Ce roman a beau être très touchant et original, l'ambiance 60s/70s et les personnages globalement très attachant ne m'ont pas empêché d'être assez déçue par plusieurs aspects du texte.
Premièrement, la manière dont le sujet de la séparation des parents de Valentin (et de la manière dont le père part) était à mon sens maladroite. Je m'explique : le père part, ne voit quasiment plus ses enfants, refait sa vie (et même si je déteste cette expression, elle est ici appropriée) et on attend que Valentin soit la personne mature qui arrive à évoluer et à pardonner, à jouer le rôle de l'adulte pour accommoder les véritables adultes somme toute, alors qu'il n'est qu'un adolescent et que ses réactions sont relativement adaptées à la situation. Ainsi, que les adultes (notamment Sola, à qui je viendrai plus tard) fassent comprendre à Valentin qu'il est un petit couillon ingrat au lieu de l'aider et de l'accompagner avec le tact nécessaire, m'a profondément dérangée. On sent que l'autrice n'a pas vécu ce genre de situation et j'ai trouvé que son approche empreinte de la supériorité de l'adulte était malvenue, surtout dans un roman jeunesse.
Ensuite, le personnage de Sola, qui aurait pu être si intéressant, finit par envahir le récit avec son histoire qui n'a pourtant pas grand chose à voir, ni avec Valentin, ni avec les pensionnaires. On passe tellement de temps à suivre son histoire d'amour avec un homme marié, qui reste avec sa femme et ses enfants, mène une double vie et s'en sort sans jamais devoir l'honnêteté à qui que ce soit, Sola acceptant tout ça à cause de l'amooour, sans vraiment confronter son amant sur sa malhonnêteté qu'elle encourage plus ou moins vis-à-vis de sa famille, étant assez égoïste (mais bon, l'amouuuuur). Surtout que la morale de cette partie est "La vie est courte" plutôt qu'en lien avec les problèmes traversés par Valentin. Elle projette cette grande histoire d'amour sur tout le reste, agit comme si elle avait réponse à tout car elle a vécu cette épreuve et je l'ai trouvé hautaine et relativement insupportable vis à vis de Valentin à plusieurs reprises.
Enfin, toute cette intrigue autour de Françoise Hardy pour finir comme ça ... Je pense que la fin aurait pu être mieux réussie...
Dans l'ensemble, une assez bonne lecture malgré tout même si elle a été gâchée par ces quelques éléments. Je recommanderai à quelqu'un qui n'est pas touché par les problématiques évoquées dans les premiers paragraphes et qui apprécie le vintage et les relations inter-générationnelles.