2011, les printemps arabes ont donné le ton à d’autres révoltes. Un mouvement mondialisé s’étend, c’est l’Haraka. Les productions industrielles, les États et toutes les hiérarchies vacillent. Des dynamiques populaires s’entrechoquent pour répondre aux nécessités de la survie et dessiner un futur habitable.
2021, les communes libres s’épanouissent sur les ruines du système. Comment vivre avec l’héritage de l’Antémonde ? Comment faire le tri des objets et des savoirs d’une époque aux traces tenaces ? Les haraks dessinent leur quotidien en fonction de leurs ressources et de leurs rêves. Des dynamos aux rites funéraires, des lave-linge aux assemblées, ces nouvelles d’anticipation politique racontent non pas une utopie parachutée, hors-sol, mais des routines collectives qui se confrontent à la matière, à ce qui résiste dans les têtes, bâtissant un monde qui s’espère sans dominations.
Bon c'est parti pour une review de Bâtir aussi : les Ateliers de l'Antémonde !
En gros : en 2011 les français-es ont réussi la révolution et ça s'appelle l'Haraka. L'ancien monde capitaliste s'appelle l'Antémonde. Le bouquin présente différents endroits et différents pov : des endroits encore en lutte, des endroits apaisés, comment se passe la vie post révolution, etc.
Déjà sans hésitez : oui, lisez le. C'est un bon bouquin plein de bonnes idées inspirantes.
Maintenant la nuance c'est tipar.
J'ai aimé : - le principe ofc - les différents povs et différents lieux - imaginer le monde révolutionné - les travaux communautaires - les discussions sur la transition - l'élan que ça donne en tant que militant-e et auteurice - le fourmillement d'idées - la confrontation des povs et les frictions que provoquent inévitablement la vie en communauté - pas mal de personnes racisées - des vieilles gouines - les micros povs d'enfants à la fin qui sont incroyables - l'incroyable transition positive pré et post-gilets jaunes niveau évolution des mentalités
J'ai pas aimé : - l'absence quasi totale de personnes handi et malades ??? vraiment lea seule handi qu'on a eu c'était un pauvre vieux droitard coincé dans sa baraque super - where personnes trans - la répétition du schéma tri-pov sur chaque histoire, c'était vraiment lourd narrativement - le gros forçage approuvé de certaines personnes qui sont dans leurs bulles à intégrer la communauté alors qu'elles participent et ne font rien de mal (potentiel validisme je trouve)
Voilà pour l'instant c'est déjà bien. Ce que je trouve bien avec l'Haraka c'est qu'on nous invite complètement à écrire notre fanfic. Où est ce qu'on en serait nous dans l'Haraka ? À quoi ressemblerait notre communauté ? Etc bref banger lisez le et faisons encore mieux
This entire review has been hidden because of spoilers.
Un roman uchronique dans lequel les printemps arabes de 2011 auraient inspirés à la France en 2012 une série de révolutions qui auraient mené à une nouvelle France constituée de communes auto-gérée un peu à l'image que les Occupy et Nuit Debout projetait de nombreuses assemblées/réunions pour penser la société et la communauté (ou du moins l'image que j'en ai eu du mouvement). Ce monde est très loin d'être parfait (ce n'est pas le but de l'ouvrage de montrer un monde utopique, mais plutôt réaliste et en construction), les personnages sont en conflits permanents les un·es avec les autres, le sexisme, racisme, homophobie, etc. est très loin d'avoir disparu et est adressé continuellement dans l'ouvrage.
Je suis sincèrement très déçu de cet ouvrage, on semble plus lire une présentation de thèse à travers une narration vraiment minimale (des dialogues), des personnages sans grande consistance (et auxquels on ne s'attache pas), bref, l'aspect fictionnel est vraiment délaissé au profit de son aspect théorique qui se répète souvent au cours du texte. C'est sûr qu'une écriture collective amène son lot de problèmes, ça ne paraissait pas trop toutefois ici, l'ensemble était assez consistent d'une chapitre à l'autre. Je n'ai juste pas trouvé le livre intéressant. Je ne sais pas trop si ça s'adresse à des personnes déjà conquises à l'idée, à des personnes qui ne connaissent pas du tout les projets de communautés auto-gérée, connaissant déjà beaucoup la théorie autour du sujet (sans nécessairement être gagné à l'idée), je n'ai vraiment pas trouvé une lecture qui m'informait beaucoup sur le sujet.
