Un vaste pensionnat en forêt. À travers les dalles pousse une végétation résiliente, aux racines qui n’oublient rien ni personne. Les murs font entendre d’anciens savoirs. L’école est fréquentée par des filles aux prénoms qu’on dirait sortis d’un spicilège : Ariandre, Diane, Laure, Annette et d’autres encore, certaines plus vieilles, certaines disparues, de même que par les institutrices et Dame Françoise aux cuisines. Et Dame Angoisse, la concierge. Elles apprennent l’algèbre et le vocabulaire, mais certaines connaissent aussi la forêt. Il y en a qui parlent trop, d’autres pas du tout. Dame Anne fait une mauvaise chute. Colette et Corinne échangent des touchers. Ariandre écrit.
J’ai dévoré ce roman! Définitivement, j’ai beaucoup aimé le côté glauque et fuyant des multiples personnages. Ce roman chorale alterne les voix fantomatiques de plusieurs jeunes filles habitant un couvent hors du temps. Le rythme saccadé de l’alternance des fragments sert merveilleusement l’étrangeté fantastique de ce récit inqualifiable. C’est sombre, intense et finement écrit. J’ai beaucoup apprécié les différentes narrations, très singulières et représentatives de chacune des narratrices. L’intrigue m’a aspirée jusqu’à une fin brusque, juste et qui laisse place à beaucoup d’interprétations... J’adore!
Remarquable. Un roman choral d’une intensité assez déconcertante et foisonnante. Tout au long, on se sent propulsé via différentes pensées des personnages féminins de bas âge jusqu’à l’aube de l’âge adulte. Flirtant avec l’occulte, le paranormal et l’horreur, la plume de Ariane Lessard se veut très étanche, libre et expressionniste. La force du texte réside dans la qualité de maintien du suspense, aspect que Ariane Lessard réussit avec grand brio. Plusieurs thèmes amenés tels que l’amitié, la solitude, les premières expériences sexuelles, l’identité de soi…tout cela fait de ce court roman un éventail assez large de ce que plusieurs femmes peuvent vivre dans un endroit à huis clos et à l'éclosion de soi.
Révélant également un aspect schizophrénique, la quête de ce roman est jonchée de mystères et de questionnements qui méritent qu’on s’y attarde à plusieurs reprises. Un petit diamant pur de littérature féministe occulte, qui n’a d’égal que le grand talent d’autrice de Ariane Lessard. Un grand coup de cœur.
Dans le fond des bois, se trouve un pensionnat pour filles géré par les Sœurs. Se succédant à tour de rôle, les jeunes filles racontent le quotidien du pensionnat. L’autrice a manipulé avec brio l’ambiance et le rythme de chaque voix des fillettes pour créer une atmosphère sombre et surnaturelle sur le pensionnat. Bien que j’ai pas saisi tout ce qui se passait avec les filles, j’ai été happé dans leur monde et j’y ai passé un bon moment!
Découverte d'une grande autrice avec ce deuxième roman d'Ariane Lessard. C'est d'un réel travail sur la forme dont il est question dans ce roman aux personnages tantôt tendres tantôt écorchées. Mais au delà de l'exercice formel, la langue y est également remarquablement développée. Un roman tout en textures, les deux pieds dans la bouette et les visages griffés. On entend les murmures des commérages, on sent les regards qui épient, et on guette cette étrange marmitte...
Un plus pour le personnage d'Ariandre la-fausse-pas-fine et les hi hi de Laure.
Avez-vous déjà eu l’envie de vous perdre dans une forêt ? D’y passer l’hiver ? Avez-vous déjà rêvé de partir en pension ? Dans ce récit qui frise parfois l’horreur, on ne peut faire confiance à aucune de ces fillettes. Chacune a ses obsessions, sa voix, ses blocages, chacune ment, ou dit la vérité de travers, omet, perd le lecteur. On entend au loin les échos d’un décès, dont on n’est pas sûr de la véracité. On en soupçonne certaines de faire de la sorcellerie, mais rien n’est sûr. Avec ce livre, rien n’est sûr. La lecture peut frustrer, car l’on est sans cesse en train de combler les vides entre les micro-chapitres, où chacune à leur tour les fillettes prennent la parole. Puis on comprend qu’il faut accepter de se perdre dans ce récit fragmentaire, étrange, presque surréel, un rêve ou un cauchemar, où l’abandon, la violence et la psychose règnent. Ce qui est sûr cependant, c’est ce que la lecture de ce livre laisse sa marque (on y pense souvent, après).
