Les gens pensent avoir le cœur sur la main parce qu’ils donnent leur vingt piasses annuel à Opération Enfant Soleil. Ils se sentent engagés, conscientisés pis sensibles quand ils versent une larme de tristesse en regardant le clip d’un bambin de deux ans qui est en train de crever à Sainte-Justine, mais ils se câlissent complètement du fait que la shop où travaille leur beau-frère est à veille de fermer pis que le gouvernement fait aucun move auprès de la multinationale pour éviter la perte d’emploi des huit cent cinquante-six employés qu’elle embauche. Ils braillent toutes les larmes de leur corps pour un bébé québécois qu’ils connaissent même pas ou pour un petit noir rachitique d’Afrique de l’Est, ils sont affectés par le divorce du couple gagnant de la dernière édition d’Occupation Double, mais le sort atroce des huit cent cinquante-six familles fragilisées les indiffère totalement?!
Diplômée de l’École Supérieure de Théâtre de l’UQAM en 2003, Annick Lefebvre est l’autrice, entre autres, des pièces de théâtre J’accuse, La machine à révolte, Les barbelés, ColoniséEs, Les mini manifestes, ainsi que de nombreux courts textes écrits pour des événements de prise de parole collectifs. Elle a récrit deux fois J’accuse : pour la Belgique (2017), puis pour la France (2022). Annick a été la protégée de l’auteur Olivier Choinière au Prix Siminovitch 2014 et finaliste de ce prix prestigieux en 2020. Son théâtre, diffusé autant au Québec qu’à l’international, est publié, au Québec, chez Dramaturges Éditeurs, et, en France, chez Esse que.
Y’a des monologues qui sont écoeurants, pis y’en a un ou deux qui sont (peut-être) moins solides que les autres. J’ai vu la pièce, j’ai trippé pis en lisant plus attentivement, ça te fait tripper encore plus.
Intéressant, mais quelques fois l'auteure s'emporte et on ne comprends pas vraiment où elle veut nous amener. De plus, il y a monologue que personnellement je trouve de trop.
Les monologues que nous propose l'autrice nous plongent dans un univers de dénonciation, de beauté et de laideur, de colère et de tristesse, d'adoration et de culpabilité. Suivant cette ambivalence, je me suis retrouvée émue et révoltée. Le féminisme de l'autrice se manifeste par la voix qu'elle offre aux personnages féminins qui prennent parole avec assurance. J'ai vraiment apprécié ma lecture !