Je dois avouer que j'étais très mal à l'aise en lisant la première partie du roman. Baby Boy fait tellement de mauvais choix, page après page, que j'avais envie de le prendre par la main et lui dire : "Non va pas là, mon gars..."
C'est sa relation avec Marc-André qui me dérangeait, surtout. Avec mes yeux d'adulte, je voyais bien que ça n'avait pas d'allure, que le gars profitait de BB. Je me demandais pourquoi BB ne s'en rendait pas compte . Et puis j'ai repensé à ma propre adolescence. Je me suis rappelée qu'à 13-14 ans j'avais le kick sur un gars dans la vingtaine, chambreur chez ma grand-mère, qui m'appelait "jeune fille" et qui s'empressait de m'offrir des lifts quand j'en avais besoin. Je le voyais dans ma soupe et je suis convaincue que je me serais laissée faire s'il m'avait fait des avances. Parce que comme BB, j'avais un immense besoin d'être VUE, d'être aimée pour ce que j'étais. J'avais l'impression d'être invisible pour mon entourage et le peu d'attention que je recevais de ce gars me donnait l'impression d'être spéciale.
My god, je suis en train de raconter ma vie... hahaha ! J'imagine que c'est bon signe. Que ce roman m'a fait "vivre des émotions" par la justesse de son ton. Même si ma personnalité et ma sexualité étaient très différentes, beaucoup de choses se ressemblent entre mon adolescence et celle de BB.
Bref, un excellent roman, que j'ai trop tardé à lire et que j'ai dévoré en deux jours.