Prix Les Inrockuptibles Essai 2020De mai à juillet 2019 se tient le procès France Télécom – Orange. Sept dirigeants sont accusés d'avoir organisé la maltraitance de leurs salariés. Parfois jusqu'à la mort.On les interroge longuement, leur fait expliquer beaucoup. Rien à faire : ils ne voient pas le problème. Le P-DG a un seul regret : " Cette histoire de suicides, c'est terrible, ils ont gâché la fête. "Il y avait donc une fête ? Parlons-nous la même langue ?
L’autrice revient sur la vague de suicides à France Télécom et le procès qui a suivi. Elle analyse l’horreur du capitalisme, la déshumanisation de l’entreprise, le poids de la performance sur l’émotionnel.
Y’a des punchlines j’ose le dire c’est du niveau Rimbaud/Booba prime hein et ma bite si c’est pas TH qui écrit sous un acronyme psk « c’est plus le destin qui fait les choses c’est l’algorithme »/« on y peut rien […] : c’est pas personnel. C’est machinal » c’est le même cerveau
Ça fait crissement longtemps que j'ai pas lu un livre aussi juste. Traduire le néolibéralisme par procédés littéraires c'est du pur génie. Un tour de force fucking décalissant. Le travail de la langue et les références nommées plus que déployées demandent un certain bagage sociologique et économique pour être appréciés. Mais ô que ça vaut la peine de s'y plonger!
C’était vraiment bien mais je m’attendais à un peu plus de retours aux faits. Le travail sur la langue est hyper intéressant, mais il y a une sorte de distance avec le procès et les victimes, on sent que c’est un bon sujet pour écrire un essai littéraire, mais j’aurai voulu peut-être plus de documentation et de journalisme.
très bonne représentation d'un monde capitaliste qui ne se soucie plus des gens 😋✌️
ce n'est pas vraiment ce à quoi je m'attendais, en fait. je pensais que ça parlerait vraiment des procès, le déroulé, la violence commise, le résultat, etc. mais en fait, c'est plutôt un jeu sur la langue et une réflexion sur la société capitaliste dans son ensemble, avec en toile de fond les procès. ça m'a un peu pris de court, donc, mais finalement j'ai plutôt bien aimé la discussion, à part quelques passages qui m'ont semblé vraiment très tirés par les cheveux.
donc je conseille totalement à celleux qui aiment les essais littéraires, mais moins à celleux qui veulent vraiment en apprendre plus sur les procès ou sur le capitalisme. pour le coup, on est vraiment pas sur un texte scientifique ou universitaire sur les sujets.
De 2004 à 2019, la toyotisation de France Télécom en Orange, de Michel Bon (Mickael Good l'appelaient les salariés) à Didier Lombard en passant par Thierry Breton, le sauveur de Thomson. Trois analogons mâles. La liquidation à marche forcée des salariés récalcitrants au nouveau "flow" de l'entreprise avec, au bout du compte 24 suicidés. Partant du procès Lombard France-Télécom-Orange en 2019, Sandra Lucbert, dans un vocabulaire inspiré de Rabelais, du jargon LCN (Lingua Capitalismi Neoliberalis) inspiré de l'acronyme de Klemperer et de son analyse du langage managérial inventé par le IIIè Reich, LTI (Lingua Tertii Imperiali), nous narre de façon érudite (l'autrice est normalienne) impertinente, critique, l'uberisation du monde et l'obsolescence humaine, obsolescence du salarié qui ne sait pas, ne veut pas "machiner la Machine", celle de la Colonie pénitentiaire de Kafka. Jubilatoire quoique terrifiant.
brillantissime wahou tant sur le plan intellectuel que littéraire sur la base de documents juridiques et médiatiques concernant l'affaire des suicides à France Telecom, la langue définit le cadre de pensée. la langue des dominants, de l'entreprise, du capitalisme est donc inadaptée à une analyse pertinente de cette tragédie, puisque c'est elle - entre autres - qui est à l'origine du drame l'autrice développe une nouvelle pensée politique, philosophique et littéraire complète permettant (d'essayer) de comprendre cette tragédie sous un nouvel angle
Prosa lírica sobre el neoliberalismo tardío, o sobre la modernidad líquida. Como experimento poético, es sobresaliente; como análisis del discurso de las escuelas de gestión (managérial), le falta sistematicidad; como narración del proceso de France Telecom, sobra comentario.
Il y a qqch de particulier et de puissant dans ce livre. Je n’ai pas tout compris aux quelques derniers chapitres, mais ça n’a pas affecté mon plaisir.