Gisèle Halimi : Soixante-dix ans de combats, d’engagement au service de la justice et de la cause des femmes. Et la volonté, aujourd’hui, de transmettre ce qui a construit cet activisme indéfectible, afin de dire aux nouvelles générations que l’injustice demeure, qu’elle est plus que jamais intolérable. Gisèle Halimi revient avec son amie, Annick Cojean, qui partage ses convictions féministes, sur certains épisodes marquants de son parcours rebelle pour retracer ce qui a fait un destin. Sans se poser en modèle, l’avocate qui a toujours défendu son autonomie, enjoint aux femmes de ne pas baisser la garde, de rester solidaires et vigilantes, et les invite à prendre le relai dans le combat essentiel pour l’égalité à l’heure où, malgré les mouvements de fond qui bouleversent la société, la cause des femmes reste infiniment fragile. Depuis l’enfance, la vie de Gisèle Halimi est une fascinante illustration de sa révolte de « fille ». Farouchement déterminée à exister en tant que femme dans l’Afrique du Nord des années 30, elle vit son métier comme un sacerdoce et prend tous les risques pour défendre les militants des indépendances tunisienne et algérienne et dénoncer la torture. Avocate plaidant envers et contre tout pour soutenir les femmes les plus vulnérables ou blessées, elle s’engage en faveur de l’avortement et de la répression du viol, dans son métier aussi bien que dans son association « Choisir la cause des femmes ». Femme politique insubordonnée mais aussi fille, mère, grand-mère, amoureuse… Gisèle Halimi vibre d’une énergie passionnée, d’une volonté d’exercer pleinement la liberté qui résonne à chaque étape de son existence. « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque » : ces mots de René Char, son poète préféré, pourraient définir Gisèle Halimi, cette « avocate irrespectueuse », et sa vie de combats acharnés pour la justice et l’égalité.
Annick Cojean, foreign correspondent for Le Monde, is one of France's most widely admired journalists. She chairs the committee for the Prix Albert Londres, having won the prize herself in 1996, and has published a number of books.
Un de ces livres qui vous donne envie de continuer à vous battre, si ce n'est pour nous-même, au moins pour être dignes des combats d'une grande femme comme Gisèle Halimi.
Impressionnante, une femme qui s'est toujours battu sans relâche pour faire bouger les lois, l'opinion publique, bref pour faire avancer la cause des femmes.
En lisant ce témoignage, je suis admirative de sa carrière et de ses engagements, mais aussi choquée du portrait d'une époque (qu'on pourrait croire résolue... mais finalement l'est-elle vraiment?) où les femmes sont réellement des citoyennes de seconde zone. Gisèle Halimi se désole d'ailleurs du manque de combativité des femmes encore aujourd'hui, ne comprend pas comment les inégalités perdurent. Elle a cette analyse qui est très juste, et c'est sûrement mon passage préféré du livre:
"Qu'attendent les femmes pour se lever et pour crier "Assez!"? Trop d'entre elles consentent à leur oppression. Cela paraît insensé, bien sûr, mais religion et culture se liguent depuis des siècles pour fonder ce consentement mû en complicité. Victimes d'enfermement, elles se laissent leurrer par les fleurs de leur maître, ses hymnes à la fée du logis, ses éloges à la déesse de leur coeur. [...]. Balzac était plus cynique: "La femme est une esclave qu'il faut savoir mettre sur un trône." On ne saurait mieux exprimer le piège tendu aux femmes. Le trône est une prison, elles le découvrent très vite mais s'y résignent, cherchant desespérément à y trouver quelque avantage [...]. Complices, donc. Et c'est terrible."
Important. Brillant de mots, de valeurs, de courage, de lutte. une rappel et un élan au feminisme. Croyez, luttez. Il fait désormais partie de ma bibliothèque personnelle.
Même si l’on connait dans les grandes lignes le parcours et l’influence de Gisèle Halimi, j’ai beaucoup apprécié me replonger dans les épisodes marquants de sa vie: enfance rebelle, et combats passionnés et déterminés, sa lutte est inspirante.