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Je pensais aimer car c'est un roman qui parle de femmes, de presque femmes, de nature, le tout dans un pensionnat aux allures gothiques. Le rêve en somme. Et pourtant, je fut déçue. Et je ne sais pas ce que veux dire écoféminisme, mais le terme me paraît un peu racoleur... Il y a une écriture étrange qui m'a tout de même plu, mais je n'ai rien retiré de cette lecture.
PS : La couverture de l'ouvrage en français est sublime !
Ce roman d'ambiance nous plonge dans un pensionnat pour jeunes filles, au fond des bois, on ne sait trop à quelle époque. On a l'impression que pour elles, le temps s'est arrêté, qu'il ne passe qu'à travers les saisons sans toutefois qu'il n'y ait d'évolution.
C'est une lecture particulière. Les personnages sont glauques, à l'image de la première de couverture.
Ce n'est pas nécessairement mon genre de lecture, ce qui explique ma note, mais pour l'ambiance créée, c'est le genre d'histoire que je voudrais lire pour analyser et interpréter.
Roman sombre comme son précédent. Dans Feue, A Lessard abordait la violence faite aux femmes. Ici, il est question de la violence entre femmes ou plutôt entre filles. Elle donne la parole à des adolescentes entre 10 et 20 ans qui vivent dans un pensionnat en pleine forêt. Elles expriment donc leurs peurs, leurs imaginations, leur éveil à la sexualité mais aussi leurs méchancetés. Il y a quand même quelque chose de touchant. Écriture sans ponctuation, ce qui m'agace un peu.
Je dois avouer que je ne suis pas fan de romans chorales ce qui explique ma note. J'ai l'impression de ne pas avoir compris grand chose. Par contre, l'écriture est sublime. Un grand travail derrière l'oeuvre, mais je n'étais pas le public cible.
Peut-être dois-je blâmer mon manque de culture littéraire, mais je ne sais que penser de ce … roman ? recueil ? Je ne donnerai pas de note pour ne pas biaiser l’appréciation de ceux et celles qui ont compris quelque chose.
Roman choral très sombre et plein de poésie, qui nous plonge dans l’univers lugubre d’un pensionnat perdu dans la forêt. L’auteure jongle remarquablement bien avec différents styles d’écriture chaque fois qu’elle donne la parole à une des jeunes filles. On sent leurs fragilités, leurs folies et leurs peurs à travers ces petits chapitres où elles s’expriment chacune à leur manière. Un roman très mystérieux parfait en cette période d’Halloween !
J’ai été attirée par la couverture et la C4. Par le thème du féminisme également. J’ai apprécié le travail sur la forme : le changement de voix d’un chapitre à l’autre mettant en scène ces jeunes femmes à en devenir vivant dans un pensionnat.
Ma note s’explique par mon incompréhension à certains moments. C’est peut-être justement cette forme éclatée qui m’a un peu perdue. Je n’ai pas été en mesure de saisir tous les personnages.
Contente tout de même de m’être plongée dans une lecture différente pour moi !
J'ai aimé l'ambiance gothique, la plume étrange de l'autrice. Mais le récit est trop fragmenté pour moi, je pense qu'il aurait mérité d'être étoffé. Il penche plus vers le recueil de poésie que du roman. Et sérieusement, vendre ça comme de l'écoféminisme ? C'est ridicule. C'est pas parce que des filles vivent dans les bois qu'on peut qualifier ça d'écoféministe, je n'ai pas du tout trouvé ce message ! Bref, j'ai apprécié les mots mais il me manque l'histoire
« Ma plaie entre les jambes ne se cicatrisera jamais. Reviendra chaque mois. Être une femme est une blessure. » p. 102
Cette oeuvre donne l’impression de se retrouver au centre de cette école pour filles où chacune d’entre elles ajoute son grain de sel. Écrite sous la forme d’un journal tenu par chaque fillette, l’oeuvre nous donne un petit aperçu des événements qui ont cours lors d’une année au pensionnat.
Au Québec, une expression dit que « trop c’est comme pas assez ». J’ai l’impression que ce roman était trop: trop de personnages, de changements de narration, trop de jeux de style, trop éclaté. Je n’ai pas cru à l’atmosphère lugubre qu’on a voulu mettre en place et je me perdais à travers les particularités des jeunes filles. Bref, cette œuvre n’était pas pour moi!
Je ne mettrai pas de notes car je pense ne pas avoir compris. Pourtant l'ambiance qui y règne nous donne envie de comprendre et d'en savoir plus. Je sais pas
Un roman étrange dans lequel nous sont livrées, dans un style plutôt impressionniste, les pensées intimes des pensionnaires d'une école inquiétante. Il n'y est pas question de formules magiques ni de chapeaux pointus, mais l'ambiance est aux sorcières : des filles et des femmes vivant en marge, au milieu de la forêt et des secrets, tiraillées entre la cruauté de la nature sauvage et celles de la cour d'école. C'est une lecture qui peut être dérangeante, puisqu'on y lève plusieurs tabous, comme les menstruations, la naissance de la sexualité chez les enfants, la mort...
