"Dominique PrieurOpération satanique«Si la terre est malade et que les animaux disparaissent, alors les combattants du Rainbow Warrior feron t tout pour protéger les créatures sauvages et sauver la terre.»Greenp eaceQUAND DOMINIQUE PRIEUR voit qu'il n'y a plus rien à faire, elle se met à pleurer à chaudes larmes. La première fois, personne ne reste i ndifférent ; on a envie de la consoler. Ça n'est pas vraiment une réus site. Après un certain temps, quand les personnes de son entourage se sont habituées à cette femme coquette, unique en son genre, elles ne s 'en étonnent plus. Dominique Prieur aime bien pleurer. Elle-même avoue que cette tactique lui permet de se créer une marge de manoeuvre dans les situations de détresse.Lorsqu'elle va vraiment mal, ses cauchemar s ressurgissent, sans qu'elle ne puisse rien y faire. La machine invis ible à remonter le temps la ramène en ce jour du 27 août 1944. Les scè nes d'un film défilent devant ses yeux - dix jours avant la Libération , dans ce petit village perdu de Valdahon, sur la rive française du la c de Genève. C'est dimanche et il fait chaud.Dix personnes sont assise s dans le jardin. Elles sont en train de manger tout en discutant. Sou dain, un groupe d'hommes armés fait irruption au milieu de ce cadre id yllique ; des mercenaires des temps modernes, membre d'une milice qui ne cachait pas sa sympathie pour les nazis, accompagnés d'un détacheme nt de SS d'origine ukrainienne.Ils cherchent des résistants. Quelques mots rapidement sont échangés. Peut-être croient-ils avoir trouvé ceux qu'ils cherchent, peut-être sont-ils seulement en colère. Toujours e st-il qu'ils alignent au mur huit des dix civils et les fusillent de q uelques brèves salves de mitraillettes. Cinq hommes et trois femmes. L e massacre prend fin quand ils donnent le coup de grâce aux survivants . Les victimes laissent derrière eux 18 orphelins. Parmi eux se trouv ent les futurs parents de Dominique Prieur : Renée et Louis. En 1947, ils se marieront et, deux années plus ta