Rome, 1975. Les vacances d’été s’achèvent. Trois garçons des beaux quartiers rencontrent deux jeunes filles du peuple. Ils flirtent en voiture et dans les cafés. Ils ne vivent que dans l’attente de la prochaine soirée. Jusqu’à ce que les garçons invitent les filles dans une somptueuse villa du Circeo, rocher qui surplombe la mer Méditerranée.
« Là-bas, racontait-on, les bateaux d’Ulysse et de ses compagnons avaient débarqué non loin du palais de Circé. Au cours d’un banquet de fête, la magicienne avait ensorcelé les marins. Et les hommes s’étaient transformés en porcs. »
Pierre Adrian fait renaître dans ce roman noir et envoûtant l’Italie dans années 1970, la fin de l’enfance et le temps des dernières insouciances, la sensualité, la séduction quand elle bascule dans la violence et les lieux frappés de forces qui nous dépassent.
Pierre Adrian se penche sur un fait divers qui a marqué l’Italie en septembre 1975 sous le nom de « massacre du Circeo ». Rafaella a 17 ans et attend la reprise du lycée en profitant de la fin de l’été, Maria Grazia a 19 ans et bosse dans un café de la gare pour aider ses parents à s’en sortir. Elles ont grandi toutes les deux dans les quartiers pauvres de Rome et rêve d’un ailleurs plus souriant. Un après-midi, elles rencontrent 3 garçons de bonnes familles qui ont grandi dans les quartiers luxueux de Rome. Ils ont l’air si bien élevés et les filles sont ravies de pouvoir peut-être profiter de privilèges jusque là inaccessibles. Seulement les bons garçons ont grandi avec de l’argent plein les poches mais aucune attention de leurs parents. Ils sont devenus neofascistes et passent leurs soirées entre drogue et alcool. Ils invitent les filles à une fête à côté de Rome qui finalement s’est déplacé à 1h de là, vers le Circeo. Mais dans cette villa luxueuse, c’est le pire qui les attend. Pourquoi ces « gentils garçons » en arrivent là ? Parce qu’ils le peuvent, qu’ils se sentent le pouvoir de le faire. L’auteur arrive parfaitement à nous baigner dans l’atmosphère romaine de cet fin d’été. Chaleur, langueur, plage, baignades, bars et cocktails qui font monter petit à petit la tension. La seule chose qui m’a manqué, c’est de savoir ce qu’il est advenu des protagonistes. Qu’est il arrivé ensuite ? On s’attache tellement à Raffaella et Maria Grazia que l’on aurait aimé en savoir plus.
(4,5/5, I really really liked it) « S’étaient-elles laissé embobiner par ces deux garçons? Ils portaient de belles chemises. Ils se tenaient droit. Leur langue était claire, lavée du mauvais dialecte romain. Il fallait leur faire confiance. À l’évidence, c’étaient de bons garçons. »
LES BONS GARÇONS, c’est la Dolce Vita qui tourne mal pour un groupe de jeunes adultes durant l’été de 1975. On traverse Rome en auto-stop, à Vespa, en Citroën ou avec la Fiat de maman pour passer d’un lieu de plaisance à un autre. On va à la plage, au cinéma, dans les cafés. On habite chez les parents; ces derniers, de bons bourgeois, ayant des ambitions verticales sur leurs progénitures. On va à la messe en famille le dimanche matin, parfois encore bourré de la veille. Demain importe peu, si ce n’est que des plans de rencontres qui s’y dessinent.
« Sur le dancing, dans le mélange des chemises suantes et tachées, il régnait une chaleur à crever. Une jeune fille ouvrit une fenêtre, laissant passer une brise de fin d’été. De celles qui se boivent comme une gorgée d’eau fraiche. La nuit n’en finissait plus. »
L’auteur, Pierre Adrian, brosse le portrait d’une jeunesse romaine pour qui l’été s’étire au gré du plaisir qui se renouvelle jour après jour. On boit. On fume. On pop des amphètes. On se bourre. Les garçons chassent les filles. Les filles chassent les garçons. Ainsi est la nature du jeu.
Sauf qu’un soir, ça tourne mal pour un groupe d’amis, ceux au centre du roman. La première demie de LES BONS GARÇONS prépare le terrain au drame qui arrive, non annoncé. La chronique légère fait place au complot. Le lecteur comprend au même rythme que les deux filles le scénario qui s’installe. Que tout est prémédité : qui fera quoi, à quel moment, qui partira, qui viendra les rejoindre.
J’ai beaucoup aimé cette lecture. J’y entendais constamment la trame musicale du Talented Mr.Ripley (Gabriel Yared). Les mœurs estivales des jeunes adultes, tel que décrites en première moitié, sont les mêmes, peu importe l’époque, peu importe la région où elles tournent. Pierre Adrian, écrivain que je ne connaissais pas, possède une plume fort agréable. C’est fluide. C’est stylé, mais pas à l’excès. Puis, le drame est présenté de façon peu graphique, ce qui est bien. Le lecteur peut très bien recoudre les brides par lui-même pour comprendre ce qui est arrivé. Un épilogue plus consistant aurait cependant été apprécié.
« Dans chaque départ, la distance accouche d’une forme de rémission. »
« On changeait d’abord dans le regard des autres, il n’y avait pas de miroir plus juste que le regard du type en face de soi. »
Nous sommes bien loin de l’univers du précédent roman de l’auteur Des âmes simples.
Ce roman nous emmène à Rome en 1975, en été.
Le récit est plutôt léger en ouverture : deux jeunes filles d’une cité pauvre de la ville sur un scooter, en pleine chaleur. L’une travaille, l’autre pas, mais elles sont amies à vie.
Elles rencontrent un jour fortuitement Luca, qui se fera appeler Carlo et qui les ramènera chez elles.
Luca-Carlo, fils de bonne famille, présente les demoiselles à ses copains qui végètent plus ou moins.
L’été passe, l’automne arrive, et tout tourne mal sur les pentes du mont Circé, dans une villa cossue de bord de mer.
J’ai aimé ce rappel des mésaventures d’Ulysse avec la magicienne Circé, comme un leitmotiv tragique.
Rien n’est dit crument, tout est suggéré, et le piège se referme peu à peu sur les deux jeunes filles.
Nous suivons un peu Luca, mais surtout Matteo adepte d’une certaine violence et Gabriele qui milite au parti fasciste et qui n’hésite pas à aller casser du communiste dans les manifs. Un être froid, Gabriele, distant, et en cela terrifiant.
Un roman dont les personnages me sont restés en mémoire. Une lecture en un seul souffle.
3 étoiles et demi en fait. Ce roman est inspiré d’un fait divers atroce arrivé en 1975. Le début est très lent mais l’auteur campe bien l’Italie de cette époque. L’action débute vraiment au milieu du livre. Le dénouement est perturbant. En lisant ensuite sur la véritable affaire, je suis encore plus perturbée!
Creux et peu haletant. La tension monte parfois mais j’ai trouvé qu’elle retombait quasiment instantanément. On ne s’attache pas aux personnages tant le fil est décousu. L’atmosphère est loin d’être aussi suffocante et engourdissante qu’elle promettait de l’être. Peu concluant.
Une aventure, inspirée d’un fait réel, à travers l’Italie fracturée et divisée des années 70. La tension monte lentement mais plante parfaitement le contexte politique et social jusqu’au dénouement final où la violence et la noirceur éclatent. Je l’ai lu d’une traite.
Histoire passionnante mais qu'est-ce que c'est tiré en longueur.... Ça aurait pu être une nouvelle pour le même prix et la lecture aurait été bien plus passionnante.