J'ai aimé l'idée derrière le livre et son atmosphère sombre. Les différentes voix des jeunes filles se font bien entendre, mais j'avoue qu'il m'a fallu du temps pour m'y retrouver et pour y adhérer. J'aime bien les romans d'ambiance et les mystères, mais je crois que, dans ce cas-ci, j'aurais préféré qu'il se passe plus de choses, ou du moins mieux comprendre les choses qui se passent! C'était tout de même une lecture originale et intéressante.
Ayant dévoré le premier livre de l’autrice, «Feue», j’avais très hâte de me lancer dans «École pour fille», ce que j’ai fait dès que je l’ai eu entre les mains. Avec joie, j’ai retrouvé l’écriture sauvage d’Arianne Lessard, ainsi que les différentes voix qu’elle compose pour les multiples personnages qui habitent son récit. Ce roman ne ressemble à rien de connu, il est libre de toute contrainte, et son propos est très bien servi. J’en aurai pris plus!
Roman chorale dans lequel, tour à tour, les voix des jeunes filles d’un pensionnat s’élèvent. Parfois méchantes, parfois ensorcelantes et d’autres fois indécentes, ces voix amènent au récit un côté sombre et étrange. Une lecture où l’on nage en pleine forêt dans une féminité violente.
Je comprends l'intention de mettre une ambiance obscure, hivernale et occulte, et d'avoir des narrateurs enfants, mais je n'ai pas embarqué. Les procédés stylistiques prenaient trop de place et alourdissaient le fil du "récit".
Saluons le travail de l'auteure sur la forme (ponctuation, phrasé, disposition des lettres sur la page), qui fait de ce roman un hybride se rapprochant de certains recueils de poésie. Les thèmes de savoirs occultes et de violence enfantine, notamment, étaient pour moi une prémisse fort intéressante. Cependant, le livre n'a pas répondu à mes attentes. Le fil narratif indirect, porté par les non-dits des personnages, ne réussit pas à faire monter le suspense, la tension, comme l'a réussi Joyce Carol Oates avec Mudwoman, par exemple. L'intrigue m'apparaissait prévisible et les personnages manquaient de substance, de sorte que je n'avais pas "hâte" de retrouver leur perspective (ce qui est par ailleurs crucial pour la réussite du roman choral). Bref, bien que j'aie adoré le côté glauque et mystérieux de Feue (le 1er roman de l'auteure), qui m'a habitée longtemps, École pour filles m'a laissée plutôt indifférente. Je ne recommande pas ce livre, mais je lirai quand même les éventuels romans d'Ariane Lessard, histoire de voir comment son style évoluera.
ça se dévore car les chapitres sont courts, les changements de points de vue très nombreux et l’écriture sans trop de ponctuation nous fait penser le livre comme une rivière dans laquelle on serait plongé(e) puis entraîné(e).
on suit des filles et femmes, qui racontent leur vie, leurs rencontres, leurs envies, leurs frustrations, leur solitude, leurs amitiés, leurs éveils sexuels… c’est très spécial car rien n’a réellement de sens
ce roman étant très court et décousu, on ne saisit pas l’intérêt de chaque point de vue.
on se pose beaucoup de questions et c’est un texte qu’il faudrait relire et analyser
même si la nature, la mousse, les plantes et surtout la forêt sont particulièrement présentes, je ne vois pas trop pourquoi ce roman a été estampillé « écoféministe » ?
somme toute, c’est un roman très spécial que j’ai été contente de découvrir mais qui ne m’a pas procuré un plaisir de lecture important
Je me rends compte que si j'aime bien ne pas comprendre grand chose à ma lecture quand je lis de la poésie, je n'ai pas la même tolérance face à un roman. L'autrice a clairement une jolie plume, mais ça ne suffit pas à tenir ce livre dont l'histoire est si fragmentée qu'elle est inexistante, au point d'en devenir une lecture franchement énervante. Je n'ai d'ailleurs pas été convaincue par l'atmosphère, alors que j'aime beaucoup de genre d'ambiance pourtant ; là, je n'ai pas du tout réussi à rentrer dedans.
L’autrice réussit à bien illustrer l’environnement du pensionnat et de la forêt qui l’entoure. Ce roman chorale nous partage les points de vue des pensionnaires. On entre dans leur intimité et leurs pensées. On découvre la violence qui habite ces jeunes femmes, à travers leurs actes de méchanceté, souvent gratuite, envers elles-mêmes. Petit livre qui se lit rapidement!