Pour la première fois, j'ouvre les portes de mon Amérique, celles de la Californie où je vis depuis une quinzaine d'années, où j'enseigne la littérature française, mais aussi où j'écris tous mes romans. L'opulence de Santa Monica, l'âpre condition des minorités de Los Angeles, le désespoir des agglomérations environnantes, mais également l'enthousiasme d'une population qui porte encore en elle le rêve américain, c'est aussi mon histoire aujourd'hui. Faits divers, musique, sport, guerre des gangs, enjeux de la race, habitudes politiques et campagne de l'élection présidentielle, moeurs des Angelinos, découverte d'endroits insolites, tout est passé au crible ici pour dessiner le portrait d'une autre Amérique.
Alain Mabanckou was born in 1966 in Congo-Brazzaville (French Congo). He currently resides in Los Angeles, where he teaches literature at UCLA, having previously spent four years at the University of Michigan. Mabanckou will be a Fellow in the Humanities Council at Princeton University in 2007-2008. One of Francophone Africa's most prolific contemporary writers, he is the author of six volumes of poetry and six novels. He received the Sub-Saharan Africa Literary Prize in 1999 for his first novel, Blue-White-Red, the Prize of the Five Francophone Continents for Broken Glass, and the Prix Renaudot in 2006 for Memoirs of a Porcupine. He was selected by the French publishing trade journal Lire as one of the fifty writers to watch out for in the coming century. His most recent book is African Psycho.
Mabanckou dépeint son quotidien américain à travers de courts chapitres qui rappellent un journal intime. Le Congo-Brazzaville et la France ne sont jamais loin cependant. J'aurais aimé une réflexion plus en profondeur sur l'Amérique ou du moins des pistes de réflexion.
Comment passer à côté d’Alain Mabanckou, de ses livres que l’on ne compte plus et qui évoquent tour à tour le Congo-Brazzaville de son enfance, le Paris de sa littérature, l’Amérique de son exode professionnelle ? La voix de ce griot des temps modernes, chaleureuse et façonnée par cet accent dont je ne me suis jamais lassé ; les tenues colorées à outrance qui marquent pourtant un réel raffinement, celui de la Sape, la Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes ; la culture et la beauté de l’écriture de celui qui enseigne aujourd’hui la littérature africaine d’expression francophone à l’université de Californie, tout pousse à connaître ou à faire connaître Alain Mabanckou.
Avec Rumeurs d’Amérique, l’auteur tient comme un carnet de notes, de réflexions diverses sur ce qui fait sa vie, son quotidien américain. Il nous raconte ses journées, son appartement qu’on imagine volontiers luxueux dans un immeuble du Mid-Wilshire à Los Angeles, où tous ses voisins sont coréens. De son balcon où il s’est entouré de plantes, il rédige ses notes manuscrites, évoque tour à tour sa précédente université dans le Michigan, la classe à laquelle il enseigne à l’UCLA, ses amis qui viennent lui rendre visite à L.A., ses fils restés à Paris qui ne viennent jamais le voir, l’acquisition de son nouveau chiot, etc.
Il y a une certaine forme de légèreté dans ce quotidien privilégié, de bourgeois bohème d’outre-Atlantique, qui m’a parfois mis mal à l’aise. Bien sûr, Mabanckou évoque rapidement le rejet dont les africains sont victimes de la part des afro-américains, dépeint la violence des gangs, des règlements de comptes entre rappeurs, des tueries de masse qui gangrènent le pays, d’une misère qu’il observe quotidiennement devant la station service de son quartier où là-bas, de l’autre côté du périphérique, à deux pas de son quartier tranquille.
Mais ce rapport à l’argent, cette aisance exhibée m’a parfois gêné : ces deux cents dollars glissés à un ami qui susurre être en difficulté, cette serrure à six cents dollars, ces sandwichs achetés vainement à un mendiant véhément, ces chaussures à trois cents dollars qu’un neveu réclame au pays, cette contravention qu’on règle en faisant un gros chèque au tribunal, était-ce bien nécessaire de s’y alanguir ? Si le récit reste malgré tout intéressant pour sa forme de chroniques intérieures d’un non américain en Amérique, ce regard sur les élections, sur l’épidémie qui commence à toucher le pays dans les dernières pages du récit, sur les désordres qui touchent le pays sont traités avec une apparente nonchalance qui m’a laissé sur ma faim. Pas de quoi gâcher ma lecture, mais une forme de frustration néanmoins.
Pour la première fois, Alain Mabanckou n’écrit pas sur son pays de cœur, le Congo Brazzaville. Il choisit de raconter dans « Rumeurs d’Amérique » sa « transhumance » comme il aime à le rappeler, l’Afrique pendant 17 ans, puis la France, dis-sept ans aussi, et maintenant les États-Unis. De son balcon californien spécialement aménagé, Alain Mabanckou écrit sur son Amérique, celle rêvée qu’il a dans un coin de son esprit mais aussi celle dans laquelle il vit et travaille, formant des étudiants avide de connaissances sur la littérature francophone. Ni poésie, ni paroles de musique ni prose de fiction, cette fois-ci, Alain Mabanckou ouvre un espace semblant autobiographique où il détaille au fil des jours et par petites touches le temps qui court dans son Los Angeles et Santa Monica qu’il aime parcourir. Il présente un endroit et raconte la soirée avec un ami. Il nous décrit la lettre d’Ali punaisée sur son balcon, visible chaque jour pour lui rappeler ses valeurs. Le lecteur apprend l’histoire de Biddy Masson esclave devenue riche sage-femme. Le rap n’est jamais loin grâce aux coups de fil de son fils. La suite ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Chromos sans relief sur une vision, ou plutôt un vécu banal des USA. J'ai eu par moment l'impression que ce livre était fortement inspiré par wikipédia. Entre name dropping, quotidien trivial et quelques conclusions de brefs chapitres ayant des aspirations d'envol mais restant collées au bitume, ne manquent que des commentaires sur un chiot. Ah non même pas... Grosse déception. J'aime pourtant les livres vignettes impressionnistes mais le format ne tolère pas la paresse. Je relirais plutôt Brautigan ou Douleur exquise de Sophie Calle.
Contrairement à d'autres lecteurs et lectrices, j'ai complètement adhéré au format de ce livre : ces petites tranches de vie (à Santa Monica et Los Angeles) ne m'ont pas laissée sur ma faim. Certains chapitres se lisent presque comme des nouvelles et ces fragments de vie ouvrent de nombreuses pistes de réflexion.
I loved everything about this book. It reads very well with Mabanckou's plain storytelling. It deals with a lot of topics regarding California and America. and its author doesn't try to force an opinion on his readers but rather lets him ponder over his musings. It was my second Mabanckou after le Verre Cassé and I was not disappointed at all.
Intéressante vision actuelle de l'Amérique par petites touches et anecdotes de vie quotidienne. Intéressant à lire mais je m'attendais à des discussions ou au moins pistes de réflexion sur les Etats-Unis aujourd'hui, basées davantage sur des explications théoriques, sociologiques etc.