"Les mots ne sont pas innocents. Ils traduisent une idéologie, une mentalité, un état d'esprit. Laisser passer un mot, c'est le tolérer. Et de la tolérance à la complicité, il n'y a qu'un pas."
It strikes me that we learn so little about the women who shaped French society into a more egalitarian one, as France has such a huge influence on culture, politics and philosophy in the rest of the world. And even worse, but perhaps not surprising, is that I only heard of Tunisian born Gisele Halimi upon her passing this summer. What a heroine and what a contribution she has made to women in France, Algeria and beyond!
This interview / biography dives into details on her most famous cases as a lawyer and elected official in the French government. She tackles every situation, be it with terrorists or in talks with French presidents, without fear and a relentless strive for freedom. A woman who wrote history and enabled so many other women to do the same.
Un livre sous forme d'entretien qui partage le parcours et les combats menés par Gisèle Halimi qui a tant fait pour faire avancer la cause des femmes. Un livre qui rassemble autour du féminisme comme une cause qui se doit d'être défendue par tout le monde. Le livre donne aussi l'impression de voyager dans une autre époque lorsque Gisèle Halimi décrit son travail et parle de ceux qui l'ont accompagné (Simone de Beauvoir, Sartre, Guy Bedos, Françoise Sagan...).
5 étoiles c’est trop peu pour le chef d’œuvre que c’est ce genre de livre me redonne vrmt foie en l’humanité et me donne tellement de motivation pour continuer le travail acharné des féministes des années 70 à maintenant et enfin détruire cette société patriarcale pour de bon si tout s’aligne j’incarnerai une femme comme gisele
Coup de cœur pour le précieux témoignage que nous laisse cette femme brillante. Un modèle de courage ténacité et audace. Un livre à offrir à nos mères sœurs copines filles nièces. À nos fils aussi. « Se battre est un devoir; tendre la main aux autres femmes une responsabilité ; convaincre les hommes de la justesse de la cause une nécessité. N’est-il pas urgent qu’ils comprennent que leurs privilèges hérités de la nuit des temps sont un poison qui ronge nos sociétés, provoque frustrations et violences, injustices, infamies ? » Une femme rebelle infatigable et libre. Farouchement libre. Inspirante 🖤
Quelle vie ! Quel parcours ! Et quelle détermination à vouloir changer la condition de la femme et donc le monde entier ! Je fais partie d'une génération qui ne connaît pas très bien Gisèle Halimi ou ses combats, sinon dans les grandes lignes. Ce livre retrace sa vie extraordinaire, ses combats et motivations. Ce livre est aussi un appel au sursaut, à la "révolution" que doivent mener les nouvelles générations car les combats féministes sont toujours d'actualité.
Un très bel hommage à une grande avocate, qui a toute sa vie fait corps avec son combat pour défendre sa vision de la justice, faire triompher la liberté et l’indépendance, et plus encore, les droits des femmes.
Le livre, sous forme d’interview, se lit facilement, et d’une traite. Les événements sont retracés avec une grande clarté et beaucoup d’élégance par Annick Cojean, annulant la nécessité de notes de bas de pages qui auraient, comme trop souvent dans ce format, entravé le plaisir de lecture.
Je ne cache pas un petit agacement de ma part à la lecture du fait que toutes les professions non-intellectuelles ou publiques, au sens d’apportant une certaine notoriété (avocates, autrices, actrices, chanteuses, etc.) sont qualifiées de « plus modestes », agacement confirmé lors du long name-dropping déroulé en guise d’avant-dernier chapitre, qui m’a laissé en bouche un goût amer : l‘égalité entre femmes et hommes n’empêche manifestement pas la glorification de l’ascenseur social, glorification que l’enfance de Gisèle Halimi et son combat — l’émancipation de la femme — expliquent partiellement, mais pas totalement.
Si cela m’a dérangée, c’est que le livre est très court, 150 pages environ, et que j’aurais préféré davantage d’insertions de documents, qu’ils soient issus de procès importants ou du travail monumental exécuté par le groupe Choisir, notamment lors de la rédaction de propositions de lois pour la parité, ou pour une Europe des Femmes (au lieu de quoi il a fallu faire, comme souvent, avec les merveilleuses ballades au piano du petit Nicolas… Bedos).
