Bon... j'avoue avoir éprouvé quelques sensations de longueur pendant les 2/3 du roman, mais le dernier tiers de l'histoire justifie, en fait, ce rythme lent: la vie ne réside-t-elle pas justement dans la force de l'instant présent, dans l'appréhension de chaque détail (nature, liens, routines, traditions, émotions)? La petite communauté de North Station et plus particulièrement, Émile et Arthur attendent le retour du printemps pour retrouver le corps de leur petite-fille et mère, Jenny qui s'est noyée, 4 mois plus tôt, en sauvant son fils des eaux glacées du lac qui borde leur maison. Lors des funérailles (le corps n'a pas encore été retrouvé), l'église est comble et c'est grâce aux hommages de chaque habitant qui la côtoyait (un ex-amoureux, sa meilleure amie, les clients fidèles du restaurant où elle travaillait, une sourcière amérindienne, etc.) que l'on en apprend un peu plus sur cette mystérieuse femme si discrète. Sans révéler l'issue de ce drame, je pourrais néanmoins dire qu'elle flirte avec la légende et qu'elle éclaire sur le sens à donner à sa vie.