C'est malheureusement le livre que j'ai le moins aimé de la vraiment super excellente Sorcières. Ma première déception (sur une quinzaine de livres, c'est vraiment peu toutefois).
"Bâtir aussi" est un ouvrage atypique, un recueil de nouvelles produites par les Ateliers de l'Antémonde, un collectif qui s'auto-définit ainsi :
Les ateliers de l’Antémonde sont constitués de personnes engagées dans des luttes anticapitalistes et féministes. Des ateliers de fabrication d’imaginaires enthousiastes et critiques du complexe techno-industriel. Les auteurEs, passionnéEs par la bidouille, recherchent des outils pour subvertir l’état des choses, développer des perspectives révolutionnaires et anti-autoritaires. Iels expérimentent la science-fiction à plusieurs mains pour s’extirper d’un présent verrouillé en puisant dans leurs pratiques de luttes et de vie collective. Ensemble, iels tentent de tirer les fils du présent afin de tendre une toile de futurs possibles, voire souhaitables.
Ceux qui me connaissent un peu savent que c'est une démarche qui avait de grandes chances de me séduire et que l'enthousiasme serait mon premier sentiment en commençant ce livre.
Les sept nouvelles qui composent ce recueil se déroulent de nos jours, mais dans une version du présent où dix ans plus tôt, une révolution a renversé le modèle capitaliste industriel, sous l'impulsion du Printemps arabe. Après une lutte à mort contre l'Etat et les nationalistes d'extrême-droite, la société s'est réorganisée en communes libres et auto-organisées.
Les textes mettent donc en scène le quotidien d'un modèle de société inspiré des idées anarchistes, collectivistes, de l'anarcho-communisme, ou de l'écologie libertaire de Murray Bookchin, que le préface cite explicitement comme source d'inspiration. Cela a fait écho chez moi à l'une de mes lectures récentes, le très beau Eutopia de Camille Leboulanger.
J'aime quand la fiction permet d'imaginer des alternatives, des futurs possibles et souhaitables. C'est le cas des nouvelles de ce recueil, et cela justifierait déjà sa lecture. Là où ce livre va encore plus loin, c'est autour de la notion d'utopie ambigüe. En effet, les auteurs et les autrices ne cachent pas les difficultés, les doutes, les débats qui agitent les communautés qu'ils et elles mettent en scène. C'est l'occasion de démontrer que ces futurs possibles sont et seront en perpétuel débat, sans masquer le poids des processus de prise de décision collective.
En parlant des débats qui transparaissent dans le livre, j'ai trouvé qu'ils sont parfois mis en scène de façon un peu trop didactique, quand les personnages expliquent leurs arguments plus à destination du lecteur que pour eux-mêmes. C'est une facilité d'écriture peut-être inévitable dans une telle démarche, mais cela ne nuit pas tant que cela au plaisir de lecture.
Je ne peux pas achever cette critique sans parler de la très jolie postface, à la fois éclairante sur le projet littéraire et politique des auteurs et autrices, et inspirant pour prendre le relais, comme ils et elles nous invitent à le faire. A qui le tour ?
Ce livre donne envie de penser l'avenir différemment et encourage à croire au changement à différentes échelles.
C'est un livre qui fera du bien à celleux qui ont l'impression de vivre dans un monde sur une pente glissante sans pouvoir y faire grand chose.
Update après relecture quelques années plus tard: Toujours aussi convaincue. Invite à réfléchir à son propre positionnement sur des sujets d'actualité constante: la répartition du care, la (non-)nécessité de l'armement, la réduction de l'impact écologique, le niveau de confort acceptable, les formes de prises de décisions collectives... les vrais questions quoi.
