À la naissance de sa fille, quelque chose s’éveille en elle. Une brèche s’est ouverte en donnant la vie. L’oxygène s’est infiltré dans sa flore en dormance. Des pousses ont germé. La maison, la cour fleurie, le mobilier de jardin promettant des soirées mémorables, le cellier rempli de bouteilles, les séries télé dévorées en rafales pour garder son couple en vie ne suffisent plus. Elle rêve maintenant d’autre chose. De la liberté dont jouissent les chevaux sans œillères. Ses branches tremblent de tout son corps, mais happée par la maternité, elle contrôle sa forêt à coups de bourgogne aligoté.
Mais soudainement tout reprend vie. Toute sa jeunesse ressurgit, sa force d’arbre se réveille. Les branches du vieux pin rouge, le cri des oiseaux fantômes, les cerises vertes au marasquin, la peau rose calamine de Karine, les spaghettis boulettes du bar salon. Nos forêts intérieures est un roman sur ces vies qui ne nous ressemblent pas dans lesquelles on s'emprisonne. Ces prisons qu’on tente de fuir avec les tisanes de sapin de Jolène l'esthéticienne. Quand il faut tout détruire au bulldozer, la pelle dans la terre en profondeur, pour laisser la nature repousser.
Drôle de lecture à faire en congé de maternité, mais excellent roman! Une réflexion sur notre mode de vie, les choix que l’on fait et ceux qui s’imposent qui m’habitera encore longtemps. J’ai adoré le ton, juste assez grinçant. On y parle de ruralite et de retour à la nature, particulièrement d’actualité ces temps-ci, de façon juste et honnête (lire ici: sans condescendance ni idéalisation).
Tout est beau dans ce livre ! Avant tout l'émancipation et le retour à la nature d'une femme, mais bien plus que ça, car c'est son histoire familiale, ses liens avec sa cousine et son cousin qui étaient les enfants perdus de la forêt. J'ai adoré !
Une oeuvre achevée et sentie, portant moins sur la maternité que je me l'étais imaginée mais plus sur l'histoire d'une vie. La quête de l'éternel retour aux sources.
Suite à la naissance de sa fille, Nathalie entame une réconciliation avec la nature qui l’habite mais aussi, avec celle qui l’entoure. Elle tente de se retrouver au travers une amitié décevante, son couple qui seffrite sous le poids de la routine et l’immensité de son rôle de mère. Au travers ses souvenirs et son besoin d’appartenance, elle se ressourcera dans la forêt de son enfance. • J’ai beaucoup aimé ce livre. Il s’agit d’une magnifique ode à la nature. Il y a beaucoup de sensibilité entre ces pages. J’ai souris plusieurs fois devant les souvenirs ressassés par Nathalie. J’ai aussi entrevu un peu de ma maternité dans la sienne. C’est un livre qui fait du bien et qui nous ramène à l’essentiel. • « Désormais je ne suis plus seule. Elle est toujours là, comme une extension de moi-même. Cette enfant, cette bouture de ma chair, cette plante qui grandit à l’extérieur de moi, chaque fois qu’elle me regarde, elle me rappelle qui je suis. Magalie, c’est ma conscience qui me regarde dans le blanc des yeux. »
Un livre que j’ai adoré, qui se lit comme tant de petits moments de vie croqués sur le vif; la vie de Nathalie , vue à travers le prisme d’une grande remise en question à la suite d’une séparation. La première partie, où il est plus question de sa relation fusionnelle avec sa cousine, m’a plu mais avec une réserve. Ayant toujours été plus solitaire et n’ayant jamais cultivé de longues amitiés intenses, il m’était difficile de me reconnaître à travers le personnage. C’est par la suite que tout prends forme. Un voyage à travers l’enfance , les liens familiaux , la féminité, la maternité, les responsabilités sur les épaules des femmes etc. C’est à travers sa relation avec la forêt que Nathalie se redéfinira. Un livre que j’ai dégusté, et que je relirai assurément puisqu’a certains égards ce fut presque une thérapie. A lire comme on mange un sac de petits bonbons. 🍬 ;)
J’ai mis un peu de temps à pleinement embarquer dans l’histoire; peut-être que le sujet de la maternité qui change une personne ne me rejoignait pas exactement. Cependant, lorsque l’autrice se met à narrer la vie de deux petites filles qui vivent dans la forêt, leurs perceptions différentes de ce qui les entoure, des légendes de sorcières et de cabanes et d’oiseaux fantômes, mon attention a été complètement happée. Ce premier roman, sans conteste réussi, aborde la question de l’identité, de ce qu’on devient sans s’en rendre compte, ou même le vouloir, à «ces vies qui ne nous ressemblent pas dans lesquelles on s'emprisonne.»
