«Ô pruniers en fleur, soyez pour mon vieux cœur la consolation ! Mes amis d’ancienne date à présent m’étant ravis.»
Évocation du cycle des saisons ou célébration des épiphanies de la nature, ce recueil de poèmes du maître japonais Ryôkan (1758-1831) constitue un magistral tableau bouddhique, en 97 touches, où priment – sur «la Voie du Vrai» – l’impermanent et le fugace.
Ryōkan Taigu (1758–1831) was a quiet and eccentric Sōtō Zen Buddhist monk who lived much of his life as a hermit. Ryōkan is remembered for his poetry and calligraphy, which present the essence of Zen life.
Ryōkan lived a very simple, pure life, and stories about his kindness and generosity abound. However, even though he lived his simple and pure life, he also displayed characteristics that under normal circumstances would be out of line for a normal monk.
Soyons honnêtes, lire de la poésie, ça suit souvent le schéma suivant: ça passe ou ça casse. Pour ce recueil de poésie, je dois avouer que je ne partais pas particulièrement confiante car c'est de la poésie japonaise, ce qui implique une poésie qui ne parle que de nature ou presque. Si j'ai décidé de lire ce livre, c'est pour voir un peu plus grand dans le cadre du challenge littéraire "printemps japonais" organisé par antastesialit. Et aussi, parce que c'est une version bilingue, et que je souhaite apprendre le japonais, et que de toute façon je trouve ça normal pour de la poésie traduite de montrer aussi la version originale, tant c'est un genre littéraire difficile à retranscrire. La difficulté ne doit être que plus grande lorsque les deux langues sont si éloignées dans leurs références culturelles et dans leur grammaire. Ma foi, rien de dérangeant au final dans la traduction je trouve !
J'ai finalement beaucoup apprécié ces poèmes. Beaucoup m'ont parlé, ce qui m'a étonnée. Il y a une belle réflexion autour des petits bonheurs de la nature, de ces petites choses qu'on a tendance à négliger, comme si ça ne valait rien alors qu'au contraire, ça vaut tout l'or du monde. Il y a aussi une réflexion très présente sur la vieillesse et la mort imminente, que l'on observe également dans la nature environnante. J'apprécie les personnes qui savent appréhender ces sujets sans montrer qu'ils sont complètement affolés par l'idée. Dans un monde actuel où tout le monde est effrayé de mourir, il est important de se rappeler que c'est une étape naturelle de la vie et que ça ne sert à rien de chercher à l'éviter.
Je garderai en mémoire le fait que la moitié de ce recueil, je l'ai lue à voix haute à mon père en marchant dans un parc, sous un beau soleil et 25 degrés. Un beau souvenir à garder en mémoire. Par contre, je ne pense pas que la poésie japonaise soit faite pour lui 😂