Ils sont quatre, nés au Gour Noir, cette vallée coupée du monde, perdue au milieu des montagnes. Ils sont quatre, frères et sœur, soudés par un indéfectible lien…
Marc d’abord, qui ne cesse de lire en cachette. Mathieu, qui entend penser les arbres. Mabel, à la beauté sauvage. Et Luc, l’enfant tragique, qui sait parler aux grenouilles, aux cerfs et aux oiseaux, et caresse le rêve d’être un jour l’un des leurs.
Tous travaillent, comme leur père, leur grand-père avant eux et la ville entière, pour le propriétaire de la centrale, des carrières et du barrage, Joyce le tyran, l’animal à sang froid...
J'ai beaucoup de mal à comprendre l'engouement pour ce livre. L'écriture est empreinte de beaucoup de poésie, mais lorsque le fond ne suit pas du tout, elle finit par devenir très laborieuse et superflue. Les personnages ne sont là que pour remplir des rôles précis dans le scénario (l'homme qui a fermé son coeur et se repentit, l'innocent aux mains pleines, la mère qui apprend à aimer, le grand méchant qui n'aime que le pouvoir) et n'ont aucune profondeur ou développement. Mention très spéciale à l'héroïne du livre, qui n'exprime sa liberté et son courage que via le sexe qu'elle choisit ou ne choisit pas d'avoir, mais ne fait surtout rien d'autre. Je m'interroge aussi fortement comme un autre lecteur plus bas sur le choix de donner des noms américains à tous les personnages (qui m'ont presque fait croire à une lecture sur l'esclavage, qui aurait été finement amenée) pour au final comprendre que l'intrigue se passe en Corrèze ? Dans ce cas pourquoi un shérif si on choisit un barrage existant en France? En bref, une écriture qui semblait pleine de potentiel, mais très desservie par un scénario bancal et cliché et des personnages (surtout féminins) très caricaturaux et unidimensionnels.
Qu’est-ce qui amène un auteur à décider le sujet de son roman ? La question peut sembler plus simple qu’elle ne l’est réellement parce que, comme nous le savons, c’est aussi la façon dont ce thème est développé par l’écrivain qui transforme un roman en bon ou mal réalisé. La relation entre la syntaxe et la sémantique produit ce que nous appelons le style et qui définit en grande partie le travail de certains auteurs.
Buveurs de vent est le premier roman de Franck Bouysse publié par Albin Michel, après avoir quitté son ancienne maison d’édition La Manufacture de livres. Alors que ses talents d’écrivain sont présents tout au long du livre, tombant parfois dans des formules littéraires vides et répétitives, qui affectent les va-et-vient de sa prose, le problème fondamental que je vois dans ce roman est le sujet choisi. Une vallée, une ville, une centrale électrique, une famille avec trois frères et une soeur, un homme puissant, sont essentiellement les éléments qui composent l’intrigue.
Je trouve difficile de comprendre les décisions de l’auteur, comme l’inclusion de noms anglais pour ses personnages, tels que Lynch, Joyce, Snake, Roby et sa préférence pour certaines traces de séries de Netflix qui sont parfaitement prévisibles. Tout cela affecte certainement la structure et le développement du roman.
Bref, une histoire ennuyeuse, une intrigue prévisible et mal résolue, avec des personnages sans grand intérêt, élaborée à la manière de la série américaine, par un bon écrivain qui, malheureusement, a été emporté par de mauvaises décisions.