La conclusion, magistrale, et dans la veine des discours de sa contemporaine, inspiratrice et amie Simone de Beauvoir, rallie néanmoins à nouveau, et, laissons tomber l’analyse scolaire pour le dire franchement : émeut, engage, et donne la chair de poule (au sens positif du terme). Que de puissance sur quelques pages !
« On ne naît pas féministe, on le devient », et cette lecture peut à mon sens constituer une porte d’entrée moderne et facile sur un combat qui a encore à s’écrire.
Énorme coup de cœur, meilleur livre lu en 2023 jusqu’à présent
Gisèle Halimi revient sur sa vie et ses combats, toujours guidée par sa farouche liberté.
« Ma liberté n’a de sens que si elle sert à libérer les autres »
« Je voulais tout, agissant comme un homme mais jugée comme une femme »
« Qu’attendez-vous des femmes aujourd’hui ? J'attends qu'elles fassent la révolution. Je n'arrive pas à comprendre, en fait, qu'elle n'ait pas déjà eu lieu. Des colères se sont exprimées, des révoltes ont éclaté çà et là, suivies d'avancées pour les droits des femmes. Mais nous sommes encore si loin du compte. »
« Pourquoi la cause des femmes ne mobilise-t-elle pas davantage ? Qu'attendent les femmes pour se lever et pour crier « Assez ! » ? »
Ses conseils pour toutes les femmes - Soyez indépendantes économiquement - Soyez égoïstes ! Envoyez balader les conventions, les traditions et le qu'en-dira-t-on. Fichez-vous des railleries et autres jalousies. Vous êtes impor-tantes. Devenez prioritaires. - Refusez l'injonction millénaire de faire à tout prix des enfants. Elle est insupportable et réduit les femmes à un ventre. - Enfin, n'ayez pas peur de vous dire féministes. C'est un mot magnifique, vous savez. C'est un combat valeureux qui n'a jamais versé de sang. »
René Char : « Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. »
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"L'avenir boitera s'il n'est construit que de mains d'hommes et d'attentes de femmes."
OK. Comment se fait-il que je n'ai pas entendu parler de Gisèle Halimi avant ? Moi qui ne raffole pas de biographies, je me suis forcée à le lire pour les cours et j'ai été surprise. Agréablement surprise. J'ai dévoré ce livre en une journée.
Elle est tellement inspirante ! Quand elle a évoqué sa liberté, j'ai eu envie d'y goûter moi aussi. De par son parcours et ses nombreuses victoires dans ses combats légitimes, elle n'a fait que renforcer mes convictions féministes et ma volonté de m'engager sur son chemin.
Une farouche liberté est l'adaptation BD du roman autobiographique éponyme de Gisèle Halimi. Je connaissais déjà quelques éléments de la vie de cette femme qui a écrit l'Histoire, mais cet album en bande dessinée m'a appris quantité de nouvelles choses. J'y ai découvert une femme forte, engagée, courageuse, dévouée à la cause des femmes. En résumé, un modèle, ni plus ni moins. Un destin incroyable pour une femme exceptionnelle. Un livre à offrir et à s'offrir.
A 90 ans passés, Gisèle Halimi répond aux questions d'Annick Cojean, sur sa vie et ses 70 ans de combats féministes et contre l'injustice. Une grande femme.
Bel entretien sur la vie d'une grande dame. Un seul de ses faits d'armes mérite un roman ! Elle a mené tant de combats. Pourquoi ne m'a-t-on pas plus parlé de femmes comme elle à l'école ?
"N'ayez pas peur de vous dire féministes. C'est un mot magnifique, vous savez."
