First published in 1886, and presented here for the first time in an English translation, The Desperate Man is arguably Léon Bloy’s masterpiece, and a genre of its own.
Written in utmost poverty, when Bloy was forty years old, this ruthless novel lays bare the soul of one of France’s most difficult authors as he appears under the guise of the desperate Marchenoir, a man of genius who is unable to compromise with a society that he sees as corrupt, despicable and hypocritical, while he carries on a bizarre sexually-charged but also mystical relationship with Véronique Cheminot, a former prostitute turned religious zealot. At once a scandalous roman à clef, an anti-capitalist polemic, and a beautiful and hypnotizing tract on Christian existentialism, The Desperate Man is a tempestuous work of spirituality and dissatisfaction—a work of furious outrage, like few others, that explores the terror and consequences of extreme love, both terrestrial and of God.
Bloy was born in Notre-Dame-de-Sanilhac, in the arondissement of Périgueux, Dordogne. He was the second of six sons of Voltairean freethinker and stern disciplinarian Jean Baptiste Bloy and his wife Anne-Marie Carreau, pious Spanish-Catholic daughter of a Napoleonic soldier. After an agnostic and unhappy youth in which he cultivated an intense hatred for the Roman Catholic Church and its teaching, his father found him a job in Paris, where he went in 1864. In December 1868, he met the aging Catholic author Barbey d'Aurevilly, who lived opposite him in rue Rousselet and became his mentor. Shortly afterwards, he underwent a dramatic religious conversion.
Bloy's works reflect a deepening devotion to the Catholic Church and most generally a tremendous craving for the Absolute. His devotion to religion resulted in a complete dependence on charity; he acquired his nickname ("the ungrateful beggar") as a result of the many letters requesting financial aid from friends, acquaintances, and complete strangers, all the while carrying on with his literary work, in which his eight-volume Diary takes an important place.
Bloy was a friend of the author Joris-Karl Huysmans, the painter Georges Rouault, and the philosopher Jacques Maritain, and was instrumental in reconciling these intellectuals with Roman Catholicism. However, he acquired a reputation for bigotry because of his frequent outbursts of temper; and his first novel, Le Désespéré, a fierce attack on rationalism and those he believed to be in league with it, made him fall out with the literary community of his time and even many of his old friends. Soon, Bloy could count such prestigious authors as Emile Zola, Guy de Maupassant, Ernest Renan, Alphonse Daudet, Joris-Karl Huysmans, Paul Bourget and Anatole France as his enemies.
In addition to his published works, he left a large body of correspondence with public and literary figures. He died in Bourg-la-Reine.
Le plus réjouissant feu de joie verbal qu'il m'ait été donné de lire ! Le coup de griffe est féroce et le rire, énorme.
"C'est toujours une allégresse chez le docteur quand Dulaurier s'y présente. De part et d'autre, on se placarde de sourires, on se plastronne de simagrées affectueuses, on se badigeonne au lait de chaux d'une sépulcrale sensibilité. C'est un négoce infini de filasse sentimentale, d'attendrissements hyperboréens, de congratulatoires frictions, de susurrements apologétiques, de petites confidences pointues ou fendillées, d'anecdotes et de verdicts, une orgie de médiocrité à cinquante services dans le dé à coudre de l'insoupçonnable femelle de César ! Car ces fantoches sont, à leur insu, des majestés fort jalouses et c'est une question de savoir si Dieu même, avec toute sa puissance, arriverait à leur inspirer quelque incertitude sur l'irréprochable beauté de leur vie morale. C'est peut-être l'effet le moins aperçu d'une dégringolade française de quinze années, d'avoir produit ces dominateurs, inconnus des antérieures décadences, qui règnent sur nous sans y prétendre et sans même s'en apercevoir. C'est la surhumaine oligarchie des Inconscients et le Droit Divin de la Médiocrité absolue. Il ne sont, nécessairement, ni des eunuques, ni des méchants, ni des fanatiques, ni des hypocrites, ni des imbéciles affolés. Ils ne sont ni des égoïstes avec assurance, ni des lâches avec précision. Ils n'ont pas même l'énergie du scepticisme. Ils ne sont absolument rien. Mais la terre est à leurs pieds et cela leur paraît très simple."
(...)
