L’enfant grandit avec son grand-père qui, avant sa mort, lui apprend tout de la vie et de la Terre. Tels des vautours, des Polichinelles (Blancs) débarquent, pillent le territoire, la culture et la langue. En cinq tableaux, Qu’as-tu fait de mon pays ? • Tanite nene etutamin nitassi ? raconte l’histoire de la dépossession des peuples autochtones et les abus du système colonial.
Montagnaise originaire de la région de Matimekosh, l’Innue An Antane Kapesh est une écrivaine.
Elle née dans la forêt, près de Kuujjuaq, anciennement appelé Fort Chimo, et a vécu la vie traditionnelle de chasse jusqu’en 1953, date de la création de la réserve de Maliotenam (non loin de Sept-Îles au Québec).
Mariée en 1942, elle eut neuf enfants et de nombreux petits-enfants. Elle fut chef de la bande innue de Schefferville (Matimekosh) de 1965 à 1967. Ce n’est que quelques années plus tard qu’elle commença à écrire en innu.
Son premier livre "Je suis une maudite Sauvagesse" (Eukuan nin matsshimanitu innu-iskueu), un essai autobiographique paru en 1976, défend la culture de son peuple en l’opposant à la culture des Blancs. Il fut publié en innu et en français.
En 1979, elle publie son deuxième ouvrage, "Qu'as-tu fait de mon pays ?", un récit dur sur la colonisation.
Première femme autochtone du Canada à avoir publié des livres en français, elle constitue un modèle d’engagement et de persévérance.
Un texte magnifiquement bien écrit relatant la colonisation vécue par les Innus. D’une simplicité et d’une efficacité qui ne laissera personne indifférent. À lire absolument.
Pourquoi n’ai-je pas lu ces mots avant ? 😭 Dans un monde où l’histoire des Blancs est trop souvent «la seule vérité», je crois qu’il est essentiel de lire des ouvrages comme ceux-ci qui osent dire les vraies affaires.
Un récit magnifique, bouleversant, touchant, qui amène à réfléchir. La présence du texte en innu dans le livre, côte à côte avec la traduction française, nous rappelle tout au long du récit à quel point les deux cultures avaient (ont?) de la difficulté à coexister. Je porterai ce récit dans mon coeur encore longtemps.
une allégorie alarmante pour le québec des années 60s, an antane kapesh a écrit une pièce intrépide et très importante pour la conscience québecoise. c'est la révision de l'histoire du québec du point des autochtones, la littérature innue qui manquait terriblement à l'histoire de ces terres.
kapesh illustre très clairement la manière insidieuse des européens, les ancêtres de la nation québecoise, dont ils ont arraché, violenté, oppressé les peuples autochtones par toutes les moyens possibles- depuis leurs arrivées sur le continent jusqu'à ce jour même. encore et encore, kapesh souligne comment les européens ont incapacités les autochtones, les ont rendu dépendants d'eux pour exercer leur violence coloniale (et les européens utilisent aussi les réactions des autochtones envers le système pour pousser encore plus loin les croyances racistes contre eux). toutes les facettes sont touchés par cette assimilation, cette tentative ardue d'éradication: les terres, la culture, les croyances, l'éducation (avec les horreurs des écoles résidentielles forcées abusives)!!! tous les systèmes, même si tu survivais comme personne autochtone, étaient là, prêts à les échouer en médecine, en éducation, partout.
"qu'as-tu fait de mon pays?" est une pièce très hardi, très explicite - je suis sûre qu'elle a choqué l'imaginaire québecois puisque cela était du jamais-vu auparavant. cette refonte de l'histoire sous la forme de fiction a fait des vagues, j'en suis certaine. dans ce temps-là, l'histoire autochtone n'était pas raconté ou bien, dans une petite mention que personne ne portait attention. j'étais vraiment agréablement surprise de voir que le texte innue a été conservé dans la version française, de plus. le chapitre cinq est le morceau essentielle et critique. elle contient une véritable colère, la promesse d'une croisade sociale contre l'arrogance des blancs. kapesh affirme la résistance autochtone persistera malgré des siècles d'oppression, qu'ils vont avoir leur paix et leurs réparations générationelles (parce que les dommages sont encore vécues aujourd'hui). kapesh dit: "c'est la fin de la discrimination autochtone; nous regagnont notre pays, notre culture, notre langue".
audacieux dans les années 60s, aujourd'hui c'est rafraîchissant comme de l'eau glaciale sur la peau du visage sans préavis: un bon rappel de nos fautes à corriger en tant que peuple québecois.