Quelle déception. J’avais tant aimé Né d’aucune femme du même auteur. Dans ce cas-ci… j’ai fermé le livre et je me suis dite: pourquoi finalement on nous fait le portrait des membres de cette famille? J’ai comme pas compris c’était quoi l’histoire de ce livre? Ben… j’exagère un peu, mais ce que j’en retiens, c’est beaucoup d’ennui 🥴
Franck Bouysse signe une fois encore un roman magnifique. J'ai eu plaisir à me plonger dans son écriture puissante et à découvrir chaque personnage de la famille Volny : Élie le grand-père qui a perdu une jambe, sa fille Martha et son mari Martin, leurs 4 enfants, Luc, Matthieu, Marc et Mabel. J'ai aimé la façon dont on découvre la personnalité de chacun d'eux, leurs liens forts. Une autre figure imposante de ce roman est le tyrannique Joyce, qui règne en maître sur la centrale électrique et le village du Gour noir, inspirant un respect effarouché à ses habitants. Mais ce personnage et ses sbires, Lynch, Snake et Double, occupent paradoxalement une place secondaire dans le roman. Je m'attendais à en apprendre davantage sur la vie de Joyce, après son mariage avec Isobel, qui reste finalement anecdotique dans l'oeuvre. C'est un roman que j'ai apprécié mais qui,pour moi, n'est pas un coup de cœur comme l'avaient été Glaise et Né d'aucune femme.
Une vallée, le Gour Noir et une ville au dessus. Dans la vallée sont nés Marc, Matthieu, Luc et Mabel, quatre frères et sœurs, soudés depuis l’enfance, jusqu’à ne plus percevoir le monde qui les entoure. Dans la vallée et dans la ville, tout le monde travaille de près ou de loin pour Joyce, tyran inaccessible, assoiffé de pouvoir absolu. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, ils replonge dans un schéma de soumission, d’humiliation et de violence sans réagir. Un roman comme une parabole sur une tyrannie imposée à tous et qui fait naître petit à petit l’insoumission sous diverses formes. Un roman au allure de western dans lequel la nature est un refuge à la réalité. Une plume magnifique, une écriture poétique qui fait ressortir l’espoir que l’homme propose en face du pire.
I had read lots of good things about this book. I wasn't too sure where this was going, it takes a long time to take off. And then there was a sex scene initiated by a girl and her younger brother, whom some consider as a stupid boy. So I stopped here. Sad I used a credit for 21% of a bad book.
Déçue par cet ouvrage alors que j'avais adoré "Né d'aucune femme". Ouvrage qui se voulait grande fresque sociale et familiale mais qui se perd dans des détails sordides (et inutiles à l avancée de l'intrigue, on se demande ce qu'ils font là). Les personnages auraient pu être intéressants si plus étoffés. On en ressort avec un goût de pas assez et en même temps la satisfaction d'en être sortit.
C'est une fable moderne sous la forme d'un western située dans le Gour noir en Corrèze.
Fable non aboutie, western non abouti:
1) Le vilain de l'histoire ne fait absolument pas peur (on se dit, quel pauvre type). 2) Le personnage féminin ne l'histoire ne s'émancipe que par le cul (attention, pas par la prostitution). Alors, bon, il y a autre chose que le cul pour s'émanciper à ce que je sache. 3) La fin est tournée court et expédiée en moins que deux et, comme le personnage du vilain n'a pas été assez exploité, cette fin n'est pas crédible pour un sou.
Tout ceci est bien dommage car les autres personnages étaient trop biens (mais ils auraient pu être un peu plus esquissés) et l'histoire avait beacoup de potentiel.
Quelle déception, après "Né d'aucune femme"... Un roman sans aucune subtilité dans la trame narrative, des personnages qui sonnent faux, une histoire qui ne va nulle part.
Suočite se sa ovom knjigom, pročitajte je i pokušajte je razumeti. Ne osuđujte je, i ne ocenjujte loše samo zato što je niste shvatili, ili to niste želeli.
Sometimes I have those moments when I don't have time for a book, but still want to be in a story. The story mustn't be too exciting nor too beautiful, otherwise I want to read too much, and I don't have the time for that. But it shouldn't be bad either, because while reading, I should be enjoying it.
This novel was ideal for that situation. All in all, not much happens. The rhythm of the narration is very, very quiet. Doesn't make you want to read on. I could easily put the book away without wondering what would happen next. Certainly in the first third, the suspense was zero, then a little more, but still not much.
