Amélie Nothomb est une figure littéraire que l’on ne peut pas manquer chaque année, si on aime un tant soit peu jouer avec les mots. J’apprécie lire le nouveau Nothomb (bon, sauf si le résumé ne me tente pas plus que cela, ce qui a été le cas l’an dernier avec « Soif » – à tord peut-être…).
Ange Daulnay, notre narratrice, a 19 ans, vit à Bruxelles en colocation avec Donate, et est étudiante en philologie. En cherchant un petit boulot pour arrondir ses fins de mois, elle trouve l’opportunité de donner des cours à Pie, jeune lycéen dyslexique de 16 ans. Ange va tenter de lui transmettre son goût pour la lecture, et c’est pas gagné. Le jeune homme est passionné par les armes et les aérostats. Inutile de vous préciser qu’il déteste lire. Au fil des leçons, Ange va réussir à l’intéresser, et elle va également toucher du doigts les gros problèmes relationnels reliant le père et le fils. Je ne vous en dis pas plus, sinon ma chronique sera plus longue que le roman en lui-même !!
Car c’est bien là que le bât blesse….180 pages. Lu en 1h30, et encore, en prenant mon temps. Il faut dire que la majorité du texte se présente sous forme de dialogues, rendant la lecture très légère, certes, mais avec encore moins d’épaisseur du coup.
Alors, oui, la plume est toujours aussi fantastique, truculente, on prend plaisir à découvrir ses mots, ses phrases.
Oui, ce roman est une ode à la lecture, à découvrir LE livre qui va nous donner le déclic et nous diriger vers cette merveilleuse passion qu’est l’amour de la littérature. Les discussions littéraires entre Pie et Ange sont exaltantes. Je me suis reconnue lorsque je lisais ces classiques, lectures imposées par le système scolaire ou choisies. Je me suis replongée dans mes souvenirs pour retrouver le livre qui m’a ouvert grand les bras pour accueillir mon adoration. « Notre Dame de Paris ». Même si « Le rouge et le noir » n’est pas très loin.
Mais, franchement, c’est bien trop court. Trop court pour s’attacher réellement aux personnages, et c’est dommage car j’avais beaucoup d’empathie pour Pie et Ange. Je suis restée sur ma faim. J’aime prendre le temps d’apprivoiser les personnages, ici je n’ai pas eu le temps de m’immerger. Alors, vous allez me dire que c’est le principe même du roman court, et spécialement la patte d’Amélie. OK, je conçois, mais tout de même…le plaisir de cette lecture est trop vite consommé, à mon goût.
Tel un aérostat glissant dans le ciel, beaucoup de légèreté, de finesse, mais pas assez de profondeur, de relief. 200 pages de plus, et un développement plus poussé des relations humaines et de la littérature, et cela aurait été parfait. Je qualifierai ce roman d’étoile filante littéraire. Magnifique, mais pas le temps de dire ouf qu’il est déjà passé.
« Il y a une théorie littéraire selon laquelle tout roman est soit une Iliade soit une odyssée. »
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