Un conte philosophique qui raconte la colonisation à travers un enfant qui se voit enlevé son territoire et forcé à intégrer la vie des colons (Polichinelles dans le conte) qui profitent de sa bonté pour tout lui prendre.
Très premier degré durant tout le récit (ce n'est pas un récit allégorique), j'ai toutefois été très surpris par la force de la dernière partie, véritable programme politique du futur qui interroge ce que les Blancs doivent aux Premières Nations, qu'est-ce qu'ils leurs devront, comment une co-habitation pourra se faire. Sans prendre de pincette, cette partie est crue et directe et frappe, je crois, droit au but.
D'une plume légère et avec innocence, An Antane Kapesh se réapproprie le discours colonial. Porté par le regard d'un enfant, ce conte philosophique parle de violence culturelle avec douceur et esprit. Ma lecture convoquait des élans du "Le Petit Prince" et je crois que ce compliment ne nécessite aucun plaidoyer. "Pour réussir à saisir le sens de leurs paroles, ils gesticulent en même temps, et chacun tente d'enseigner sa langue à l'autre" (p. 29)
C'est un conte qui nous fait réfléchir. Nous pouvons voir le colonialisme sous le point de vue autochtone, chose qui n'avait jamais été rellement faite avant le récit d'An Antane Kapesh.
Un conte tout à fait poignant. L'auteure, An Antane Kapesh, a réussit tout un exploit.
Bien qu'il soit douloureux, enrageant et déstabilisant à lire, cela reste une œuvre d'art. Racontant le dépaysement, la colonisation des Premières Nations du Canada de façon naïf - comme Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry -, on prends conscience de l'ampleur de la colonisation et de l'injustice de la situation.
De plus, le fait que le texte soit à la fois écrit en innue et traduit en français est d'une beauté absolue. On ressend un énorme respect de la part de la traductrice Josée Mailhot.
Magnifique fable, très bien écrite. La métaphore du petit garçon illustre bien la réalité autochtone et les difficultés associées depuis la colonisation. J'ai bien aimé la juxtaposition de la version originale en innu et de la version traduite en français qui, sans la comprendre, nous permet de voir la richesse de cette langue
Un récit qui rend compte de façon simplifiée mais très percutante de la dépossession qu'ont vécue les Autochtones lors de la colonialisation et des conséquences toujours actuelles des actes du passé. Une lecture qui devrait être obligatoire dans le cursus scolaire, car très éclairante et sans détour.
Excellent conte philosophique. Le fait qu'on voit les effets pervers de la colonisation à travers les yeux d'un enfant Innu est encore plus déstabilisant. Honte, humiliation et tristesse nous parcours au fur et à mesure de la lecture. Se lit en moins d'une heure.
« La première fois que tu es venu ici, qu'est-ce que tu as apporté? As-tu apporté ta richesse? Non, n'est-ce pas ? Comme je t'ai vu, moi, tu n'as rien apporté d'autre que du gruau et des bajoues de cochon. Pour quelle raison es-tu venu ici sans être invité? C'est toi qui avais besoin de moi, n'est-ce pas? Encore là, tu voulais dissimuler et mentir. C'est pourquoi tu ne m'as parlé de rien à ton arrivée. Tu as préféré me voler, rien que pour pouvoir t'appeler QUÉBÉCOIS. Crois-tu pouvoir me leurrer? Même si, jusqu'à la fin des temps, tu ne fermes jamais le bec et que tu continues à crier partout, à la radio et à la télévision, que tu te nommes QUÉBÉCOIS, jamais je ne t'écouterai et jamais je ne te croirai. Après ton arrivée, si tu m'as forcé à être ton concitoyen, si tu as voulu te mêler à moi et si tu as changé mon nom, c'est uniquement pour qu'il n'y ait que ton nom à toi qu'on entende partout, indéfiniment. »
Une fois de plus, An Antane Kapesh a su dépeindre simplement, mais brutalement, les gestes et les actions grotesques qu’ont commis les Blancs envers les gens des Premières Nations. Les multiples conséquences provoquées par l’arrivée des Blancs se font ressentir à travers le développement, ou devrais-je dire la dégradation, du personnage principal. Le fait que l’histoire racontée soit celle d’un enfant reflète encore plus la vulnérabilité de l’assimilation vécue par les premiers occupants de notre territoire. Le dernier chapitre du roman m’est rentré dedans, car ce sont les paroles, oui d’un mineur, mais qui résonnent encore, en 2022, quand il est question d’aborder les droits et les crimes odieux commis envers ces individus des Premières Nations.
