Troisième tome des Histoires naturelles du Nouveau Monde, La Vie entière entraîne le lecteur sur les rives du fleuve Saint-Laurent. Le poète et naturaliste Pierre Morency s’attardait, dans L’œil américain, sur divers éléments de la faune et de la flore du continent nord-américain. Après avoir exploré le monde animé des oiseaux, dans Lumière des oiseaux, il célèbre ici le fleuve majestueux et ses riverains.
En évoquant son père et son grand-père, qui creusaient des puits artésiens, il rend hommage au courage et à la sagesse des hommes. Loin du rythme trépidant des villes, il a trouvé sa vérité au sein de la nature sauvage. Dans sa maison au bord de l’eau, d'où il épie la vie à travers d’infimes bruissements, un frôlement, une agitation dans les herbes, il relate des anecdotes cocasses ou touchantes, évoque l’habileté d’un oiseau ou la magie d’une crique perdue. Sa parole envoûte, qu’elle soit philosophique, poétique ou spirituelle, comme lorsqu’il rêve à un musée de la marche où seraient exposés chaussures, sandales, escarpins, galoches, et des objets utiles à la promenade : bâtons, havresacs, gourdes, boussoles. Qu’il note l’intelligence du raton laveur et le courage du carouge ou qu’il converse avec un renard déluré, la langue, précise, élégante, et l’étonnant savoir de l’écrivain, captivent le lecteur tout en l’instruisant : « Il n’est pas si loin le temps où l’eau douce sera sur notre planète un élément plus précieux que l’or ». J’en ai été brutalement convaincu le jour où j’ai appris que si la totalité de l’eau douce contenue dans tous les fleuves, lacs et marais était également répartie sur la surface du globe, elle formerait une couche dépassant à peine trente centimètres. L’eau salée, en revanche, atteindrait deux kilomètres d’épaisseur.
Pierre Morency, auteur d’une dizaine de recueils poétiques, a reçu le prix François Sommer pour L’œil américain et le prix France-Québec Jean-Hamelin pour Lumière des oiseaux. -- Raymond Bertin
J’ai vraiment, vraiment, vraiment aimé ma lecture ! Mon premier livre de Pierre Morency, poète que j’ai connu grâce aux anthologies de poésie québécoise, sa passion pour le monde qui l’entoure et la beauté de la nature est puissante et a ravivé une flamme en moi ! Une relecture s’imposera en sortant du bois🌲