Dans cette nouvelle, Mérimée raconte l’histoire d’un don Juan méconnu mais ayant réellement existé : don Juan de Maraña. Dès son enfance, cet homme est effrayé par un tableau de Moralès représentant les âmes du purgatoire, cette image abominable va être son point d’accroche et va le remettre dans le droit chemin avant qu’il ne soit trop tard. Au contraire du don Juan de Molière.
Les histoires de ces deux hommes sont assez similaires dans les grandes lignes ; hommes à femmes, libertins aguerris, blasphémateurs. Cependant, le don Juan de Mérimée garde une innocence tout au long du livre : élevé dans la foi et la bravoure, son goût naturel n’est pas pour cette liberté. Il est toujours tenté par son ami don Garcia, image du diable qui se rapproche plus de l’autre don Juan, et c’est la mort de cet ami qui va le plonger vraiment dans cette vie qu’il a toujours connu à ses côtés, l’élève marchant dans les pas de son maître. Et le tableau de Moralès sera finalement sa rédemption, ramenant la peur primitive de la mort. Mérimée donne ainsi une image de l’Espagne de l’époque, où la peur est omniprésente à la fois par l’Histoire et l’intrigue qu’il y installe.