Une "fable" ressemblant au récit du Petit Prince nous racontant la venue des Blancs dans les sociétés autochtones, l'impact de celle-ci vu par les nations autochtones. Les propos sont justes (et peuvent sembler durs), mais sont présentés dans un style qui permet de réfléchir sans moraliser. Très court, ce récit vaut la peine d'être lu par une multitude de gens, sensibles ou non au vécu des premières nations. La présence du texte original en innu nous unit au peuple innu qu'on a envie de découvrir.
En plus d'être une mère, An Antane Kapesh a été une militante et la première auteure Innue. Écrit en innu-aimun d'un côté et traduit en français de l'autre, Qu'as-tu fait de mon pays est sa deuxième publication et c'est sous forme de conte qu'elle décrit la dépossession qui a fait tant souffrir sa nation et les autres peuples autochtones.
Une lecture nécessaire qui m'a remis en mémoire l'expression un secret de polichinelle.
Ce roman, qui seconde (je suis une maudite sauvagesse), s’inscrit dans le même ordre d’idées. Dénoncer le colonialisme. L’autrice nous l’illustre bien en nous racontant l’histoire d’un enfant qui a tout appris de son grand-père. Lorsque celui-ci décède, l’enfant est confronté aux colons blancs qui sont venus tout assimiler (langue, culture, territoire). Les mots de l’autrice sont crus et poignants.
Une très belle œuvre d'autant plus touchante par sa simplicité. L'enfant entreprend un voyage à travers la mémoire et l'histoire qui illustre de manière poignante l'horreur insensée qu'ont vécu les autochtones au Québec. Le fait de voir tout ça en très peu de temps et de la perspective d'un enfant apporte beaucoup à l'oeuvre.
J'ai ADORÉ ! C'était raconté sous forme de légende, de conte. Ça m'a un peu fait pensé au Petit Prince, mais en racontant la colonisation et l'acculturation des Premières Nations (dans ce livre ; d'un enfant innu). J'ai pleuré! C'est incroyablement bien écrit et je pense que c'est LE meilleur livre niveau information sur le sujet et leur situation que j'ai lu. 9/10
Petit conte philosophique sur l’appropriation du territoire par les blancs (ici désigné par Polichinelle par la traductrice) vu par les yeux d’un enfant. Un peu à la manière du petit prince. Ce conte pourrait être dans le cursus au primaire.
Simple sans être simpliste Pas forcément l'allégorie subtile, mais définitivement efficace Très puissant par sa manière de remettre en question les discours dominants : « Tu as préféré me voler, rien que pour pouvoir t'appeler QUÉBÉCOIS. »
C'est un roman qui devrait obligatoirement être lu au secondaire quand on parle des colonisateurs. La fin punch énormément avec cette adresse au tu. Excellent récit philosophique sur nos ancêtres. À lire absolument.
Un petit livre avec une énorme histoire. Un grand-père enseigne à son fiston comment vivre sur la terre, de la terre mais un jour les Polichinelles arrivent et tout change. Une page en innu, une page en français. Très émouvant.
je me sens chanceuse de pouvoir lire ces lignes. je suis fâchée qu'elles soient basées sur la réalité. Comment mieux avancer sans oublier les violences organisées par l'état? Je crois que cet écrit est nécessaire pour répondre.
First book read in my Introduction à la littérature québécoise course here in Montréal. Folk tale-like, short but definitely gets the point across. Interesting two-language format. Wish I understood the author’s notice language to compare.