I let myself quietly drift along to the rhythm of the narration. The author likes to mix dfferent literary genres, and I like to read that. This was something between a fairy tale and a western (set in France, which was funny for a western) - but a western that lacked tension, so it really was a quite strange western. And even more so. It was also a rural novel. It takes place mostly outdoors, and there are many experiences in nature. There are also quite a few descriptions of nature, but some are gloomy, especially in the first part of the story. There is a fourth aspect to this fable-western rural novel: it contains a whole family story. The characters of the family were quite pleasant to follow, especially the grandfather and the children, the parents much less so.
The fairy tale has the sombre grimness of some fairy tales. The style is usually not very cheerful.
I found the western funny. It is set in France. All the 'bad ones' have English names, which helps with the western feel. And a western in a green region of France, around a big river, it is something different. And there is everything else, a saloon, girls, a sheriff, the clan of the bad guys... everything, except the suspense.
I found the family story questionable. Whether parents, after so many years, will react like in this story I doubt. But the circumstances are exceptional. Maybe they can't really do otherwise.
And the rural aspect, I've already told you, is often told in a sombre way, so you don't necessarily (but sometimes) find in nature a refuge from the gloom of the story.
The plot Apart from the fact that there was hardly any suspens - which did not bother me - nor a good story, the ending was also disappointing. Tough many genres are mixed up, there is hardly a story, and certainly not a believable one, the ending is fast paced and not interesting at all. You don't read a western for such story, finale and ending.
In short, during a period when I didn't have much time to read, this book that didn't captivate me offered a solution, because when I did have some time, the book had enough positive sides, so I had good moments -though not more.
Depuis ma lecture de Né d’aucune femme, l’écriture poétique de Franck Bouysse m’attire comme un aimant, tout comme les couvertures de ses romans, souvent magnifiques et éloquentes. Buveurs de vent ne déroge pas à la règle, la photographie de couverture me séduit et me donne envie de savoir ce que cachent ce torrent et cette mystérieuse vallée du Gour Noir. L’auteur nous transporte au cœur du Massif Central, entre Corrèze et Cantal, où un barrage électrique a été construit dans les années 1940. Le récit n’est pas daté, on comprend qu’il s’agit d’une période indéfinie située après la seconde guerre mondiale.
Quatre frères et sœurs, adolescents, vivent dans cette vallée coupée du monde. Mabel, une jeune fille libre et sensuelle, Marc un féru de littérature, Matthieu, l’amoureux de la nature et Luc le cadet que l’on croit simplet car déscolarisé et qui s’imagine héros de Stevenson. Comme leurs parents et grands-parents avant eux, ils suivent un destin tout tracé : travailler pour le propriétaire de la centrale électrique dont dépend la ville enti��re. Celui-ci est un tyran nommé Joyce qui possède également le barrage et les carrières environnantes ainsi qu’une armée d’espions et les forces de l’ordre (un « shérif » nommé Lynch) à sa botte.
On s’attache dès le départ à ces quatre jeunes qui semblent ne pas avoir d’autre choix que de vivre dans la soumission face à l’hégémonie de cet homme qui vient de nulle part et s’auto-proclame souverain. Mais un vent contraire semble souffler dans leurs veines, à commencer par l’indomptable Mabel aussi sulfureuse que rebelle, coincée entre une mère bigote et un père asservi… De leur fratrie unie naitra une soif de liberté, un désir de vaincre et de briser les chaînes, jusqu’à commettre l’irréparable…
« Ils inspiraient fort et buvaient le vent qui montait de la vallée, le recrachant en relents de tempête sous leurs crânes d’enfants »
L’écriture de Franck Bouysse est hypnotique, envoûtante. Etonnamment, là où je m’attendais à un récit réaliste, lié probablement à cette « étiquette » de roman noir rural, j’ai découvert un style plutôt surréaliste, très proche du conte, étrange parfois notamment dans la présentation de cet homme, Joyce, et de son « armée ». On peut certainement penser à un « western » contemporain, mais j’ai durant toute ma lecture eu en tête l’univers de Tim Burton devant ce personnage de Joyce, et ce dû aussi au fait de mon incapacité à situer temporellement le récit. Le résultat est inattendu, séduisant et bouleversant. Nous sommes dans le roman noir assurément, rural également, mais le tout porté par une imagination fertile et une poésie rare et émouvante.