Seppure questa raccolta di racconti nasca con un intento lodevole e presenti degli spunti di riflessione molto interessanti, non riesce davvero a superare la contingenza della sua nascita, risultando così , nel suo insieme, poco riuscita. I racconti infatti nascondo da discussioni e riflessioni su come costruire un mondo post-capitalista e post-patriarcale; come loro frutto, presentano già tale mondo, in diverse fasi di realizzazione, e ne portano alla luce difficoltà, contraddizioni, divergenze di vedute nella sua costruzione e limiti, evitando così di presentare un’utopia edulcorata, ma facendo invece molta attenzione all’applicabilità di questi possibili modelli alternativi (o ancora meglio, futuri alternativi). Purtroppo, però, questa spinta teorica non si limita a essere lo scheletro su cui è costruita la narrazione, sparendovi quindi al suo interno e rimanendo solo percepibile tra le righe, bensì costituisce gran parte del tempo le pareti esterne, quelle in vista. Il risultato è una lettura troppo teorica/didattica, spesso noiosa e, soprattutto, che indebolisce lo spunto iniziale invece di rafforzarlo. Chiaramente è difficile trasformare un programma socio-economico e politico in narrazione e forse sarebbe stato meglio creare una parte più saggistica, dove esporre tutta la parte riflessiva, così poi da poter avere la parte narrativa più libera. In ogni caso questo risultato è debole e rimane il rammarico dopo la lettura, data la bontà e l’importanza del progetto.
En plein débat sur l'écriture inclusive en 2018, c'est un article de l'Obs qui m'a mené à ce recueil de nouvelles et l'intérêt s'est poursuivi par le genre uchronique / anticipation dans un temps proche et des lieux en France qui sont familiers. Du point de vue de l'inclusif, aucun problème, l'habitude se prend assez naturellement. Les nouvelles sont une sorte de laboratoire où l'on voit comment se développent des communes ou quartiers de manière autonome et en régions solidaires alors que l'antémonde, le monde capitaliste du temps des Indignés des années 2010, a disparu en France après des luttes féroces. On est dans le local et différents personnages vivent la réalisation de ce pour quoi ils ont lutté, pour une justice sociale, contre toute domination, une mise en commun des ressources et à moindre coût écologique. Parfois un peu didactique dans le développement des thèmes particuliers à chaque nouvelle, ce n'est toutefois pas un programme politique qui est assené, mais vraiment une mise en action de ces idées de manière assez équilibrée avec toutes les difficultés, tensions qui surgissent dans la construction de ce nouveau monde. On peut parfois se demander s'il est désirable, mais la postface nous invite à ajouter nos fils à la trame de ces possibles. En epub gratuit https://antemonde.org/recueils/batir-...
certains passages dont j'aime plus ou moins l'écriture, genre c pas la chose la plus belle que j'aie lue, mais c'est une forme d'expérimentation vraiment précieuse, porteuse d'espoir. en tant que #kiffeuse de low-tech, penser des utilisations de ce genre de technologies dans un monde révolutionné fait carrément sens. le bouquin met trop bien en scene les différences d'opinion qu'il peut y avoir autour de tout ça aussi : à quel point on récup, à quel point on produit? à quel point on organise cette production sans glisser dans l'autoritarisme? quelles formes de confort on s'autorise? comment on maintient une conscience des dangers de la glissade vers un trop de progres? BREF ce livre c'est un vrai laboratoire, et j'en veux d'autres comme ça!! C'est trop important de faire ce genre d'exercice, d'imaginer des voies d'émancipation, des mondes futurs, et bref nos luttes ont vraiment besoin de s'essayer à ce genre de pensées. je remercie du fond du coeur les auteurices de cet ouvrage, qui m'a fait du bien au coeur. nous n'avons pas peur des ruines, nous pouvons bâtir aussi :))
Et si la société capitaliste s'était effondrée en France en 2011 et que 10 ans plus tard, des communautés autogérées, inclusives et bienveillantes s'étaient construites sur les ruines de l'ancien monde ? C'est que Bâtir aussi tente d'imaginer au travers de plusieurs nouvelles prenant place dans ce même monde traitant de la place du travail, de l'industrie, de l'ordre,... Lire bâtir aussi c'est ouvrir une porte pour entrevoir un monde meilleur à inventer.
Merci au réparateur de machine à laver de l'era post révolutionnaire pour son super boulot et pliz inventez pour de vrai le dancefloor qui génère de l'électricité