L'histoire d'un retour aux sources où il est question de maternité, mais surtout d'enfance et d'adolescence, d'amitié et de liens familiaux, et de la place qu'occupe la fiction dans la construction de nos êtres.
J'ai apprécié la présence insistante de la nature sauvage s'insinuant tout au long du récit, comme des mauvaises herbes qui auraient poussé entre les lignes du texte. L'écriture est accessible et le ton, humoristique par moment. Points bonus : la couverture est vraiment belle!
Ce roman nous invite à plonger en nous, à nous perdre dans nos propres forêts intérieures afin de mieux retrouver notre vrai soi... Une invitation qui ne se refuse pas!
Un roman avec des pensées profondes par moment, mais qui n’a su m’atteindre ni m’émouvoir. Je n’ai pas cru aux personnages adultes des deux cousines. Je crois que plusieurs filons manquaient pour que je puisse saisir le lien entre leur enfance et leur trajectoire adulte. On ne va pas au fond de plusieurs éléments de l’histoire, tandis que pour d’autres on se répète. Ça m’a franchement dérangé.
Force est d’admettre que, ces derniers temps, les deux thématiques les plus présentes dans ma “Pile à lire” sont la nature et les grandes remises en question. Disons qu’avec Nos forêts intérieures, j’ai été doublement servie. J’ai fait durer la lecture de ce petit roman sur cinq jours… pas que je m’ennuyais, je ressentais plutôt le besoin de déguster, d’absorber à petites doses, puis de décanter.
“ J’ai besoin de sentir la gomme de sapin entre mes doigts. Qu’elle rentre sous mes ongles et parfume ma peau. Courir sur des racines et des aiguilles de pin rouge. Tremper mes pieds dans l’eau claire du lac sans nom. Retourner à la forêt. Les Anglais ont un mot pour ça. Rewilding. Il faut que je retourne à l’état sauvage.”
“ Dans la poursuite du bonheur, on s’est bâti un empire. Une auto, des enfants, une maison, une cuisine neuve, une cour fleurie au mobilier de jardin promettant des soirées mémorables et un cellier rempli de bouteilles menant au septième ciel. Les mains liées, les comptes liés, tout cela attaché serré autour du coeur.”
J’ai souvent dit, à l’instar de l’héroïne de ce roman, que je suis une incurable nostalgique… Ce que j’ai aimé ici, à part bien sûr la plume franche et touchante de l'autrice, c’est qu’on nous présente les deux côtés de la médaille. D’abord, le regard de la femme qui ne se reconnait plus, de la blonde qui n’éprouve plus de désir, de la mère de famille qui adore ses enfants mais n’en peut tout simplement plus des diktats du quotidien et rêve de revenir au temps et lieu où tout était donc beau et simple, dans sa forêt natale. Puis, dans un acte désespéré, en revisitant les terres et les personnes qui ont marqué son enfance, le moment fatidique où elle réalise “qu’il n’y a pas de secret, pas de recette miracle. Ce n’est pas en respirant l’air du bois deux-trois jours qu’on va comprendre d’où on vient et qu’est-ce qu’on est devenues. Un jour, il faudra s’avouer qu’on ne le saura peut-être jamais.” Ce qu’on se remémorait comme une période idyllique de nos vies, on le contemplait à travers les lunettes roses et naïves de l’enfance. Aussi, nous faut-il reconnaitre que la route qui nous a conduit jusqu’ici a été longue et qu’on a perdu, sans doute à jamais, des petits bouts de soi en chemin.
J’ai trouvé la fin d’une grande beauté et d’une grande sagesse. Il n’est pas question ici de laisser tomber vie, mari, petits et pays pour repartir à la conquête de soi. Mais plutôt de rebâtir sa forêt intérieure avec ce qu’on a devant soi, ici et maintenant, et d’inviter ceux et celles qu’on aime à nous y rejoindre.
Je lève mon chapeau à Julie Dugal pour ce fantastique premier roman et aux Éditions Marchand de feuille pour cette trouvaille.
Ce roman nous entraîne dans la quête identitaire de Nathalie, désormais maman, ayant soif de liberté et de retour aux sources, cherchant à se rapprocher de ses racines et de la forêt où elle a grandi. Au gré d’allers-retours entre l’enfance et l’âge adulte, j’ai été enveloppée par plusieurs références me rappelant ma propre enfance. Ce livre est une ode au bois, à la nature, à la vastitude du territoire; au legs de la famille et de l’enfance; aux cousins et aux cousines souvent côtoyés à cette époque apparaissant désormais si lointaine de notre jeunesse où les rassemblements en famille élargie et nombreuse étaient habitude. Il pose un regard sur ces premières amitiés qui nous forgent, qui évoluent et se transforment au fil de nos vies. Un premier roman franchement réussi qui m'a touchée, m'a fait sourire et a fait vibrer ma fibre nostalgique. La magnifique couverture (illustration de Jennie Ekström, déposée tout en douceur sur fond blanc), doublée du format des livres du Marchand de feuilles que j’aime toujours beaucoup en font, en plus d’un très bon roman, un très bel objet.