Voilà un roman que je n’oublierai pas même si je n’ai pas ressenti le coup de coeur de Né d’aucune femme, mais ma fascination pour l’écriture de Franck Bouysse ne faiblit pas, bien au contraire!
Le Gour Noir est une vallée dans laquelle la vie semble figée. La centrale électrique construite là emploie la plupart des habitants et Joyce, son constructeur paranoïaque et dominateur dirige cet endroit d’une main de fer. La famille Volny se compose de Martha, la mère, bigote à souhait qui rêvait de recréer les 12 apôtres et de Martin, un homme rongé par les horreurs de la guerre. Ensemble, ils ont eu 4 enfants : Marc passionné de littérature, Mathieu l’amoureux de la nature, Mabel seule fille de cette fratrie ayant une forte conscience d’une liberté à conquérir et Luc « ce fils incomplet, simple d’esprit ». Lina la grand-mère est morte et Élie le grand-père amputé d’une jambe à la mi-cuisse veille sur l’équilibre de cette famille, remplaçant ces parents qui ne savent pas aimer. La fratrie, unie, a sa propre musique, ses habitudes dont celle de se suspendre sur le barrage, au bout d’une corde pour respirer le vent au passage du train. C’est là qu’ils tissent des liens, rêvent, se protègent les uns les autres et s’aiment.
Si l’ambiance du roman est assez noire, c’est bien l’amour puissant qui reste la pierre angulaire de cette histoire. L’amour refusé, celui des parents qui ne savent pas comment s’y prendre, celui de la fratrie où les protagonistes « poussent » comme ils peuvent, à coup de ceinturons ou à coup de tendresse, l’amour et la vie à conquérir. Comme le dit Franck Bouysse « Chez moi, l’amour a sauté une génération. »
Je n’en dirai pas plus sur ce roman qu’il vous faudra découvrir seuls. C’est indispensable pour laisser naître vos propres émotions et trouver en vous les clés qui vous feront tomber en amour devant la force des personnages. Si le terreau reste l’enfance, la fratrie, l’amour qui contraste admirablement avec le noir de cette vallée où « En vérité, les âmes dociles qui peuplaient ce coin du monde étaient prisonnières de la toile au jour de leur naissance. » le souffle du vent donne la musique du roman. Dans cette vallée où il est de mise de « Surtout ne jamais croire aux rêves, ne pas même les respecter, avec le sentiment chevillé que sinon, ce serait leur plus grande défaite. Accepter les défaites sans mener les guerres. En refusant le combat, rien de grave ne pourrait arriver. », quatre âmes vont à la rencontre de leur destin programmé ou pas, chacun à leur façon, même si « Martin ne regrettait rien. Il voyait en ses enfants des animaux dociles incapables de rébellion. »
Buveurs de vent est un tableau dont jaillie une formidable lumière, à différents endroits, selon l’angle d’observation. Si les liens de cette fratrie restent indestructibles dans le torrent de la vie qui parfois se déchaîne, la lumière vient aussi de certaines remises en question « Je voudrais essayer d’être meilleur. — (…) comprendre que le silence est une vaste prison où l’on enferme ses peurs. »
Les romans de Franck Bouysse craquellent les carapaces, mettent en lumière ce qu’on met des années à cacher, déterrent des émotions enfouies, des souvenirs enterrés. Ils sentent l’enfance déçue, les rêves brisés, l’âpreté de la terre, le cœur sec de ceux qui en sont esclaves, le silence au dîner quand seul le patriarche est autorisé à parler, les enfants qui passent une vie entière à se faire tout petits… Quand la « charité paternelle » s’abat, c’est qu’elle est forcément méritée. Elle n’est jamais remise en question.
