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Decameron: Édition Intégrale

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Boccace a trente-cinq ans en 1348 quand, «juste effet de la colère de Dieu», éclate la grande peste qui flagelle l'Italie. Composé dans les années qui suivent, le «Livre des dix journées» s'ouvrira sur ce tableau apocalyptique, à la force grandiose et terrible, qui n'a rien à envier à la description de la peste d'Athènes chez Thucydide. C'est en effet dans ce contexte que sept jeunes filles courtoises et trois jeunes hommes qui ont conservé leur noblesse d'âme se retirent sur les pentes enchanteresses de Fiesole pour fuir la contagion de Florence, devenue un immense sépulcre, et pendant deux semaines se réunissent à l'ombre des bosquets et se distraient chaque jour par le récit de dix nouvelles, une pour chacun, tantôt sur un sujet libre, tantôt sur un sujet fixé à l'avance pour tous, par la reine ou le roi de la journée. Tel est le premier chef-d'œuvre de la prose littéraire en langue «vulgaire».

620 pages, Kindle Edition

Published August 22, 2019

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Jean Boccace

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June 11, 2023
On considère souvent Boccace comme étant le père de la prose italienne, et aussi l'inventeur de la nouvelle comme genre littéraire. Alors qu'il lui en a certainement donné le nom, et possiblement la forme en Europe, il est certain que d'autres oeuvres similaires, constituées de petites histoires écrites en prose, prédatent celle-ci; on n'a qu'à songer par exemple aux Mille et Une Nuits. La nouveauté apportée par Boccace est d'avoir écrit ces histoires en langue vulgaire (en son sens primaire, mais pas seulement celui-ci, certains passages étant d'un langage décidément salé), et aussi l'absence d'un désir moralisateur de la part de l'auteur.

Bien au contraire, la grande majorité des cent histoires proposées par Boccace nous transportent dans une Italie friponne et débridée, où les intrigues amoureuses font autant partie du quotidien que l'Église, qui y est dépeinte de façon fort colorée comme une institution corrompue et indigne. Quoique certaines histoires peuvent laisser un goût étrange dans la bouche du lecteur moderne en raison d'une apparente misogynie (tout à fait acceptable à l'époque), un grand nombre d'histoires présentent en fait des femmes fortes, complètement maîtresses de leurs actions, et bien autant que les hommes en proie au désir charnel, à leur assouvissement, et au plaisir qu'elles peuvent en tirer.

Les historiettes sont encadrées par une sorte de méta-histoire dans laquelle on suit durant deux semaines une troupe composée de sept dames et trois hommes, qui apparaît à Florence de façon spontanée en pleine peste noire, en raison des ravages commis par cette dernière sur les familles de ses membres, et par un désir des dix personnages de s'éloigner de Florence vers la campagne, dans l'espoir de s'en sauver eux-même. (Évidemment, il s'agit tous de personnes de bonnes familles et en moyens, car l'époque était peu propice à l'écriture des peines des roturiers). Cette optique donne un ton franchement décalé à l'oeuvre: on propose en effet au lecteur de suivre ces galants en pleine insouciance dans leur aventure campagnarde, alors qu'à quelques lieues la peste persiste. Une ironie qui n'était fort certainement pas étrangère à l'auteur, bien qu'il n'y fasse pas directement mention.

Une grande oeuvre, d'une écriture fine, cependant d'une lecture peut-être un peu longue pour le public moderne, parce que les histoires, bien qu'elles soient toutes uniques, finissent par se ressembler de par leurs thèmes. Mais cela n'enlève rien à cette oeuvre et au traitement que l'auteur réserve à ces thèmes; bien que les historiettes soient par moment fort coquines, elles ne tombent jamais dans la dépravité ou la vulgarité facile, et continuent d'être un véritable plaisir à lire, près de sept siècles plus tard.
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