funéraire ; mais, la pluie qui la bat et le soleil qui la dévore, bientôt la dissoudront ; et les ronciers vivaces cacheront les pierres scellées et leurs fragiles commémorations.

Dehors, à l'abri de l'enclos, le vieil Alibert a installé une dizaine de ruches.

C'est là que je le trouvai.

En m'entendant venir, il ne se dérangea pas, car il semblait fort occupé à étayer une ruche de paille. Les Alibert, quand on se dirige vers eux, trouvent toujours une occupation absorbante. Attentifs et de vue perçante, ils vous voient de loin. Ils s'attachent alors à leur ouvrage, et n'en détachent le regard que vous ne soyez devant eux.

Ainsi, le vieil Alibert ne bougeait pas. Il écoutai, le visage contre la ruche, le murmure de ses abeilles. Il en est aimé. Jamais sa présence n'offusque ces petites bêtes vindicatives. Et, de sa main paisible, il touche à leurs demeures, sans provoquer leur irritation. Mais il les soigne bien. Son seul délassement est de venir chaque semaine, le long de ce mur brûlant de soleil, où courent les lézards. Il n'aime guère qu'on l'y accompagne ; et l'on sent qu'en prenant de l'âge il trouve son plaisir le plus grave à vivre un peu dans la compagnie de ses abeilles et dans le voisinage de ses morts.

Je le saluai aussi doucement que possible. Une visite matinale, en cet endroit, dérangeait ses habitudes. Je le savais. Comme à regret et lentement il tourna vers moi son regard plein de méfiance. Puis, m'ayant rendu son salut, il ramena ses yeux gris sur la ruche, et reprit son travail. Je me taisais.

Au bout d'un moment il finit par me dire que les abeilles étaient malades. »
45 reviews
Read
May 13, 2026
Subtle and sublime. Some resemblance of Giono, but darker, more evocative and less epic in style. The Norwegian translation (1948) is really good, but why was it never republished?
Profile Image for Marsyas.
107 reviews
September 26, 2023
Il n'y a pas mieux qu'Henri Bosco pour vous plonger dans une histoire en terre de Provence. Contrairement au folklore traditionnel, il offre une intrigue pleine d'incertitudes dans une temporalité liée à la Terre.
Profile Image for Mazel.
833 reviews133 followers
August 16, 2009
Quelquefois, tapi sous la haie d'aubépine, je l'épiais, surtout le matin, à l'heure où les enfants sont le plus légers.

J'étais ému de la voir courir çà et là, sans but apparent. Jamais elle ne regardait de mon côté.

Quelquefois, essoufflée par l'ardeur de sa course, elle s'arrêtait, haletante, à deux pas de ma cachette. Et alors je la voyais bien, car je pouvais la regarder à loisir.

Elle avait de grandes jambes nues, griffées par les ronces, deux yeux verts très foncés, et quelques taches de rousseur sur les bras, au cou.

Je la trouvais laide et effrontée
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