Dans les romans de Franck Bouysse, la littérature sauve, la nature abrite, les rêves de liberté percent parfois les nuages, la candeur met à l’abri. Ses romans se méritent. Ils demandent que le lecteur s’ouvre à cette poésie saisissante, au choix des mots, aux émotions qui affolent et font chavirer les âmes cernées de murs défensifs. « La vie, il faut la laisser déborder tant qu’il y en a. »
Émue aux larmes par la relation profonde entre Mabel et son grand-père, de ceux que nous aurions tous aimé avoir, il me reste quelques mots… Ceux à prononcer aux enfants dont la liberté est à prendre, dont l’unique dessein doit être celui de vivre, de partir parfois sans se retourner. « Toi, t’es comme le soleil, tu brilles tous les jours et personne a conscience du miracle que c’est. (…) N’attends rien d’ici. Tes rêves, ils viendront jamais pousser la porte. Il faudra que tu ailles briller ailleurs, t’auras pas d’autre choix. »
Il y a chez Franck Bouysse quelque chose qui me touche profondément : des blessures d’enfance, des silences rugissants, des obsessions de liberté. Les femmes de ses romans sont profondément libres, même enfermées, comme si la volonté de l’auteur résidait uniquement dans son désir de les faire s’épanouir même sous leurs jougs. Elles n’en sont que plus lumineuses mises côte à côte d’autres, plus rétrogrades, incapables de sortir du milieu dans lequel elles sont nées. C’est cette lumière, au cœur de l’obscurité qui me fait tant apprécier l’oxygène de ses histoires en pleine asphyxie…
Au Gour noir, une vallée encaissée dans les montagnes, tous travaillent pour Joyce, propriétaire de la centrale hydroélectrique, homme dur et tyrannique. Rien ne lui échappe, il veut tout contrôler, avec ses sbires, jusqu’à la vie personnelle de ses employés. Quatre jeunes gens, Marc, Matthieu, Luc et Mabel - la seule fille - forment une fratrie unie. Martin Volny, leur père, tout comme Elie le grand-père qui a perdu une jambe accidentellement travaillent aussi pour Joyce. Mabel aurait dû s’appeler Jean, tant la mère s’est vouée à Dieu jusqu’à l’obsession, elle ne manquera pas d’ailleurs de la chasser du foyer quand celle-ci osera s’affirmer dans sa liberté féminine et sexuelle. Tous les personnages ont un caractère différent et attachant. Les personnages secondaires sont des piliers sombres et violents, la noirceur de leur monde croisera quelques morts.
Ce qui frappe d’emblée dans ce roman, c’est la beauté de l’écriture, puissante, précise, riche. J’appréhendais un peu de retrouver Franck Bouysse après le si beau Né d'aucune femme, mais j’ai aimé ces buveurs de vent qui se suspendent dans le vide au viaduc, leur lien, la force de leur attachement. Si l’amour entre eux est maladroit, le grand-père veille sur eux et leur avenir.
On peut regretter que la vie conjugale de Joyce soit peu développée alors que tous les éléments sont placés d’entrée, le sujet est introduit puis quasi oublié. La fin est sombre et peut-être un peu rapide, et si l’on peut s’étonner du choix américain des prénoms dans un contexte qui ne l’est pas tant que cela (le barrage du Gour noir existe vraiment dans le Massif central en France !), l’ensemble n’en demeure pas moins puissant.