La rage dès son enfance, des études brillantes, un concourt d’éloquence sur le « droit de supprimer la vie », Gisèle Halimi se raconte dans « Une farouche liberté » avec l’aide d’Annick Cojean, grand reporter au journal Le Monde et directrice des collections Empreintes et Duels sur France 5 et présidente du jury du prix Albert-Londres. Le souci dans ce récit de rendre compte d’une vie exceptionnelle au service du combat féministe y est omniprésent et n’évite pas les sujets qui peuvent heurter comme celui de son engagement politique. La voix de Gisèle Halimi est intacte d’engagement, de fidélité et de bonté à la cause des droits des femmes malgré les années qui ont passées. « Une farouche liberté » nous fait croiser la grande Simone de Beauvoir, infaillible dans son soutien, mais barricadant ses émotions et sa sensibilité au point de sembler hautaine, sèche et trop distante. Alors que Sartre est décrit comme généreux, juste et infiniment bienveillant, son second mari ayant été son secrétaire particulier. Et, Gisèle Halimi s’excuse presque de raconter qu’elle cuisinait une tagine ou un couscous pour la « famille » Sartre / Beauvoir. La suite ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
L'ultime entretien de cette magnifique féministe universaliste que fut Maître Gisèle Halimi, née dans une famille juive traditionaliste pauvre en Tunisie en 1927 : à sa naissance, sa mère mettra trois semaines à annoncer la naissance, tandis que le père gémit d'avoir une fille. Elle en concevra un sentiment d'injustice qu'elle transformera en combativité inaltérable pour défendre la cause des femmes, qui est aussi la sienne. Devenue avocate au barreau de Tunis alors protectorat français, elle met son éloquence et ses convictions au service de la cause des militants de la décolonisation tunisienne puis algérienne. Ensuite elle embrasse la cause des femmes en France, d'un procès médiatique contre le viol au procès de Bobigny en 1972, puis à la création de l'association Choisir. Députée 3 ans, elle est très sévère sur le Président Mitterrand qu'elle trouve opportuniste en se servant de la cause des femmes tout en leur accordant peu. Son message en fin de livre est un viatique pour les féministes actuelles. A mettre entre toutes les mains des filles, même jeunes.
Voici une livre idéal pour entrer en contact avec Gisèle Halimi : qui était-elle ? comment et pourquoi ses combats ? Chaque chapitre est une question et suis la chronologie de sa vie. Gisèle Halimi, très âgée alors, répond, explique, commente. Le style est simple, les chapitres courts, et le tout se lit facilement. Tout n'est pas dit mais l'essentiel de ses combats, menés dès l'enfance en famille, puis au barreau et publiquement. Les épisodes clés, oubliés maintenant, du procès du viol des jeunes campeuses Belges, et du procès de Bobigny au cours duquel une jeune fille mineure, puis sa mère, durent justifier l'avortement d'un fœtus formé suite à un viol. Une dame qui montre un chemin féminin qu'elle nous engage, nous femmes, à poursuivre, et pas uniquement en écrivant #metoo.
Quel livre formidable! Et que de réactions il a soulevées en moi: sourires, colères, larmes, rires...
Annick Cojean pose de belles questions et Gisèle Halimi, celle qui a défendu la cause des femmes, fait changer les lois sur l'avortement, le viol, la contraception (entre autres) y répond toujours avec passion et souvent des détails passionnants!
Une vie extraordinaire rapportée, racontée en 150 pages à peine. Annick Cojean a "prêté" sa plume à son amie Gisèle Halimi qui a raconté.
Gisèle Halimi est décédée à Paris le 28 juillet 2020 à l'âge de 93 ans.
Sous les questions d’Annick Cojean, Gisèle Halimi raconte comment lui est venu son engagement, les difficultés que la vie lui réservait étant née femme et sa révolte contre ces injustices. D’environ 150 pages, ce petit livre réussi à nous happer dans l’histoire tumultueuse de l’avocate. Lu rapidement, je l’ai adoré. Non seulement on apprend énormément, mais aussi on s’intéresse. Impossible à lâcher je suis maintenant fan de la personne de Gisèle Halimi :) Une farouche liberté fait découvrir l’humain derrière les combats, la femme en quête de droits.
Quelle femme.. quel héritage elle laisse à toute une nouvelle génération de femmes.
Le dernier ouvrage de Gisèle Halimi est le témoignage et la conclusion d’un parcours exceptionnel d’une femme dédiant sa vie aux causes qui lui tiennent à cœur. Un véritable modèle pour toutes et tous.
On ne peut que ressortir encore plus admiratif de Maître Halimi après cette lecture.
A lire en complément de « La cause des femmes », lecture essentielle !