"C'est qu'en effet c'est un peuple, ce troupeau, c'est tout un état au sein de l'État. Jamais il ne s'était vu une telle affluence de pélicans méconnus, ni une persécution plus dioclétienne exercée sur de plus déchirés martyrs. Le temps est trop précieux pour qu'on le perde à faire remarquer le merveilleux désintéressement, l'indicible générosité, l'étonnante fraîcheur d'âme des patriciens actuels de la richesse ou du pouvoir et, en général, de tout personnage influent, à n'importe quel titre, sur ce mauvais monde indigne de le posséder. Chacun sait que ces intendants de la joie publique s'épuisent à dilater le cœur du pauvre et s'exterminent à désœuvrer le malheur. Une indiscutable prospérité universelle est leur œuvre, et l'exclusive ambition de la rendre parfaite est leur quotidien souci. Il est presque sans exemple, aujourd'hui, que l'indigence implorante soit inécoutée et que d'heureux individus le veuillent être solitairement. Il ne se voit pour ainsi dire pas, que des industriels ou des politiques, diligemment parvenus, oublient de tendre une secourable dextre à l'homme de mérite enregistré au passif du sombre destin, ou qu'ils se refusent à l'arrosage commun de la languissante vertu. On ne sait à quelle bénigne ingérence sidérale il convient de rapporter cette inespérée disette d'égoïstes calculs humains, cette favorable aridité du vieux cactus de l'avarice, cette inéclosion surprenante de l'œuf crocodilesque des traditionnelles usures. Mais il est certain qu'une émulation inouïe, un vrai délire de charité est en train de ravager les riches, -les riches catholiques surtout-, que l'ingratitude des crevants de misère ose venimeusement qualifier de l'épithète d'horribles mufles."
Can't say enough good about this novel. It's intense. I was hooked from the first page, and it only kept getting better. Maybe it was me, maybe it was that time in my life (nearly 2 years ago) when I first picked it up, -- I still think about it on a daily basis nearly.
If you like Notes from the Underground by Dostoevsky, if you like some of Baudelaire's better stuff (Sois sage o ma douleur...) and Huysmans (particularly A rebours, and probably La Bas), you'll love this book. If you like Leon Bloy in general, you'll love this book. It is intense, and unsparing. The pace is perfect: it's like a fast train going faster around the curves. And quite funny in many places.
This is a review of the book in general for the most part. I read it in the original. If you can read it in the original, do so. If not, this is a good faithful translation. (I know, I translated: but don't take my word for it...)
Un roman très hétérogène, qui sert essentiellement de prétexte à Bloy pour déverser son fiel sur un certain nombre de personnalités déguisées sous des pseudonymes et pour lesquelles il n'éprouvait qu'une répulsion méprisante. La lecture de l'ensemble finit par inspirer le dégoût à force d'imagerie scatologique, de gore (la scène de l'arrachage de dents) et de malédictions logorrhéïques. Les pages où on respire un peu sont délicieuses, cependant, et font regretter que le Caïn Marchenoir que fut Bloy n'ait écrit ni sa vie de Sainte Radegonde, ni son exégèse de l'histoire universelle.
incroyable, en gros : texte autobiographique ultra riche, vocabulaire de fou furieux avec des mots inusités ++ tout ça arrosé de punchlines sanglantes sur littéralement tout ce qui l'entourait en passant par les milieux littéraires de son temps jusqu'à l'état de la société en général... c'est une expérience ce livre, et dire que l'auteur a du style serait un euphémisme
malgré tout je crois que je n'ai pas parfaitement apprécier l'ouvrage (examens, lu d'autres livres,..), moi apprécié aussi les chapitres "religieux ++" n'étant pas pour autant dénaturés de son style fou
Il y a dans la lecture de Bloy une épreuve de force. On se confronte à la et la brutalité de la prose, au génie et à la précision chirurgicale, à son goût pour les expressions les plus lyriques et les plus crues et à cet antisemitisme si représentatif de la France catholique du temps. Oui lire Bloy est un combat de boxe qui laisse souvent k.o. tant par les coups de génie, que par les attaques sous la ceinture. Il reste, passé l’épuisement, un style d’une richesse sémantique et d’une puissance d’évocation, peu commun et aujourd’hui absolument inédit.
On dit souvent que Le Désespéré n'est pas accessible car il faut avoir trop de références pour le comprendre. Je ne pense pas que ce soit le cas. Le problème est plutôt (et surtout) que les passages nécessitants les références ne devraient pas s'y trouver, que l'aspect critique et pamphletaire de Bloy ne sert pas le roman. La scène de repas est trop déplacée et ne sert pas le personnage là ou les lettres de son journal ne le sont pas. Ce roman est tout de même une claque littéraire et oblige à l'humilité face au vocabulaire et à la structure des phrases du bonhomme.
Cet ouvrage raconte l'histoire de Caïn Marchenoir, un écrivain désabusé qui se sent responsable de la mort spirituelle de son père à cause de son choix de vie infructueux. Marchenoir est en guerre contre la société bourgeoise et les écrivains qu'il considère comme imposteurs, tout en rejetant une société moderne qu'il juge décadente. Au centre de sa vie tourmentée, il rencontre Véronique, une femme de la rue qu'il "sauve" et vénère comme un idéal de pureté. Cependant, cette relation ne lui apporte ni rédemption ni apaisement. Plongé dans une vision pessimiste, Marchenoir finit tragiquement écrasé par un camion, mourant sans avoir atteint son idéal spirituel, tandis que Véronique sombre dans la folie. Le roman est une critique violente de la modernité et une exploration du désespoir d'un homme en quête de foi.
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Jsp encore mais je vais savoir je pense. Le postulat est : extrême droite. C vrmt juste un brother très frustré très déprimé et qui doit dire qu’il est pas content donc il le dit et ce pendant environ 300 pages. C très très bien écrit