Buveurs de vent a fait partie de la rentrée littéraire 2020. Il me tardait de le lire. Rien que le titre… Un appel. Dans ce roman, c’est d’abord la plume de l’auteur qui nous saisit. Immédiatement, on sent cette force des mots. Chacun d’entre eux est à sa juste place. Tout est limpide, fulgurant, poétique aussi. Et cette plume est au service d’une histoire puissante. La nature y côtoie l’humain dans ce qu’il a de plus beau et de plus noir également.
Le plus beau, bien sûr, est dans la fratrie des Volny. Les quatre frères et soeurs sont comme quatre éléments de la nature. Ensemble, d’une puissance étincelante et d’une férocité insoupçonnée d’autrui. Cette relation m’a ému. Ces liens, cette solidarité, ce besoin des uns des autres pour se sentir complet. Le beau passe aussi par le marin, Gobbo dont le courage et l’histoire nous prennent aux tripes.
Le sombre, quant à lui, est symbolisé par Joyce et ses sbires. Ce peu d’émotions, ce non respect d’autrui et de la vie font froid dans le dos. Et sont davantage soulignés face à la Grandeur des « quatre ». L’ambition et le pouvoir constituent ce personnage que l’on peut assimiler à un dictateur. La noirceur passe aussi, selon moi, par la mère. Enfermée dans la religion, elle en oublie, dans son interprétation, les valeurs qui la fondent au point d’écorcher sa propre famille.
Ce roman a des allures de conte. Il y a une forme de manichéisme avec des archétypes cristallisant des émotions qui nous touchent tous. D’ailleurs, il n’y pas de date, pas d’environnement extérieur au Gour Noir, renforçant ainsi l’idée d’intemporalité. Ce livre est un tableau symbolisant la toute-puissance de la Nature mais aussi de la versalité de la condition humaine. L’Homme, lui également, par nature, tôt ou tard, se soulève.
Lire Franck Bouysse, c’est souvent boire la coupe jusqu’à la lie. Jusqu’à ce qu’il prenne possession de ton cerveau, imprimant son image, son histoire, à travers cette écriture unique et viscérale.
Boire la tasse, consentant, et ici, plonger du haut du viaduc du Gour Noir, cette terre ancestrale peuplée de personnages tous plus inquiétants les uns que les autres.
Je suis fou, fou furieux de sa plume. A chaque fois, Franck Bouysse offre une expérience, à la fois sensorielle, qui prend aux tripes, et littéraire, car chaque mot est minutieusement choisi. Comme une musique, lancinante et pénétrante dont lui seul a le secret.
Oui, Franck Bouysse fait bel et bien parti de ces auteurs dont je découvre chaque roman avec impatience et appréhension et ce roman est une expérience. Magnétique, viscérale, innommable. Qui ne laisse pas indemne, comme bien souvent chez le monsieur.
J’ai refermé ce livre. J’ai retrouvé cette plume tant aimée. Et cependant, il m’a manqué quelque chose pour que ce soit un coup de cœur. Peut-être ai-je trop aimé ses précédents ouvrages pour être étonné de cette façon d’écrire et par ses personnages, tout en profondeur d’abysse.
Certaines mécaniques et la fin de l’histoire ne m’auront pas fondamentalement convaincu. Je me suis surpris à sortir parfois du récit et laisser mon esprit vagabonder.
Clairement, si vous n’avez jamais lu l’auteur, c’est un roman à découvrir et Franck Bouysse, reste une voix à part dans le paysage littéraire actuel.
Je vous conseille de découvrir ce nouveau roman évidemment, de vous faire votre propre avis, mais je me demande si je suis le seul « adepte » à être un petit peu déçu cette fois ?
Dans les « Buveurs de vent » de Franck Bouysse, l’araignée est une métaphore de l’insoumission. Tout au long du roman, elle tisse une toile pour aider une vallée coupée du monde à retrouver sa lumière.
