Il y a longtemps de cela, bien avant d’être la femme libre qu’elle est devenue, Tanah se souvient avoir été l’enfant d’un roi, la fille du souverain déchu et exilé d’un éblouissant archipel, Loin-Confins, dans les immensités bleues de l’océan Frénétique. Et comme tous ceux qui ont une île en eux, elle est capable de refaire le voyage vers l’année de ses neuf ans, lorsque tout bascula, et d’y retrouver son père. Il lui a transmis les semences du rêve mais c’est auprès de lui qu’elle a aussi appris la force destructrice des songes. Dans ce beau et grave roman qui joue amoureusement avec les mots et les géographies, Marie-Sabine Roger revient à ce combat perdu qu’on nomme l’enfance et nous raconte l’attachement sans bornes d’une petite fille pour un père qui n’était pas comme les autres.
Une belle histoire que j’aurais dû détester, mais je n’y arrive pas. Au fil des pages et des chapitres, je râlais en me demandant s’il allait se passer quelque chose un jour… Et pourtant, malgré l’absence d’action ou de retournements (à part un moment marquant, tout de même), je n’arrivais pas à poser ce livre. Je me trouvais totalement immergée dans la vie de ces personnages aussi frustrants qu’attachants, et devais absolument savoir ce qu’ils allaient devenir !
Et les réflexions sur la santé mentale, la vieillesse, la responsabilité des enfants envers leurs parents (et inversement) - autant de questions que nous nous posons tous dans notre vie à un moment donné - sont abordées avec délicatesse et sincérité.
Je me perdais aussi dans le langage, si joliment écrit. Mais un petit conseil : si comme moi, le français n’est pas votre langue maternelle, gardez un dictionnaire ou WordReference à portée de main. Cela m’a été très utile pour démêler les vrais mots inconnus (et d’étoffer ainsi mon vocabulaire) des mots inventés par le père.
J’avais toutefois deux ou trois questions - concernant la mère notamment - qui, pour moi, sont restées sans réponse, d’où l’étoile en moins. Sinon, c’est un roman captivant et touchant, mais où l’intrigue se déroule plus dans le ressenti du lecteur que dans les mots consignés sur les pages.
J’ai beaucoup aimé ce livre. L’histoire d’une petite fille vivant dans une famille cassée. Entre ses frères absents, sa mère froide et son père qui lui raconte comment il est devenu roi déchu.
En refermant ce livre, la première chose que j'ai dite a été : "Je ne l'ai pas trouvé terrible." J'ai restitué le livre à la médiathèque, j'en ai commencé un autre, et je n'ai pas réussi à lire. J'étais obnubilée par ce livre que je n'avais pas aimé. J'y ai pensé plusieurs jours, ai repensé à certains passages encore et encore. Et j'ai fini par dire : "J'ai changé d'avis. J'ai cru que je ne l'aimais pas, mais je n'arrête pas d'y penser. Il mérite d'être lu."
Tanah vit dans un HLM, entre sa mère trop lolita pour son age et son père pensionné de la Cotorep. Mais Tanah supporte tout ça, car elle sait qu'en vrai, elle est une princesse en exil, fille du roi de Loin-Confins. Le soir, son père la fait voyager par l'imagination, lui apprend toute la géographie de son pays d'origine, et lui laisse miroiter d'un jour, ils viendront à bout de l'usurpateur.
Tanah nous raconte son enfance, une fois à l'age adulte. Et progressivement, elle nous révèle ce qui s'est passé le jour funeste. On comprend rapidement qu'un évènement qui a bouleversé sa vie va avoir lieu, mais on ne le connait que vers la fin du récit. Et de façon assez magique, l'histoire de la princesse se délite, pour entrer dans la réalité, dure et implacable...