La maternité fait replonger Nathalie dans ses souvenirs d'enfance et d'adolescence. Une jeunesse dont on peut être nostalgique lorsqu'on l'a connue. Celle où l'on passait le plus clair de notre temps dehors (quand on n'était pas sur les bancs d'école). Celle où l'on invente des vies à nos poupées mais aussi des vies mystérieuses et glauques aux voisins, ceux qui ne sortaient pas souvent. Celle où t'avais pas le choix d'avoir une éducation religieuse. Celle où quand tu visitais la parenté, il y avait toujours un char abandonné quelque part dans un champ que tu pouvais aller squatter avec les cousins et cousines.
Je me suis attachée à la narratrice et à Karine et Luc (les cousins) mais pour différentes raisons, il y a eu des moments où j'étais fâchée contre eux. J'ai passé un très beau moment à lire ce roman (c'est juste plate que j'arrive pas à mieux expliquer pourquoi). My bad parce que l'écriture de l'autrice est belle.
"C'est pas le malheur des autres qui ramène le bonheur qu'on a perdu."
« Nos forêts intérieurs » de Julie Dugal raconte l'urgence vécu par le personnage de Nathalie de retourner dans la forêt où elle a grandit, convaincue que ses racines y sont logées quelque part entre la maison de la sorcière Anita et les oiseaux-fantômes qui hurlent aux fenêtres.
« Nos forêts intérieurs », c'est aussi devenir adulte et devoir consoler son enfant intérieur qui crie parce qu'il réalise que sa place est au milieu des souvenirs plutôt que dans le présent, qui lui, tente de s'ancrer. C'est une page que l'on tourne sans non plus balayer du revers de la main sa nature profonde, celle qui reste, indélébile.
Je n'ai pas été déçue par ma première lecture de l'année tellement ce qui y est raconté m'a rappelé ma propre expérience. Un bon premier roman de Julie Dugal !
3.5 * j'ai trouvé les chapitres un peu décousus et pêle-mêles. On fait des sauts dans le passé, mais la chronologie ne suit pas et les évènements n'ont pas toujours de lien. De belles réflexions sont faites sur la quête identitaire adulte. Les valeurs imposées par la société nous éloignent parfois de notre "forêt intérieure" quand elles sont à l'encontre de nos principes fondamentaux. Le paraître, la surconsommation, les étiquettes sociales...Est-ce que notre vie nous ressemble? Nous nourrit-elle vraiment? Parfois un retour aux sources est requis pour se poser les bonnes questions et faire le ménage dans nos vie.
Ce livre est écrit avec beaucoup de sensibilité. Les personnages sont attachants, les descriptions sont magnifiques. C'est une incursion dans la nature laurentienne mais aussi dans la nature humaine. Je prédis un bel avenir à ce premier roman. Merci à Julie Dugal de nous avoir livré un bouquin aussi dense en émotions.
C'était beau. C'était bon. Ça parle de liberté, ça parle de maternité. Et l'utilisation de la forêt comme image nous enveloppe dans ce besoin de simplicité, de vrai, de naturel.
Abandon. Belle plume, mais des chapitres qui se garrochent à gauche et à droite sans lien apparent. Je n’ai pas aimé. J’ai arrêté de lire avant la moitié du roman.
J'ai adoré l'histoire et ses personnages, notamment la protagoniste, pleine de conflits intérieurs et guidée par un désir de renouer avec son enfance dans la forêt.
J’ai bien aimé suivre le personnage principal dans ces histoires de vie qui l’on amené en début de roman à être complètement dépossédée d’elle-même et un peu à boutte suite à son accouchement. On traverse son histoire de vie par petit souvenir raconté, sa enfance à travers ces yeux d’enfant. Une expédition au cœur de son être, une quête d’identité et une quête de sa forêt intérieure.
Je n’ai pas tout aimé de ce personnage mais j’ai adoré la forme et la construction du roman, la plume également.
Ce qui m'a le plus touché dans ce roman, c'est l'histoire d'amitié entre Nathalie et sa cousine Karine. Surtout le deuil de cette amitié en fait. La nostalgie de ce que c'était "avant". Réaliser qu'on a pris des chemins différents et qu'après toutes ces années on a pratiquement plus rien en commun. La perte d'un ancrage qui a été si fort. Les cours chapitres se lisent facilement et j'ai beaucoup aimé le style d'écriture.