Élie a un âge avancé. L’ancien bricolo devenu handicapé à vie ne fait plus rien que de crier au vent assis sur sa fontaine. Sa fille Martha s’est engouffrée dans la bondieuserie. Marié à Martin, revenu de guerre à jamais abîmé, elle a quatre enfants. Elle aurait tant rêvé en avoir autant que les apôtres du Christ. Mais, voilà, le dernier, Luc est débile, c’est elle qui le dit ! Du coup, elle a revu à la baisse son rêve.
L’aîné des enfants, Marc, se réfugie dans les livres en cachette lorsque son travail à la centrale est fini. Matthieu travaille aussi à la centrale et consacre ses heures de repos à cette nature qu’il aime tant. Et puis, il y a Mabel, la jouissive. Son surnom lui vient de son grand-père abrégé de Ma belle, bien sûr. Avec leur frère Luc, ils aiment se pendent au parapet du viaduc avec une corde pour voir sous un autre angle la centrale qui les gouvernent. La famille est pour l’auteur le lieu de toutes les aliénations mais aussi de toutes les rédemptions, puisque par le départ d’un de ses membres, l’équilibre sera abandonné.
Необычная и очень примечательная книга, которая навеяла мне воспоминания о многих литературных драмах, семейных сагах, историях о дружбе и мести, и даже о комиксах про Бэтмена! Но в то же время показалась оригинальной и не похожей ни на что.
Небольшой городок, где всё население работает на великого и ужасного Джойса, живущего за семью замками в окружении охранников и злых собак. О нём никто и ничего не знает. И он действительно живо представляется отрицательным героем из мрачного комикса.
По другую сторону баррикад мы видим очень странную семью: мать — религиозная фанатичка, отец вообще потерял всякий смысл и вкус к жизни и четверо детей: любвеобильная Мабель, Марк, предпочитающий книги любой компании, Матье — любитель природы и Люк-дурачок, который никогда не станет взрослым окончательно. Добавим сюда ещё несколько колоритных персонажей в виде парочки головорезов (гигант и карлик) и, например, таинственного моряка, окутанного ореолом мрачности и загадочности прожжённого жизнью скитальца.
Что же их сведёт всех вместе? Что качнёт тот маятник, который в конце концов не только не остановится, но с бешеным рёвом пронесётся над всем городком?
Прочла с большим удовольствием и ловила себя на мысли, что провожу аналогии с книгами "Воронье озеро", "Американская ржавчина" и даже "Там, где раки поют".
Well I think it's safe to say that Franck (really lean into that C when you're saying it) has become one of my favorite authors. Gonna need some translators to get cracking on all his other books, STAT.
This one is not nearly as harrowing a read as Born of No Woman. Instead its a lovingly drawn portrait of a place that could be called Allegoryville if not for the vividness of the prose and the characters. Every brief, brisk chapter is chock-full-o incredible writing and brilliant insight.
I struggled through Born of No Woman despite its brilliant writing because of its incredibly gothic horrors but was moved by the ending. Wind Drinkers, meanwhile, sung from page one and never had me questioning "why are you doing this to yourself?" Franck (in my head this is pronounced like Frawn-nck) Bouysse (in my head this is pronounced by smashing a keyboard) is an incredible writer and I can't wait to get my hands on more of his writing as soon as I can.
Le précédent livre de Franck Bouysse "Née d'aucune femme" avait été un de mes coups de cœur en 2019. Son nouveau roman "Buveurs de vent" m'a de nouveau subjugué tant par son histoire que par son style. Une poésie rurale empreinte d'humanité, de retenue, de sentiments. Bouysse sait manié les mots, les faire virevolter et les assembler avec une qualité et une dextérité sans égale. Il y a parfois du Zola, parfois du pagnol mais au final cela devient du Bouysse. Ce roman dont on suppose qu'il se passe dans le centre de la France dans l'après guerre, raconte la dure vie d'ouvrier sous le joug d'un patron tyrannique. Une sorte de western paysan ou tout est beau: les mots, les descriptions, la pudeur des sentiments... A lire absolument!
"Ils s'assirent sous la vaste paupière maçonnée, serrés les uns contre les autres, dessinant à eux quatre l'iris de l'oeil d'un cyclope inscrit dans la pupille laiteuse du ciel, toujours en leur royaume, échappant ainsi à une destinée cartographiée de longue date par les adultes. Ils inspiraient fort et buvaient le vent qui montait de la vallée, le recrachant en relents de tempête sous leurs crânes d'enfants."
La prose est très belle et poétique, il y a de belles idées, mais j'ai un goût d'inachevé, comme si il y avait trop d'intrigues, et que le roman se dispersait inutilement. Et puis il y a cette scène d'inceste qui m'a mise très mal à l'aise et dont je n'ai pas compris l'intérêt.
Lecture agréable. Une légère accointance avec l'ambiance de Marcel Aymé dans La Jument Verte, des personnages attachants tels Gobbo plein d'élan ou Martha enfermée dans son monde rétréci. Le personnage du grand-père paraît un peu "surdimensionné" en grand sage et les violons sortent un poil trop à mon goût, mais la langue de Franck Bouysse coule facilement et m'a fait tourner les pages assez vite.
C'est un bon roman noir qui nous raconte l'histoire d'une fratrie dans une vallée coupée du monde. le récit un peu long à démarrer est très sombre et aussi captivant. Heureusement que l'amour fraternel décrit apporte une lumière à l'histoire. J'ai aussi trouvé la fin un peu abrupte. J'aurai voulu encore rester encore quelques pages de plus avec Mabel et ses frères. L'écriture de Franck Bouysse est toujours aussi sublime , poétique et très travaillée. Bon moment de lecture.
C'est l'histoire de trois générations, qui vivent ensemble et travaillent, ou ont travaillés au même endroit. Les enfants peuvent paraître spéciaux, mais ils ont eu une drôle d'éducation, entre une mère bigotte et un père qui ne sait que cogner.
Ce roman est bien écrit, il se lit rapidement. Cependant, pour moi, la fin inattendue a un petit quelque chose d'inachevé.
Je recommande ce roman qui se lit sans prise de tête.
Magnifique roman: âpre beau et cruel comme la nature , et surtout la nature humaine . Des parents mal aimants , une fratrie soudée, dans une montagne hostile ou règne sur la vallée sa centrale électrique et ses salariés un propriétaire pervers et tyrannique entouré de ses sbires et ses espions ... Jusqu ‘au jour ou son empire est ébranlé par un vent d’insoumission et de révolte
Une belle plume, c'est indéniable, et un talent de conteur, mais la forme est aussi belle que le fond est creux et plat. Je me suis vite désintéressée des personnages, tous clichés et vides, et la conclusion m'a laissé un goût d'inachevé, d'incongru, comme si la fin faisait partie d'un tout autre livre et avait été accollée ici pour donner un semblant de conclusion.
Première lecture de 2021... Je ne savais pas où elle allait me mener. J'ai commencé ce livre en me demandant si j'allais finir par me figurer les choses ou non et je l'ai refermé en ayant adoré. En ayant adoré l'écriture au bout de quelques pages, les personnages, l'histoire, les leçons de vie. Merci à mon amie de me l'avoir offert pour Noël
J'ai eu un peu de mal à m'immiscer dans l'histoire au début. J'étais légèrement perdue et déstabiliser par le style d'écriture de l'auteur, puis, une cinquantaine de pages plus tard, je suis rentrée dans l'histoire sans plus jamais vouloir en ressortir. Les pages défilaient sans même que je m'en rende compte.
Que dire de plus que...est-ce bien le même auteur que celui qui a écrit “Né d’aucune femme”? Contente d’avoir écouté le livre plutôt que de l’avoir lu car le lecteur a au moins sauvé la seule étoile que je lui décerne ⭐️ . Ni queue ni tête, endroit triste et personnages tristes et peu attachants, fin qui arrive avec soulagement! Je n’ai accroché à aucun moment.