« Il vient un moment où il faut cesser de raconter des conneries. Je crois qu’il faut dire la vérité lorsqu’on écrit des livres, même si celle-ci est coulante, risque de nous humilier. Même si nous préférerions que ces vérités soient des mensonges, il faut pourtant raconter, décrire dans le plus grand détail les envies de mourir, de tuer, ou les deux à la fois. »
Avec Les entailles, Marie-Élaine Guay arpente les dangereuses faiblesses des systèmes qui avalent et recrachent les individus touchés par les troubles de santé mentale et les maladies dégénératives. Elle expose aussi son rapport à la filiation, au vieillissement et à la mort dans ce livre poignant formé de secousses et de souvenirs criants.
Les entailles, c’est une lecture poignante, nécessaire. L’autrice nous plonge dans diverses époques de sa vie. Elle s’ouvre sur la complexité de sa relation avec sa mère, élabore sur le manque d’amour et la souffrance qui en a découlé. Elle nous raconte son père, atteint d’alzheimer. Elle nous expose les ravages de la maladie, les failles inacceptables du système de santé. Elle aborde aussi la maladie mentale et les multiples visites qu’elle a dû faire en pédopsychiatrie. Il y a beaucoup de vulnérabilité, de courage entre ces pages. Ses mots sont saisissants, renversants. Ils ouvrent la porte à une longue réflexion. C’est un livre qui va m’habiter longtemps. Plusieurs passages ont résonné fort en moi. ♥️
« On a déjà dit de moi que je suis une catastrophe. J’ai de la difficulté, encore à ce jour, à entretenir des relations à long terme, ainsi qu’une tendance à abandonner les gens avant — je présume— qu’ils ne le fassent. »
Je suis secouée. J'ai dévoré ce livre, où plutôt, il m'a dévorée. Mon coup de coeur de l'année. Une écriture juste et puissante. Une lecture nécessaire lorsque l'on se soucie de nos ainés, des maladies dégénératives et de la santé mentale. J'ai pleuré. Je revisiterai ce roman sans aucun doute un jour.
Lu d'une traite, la journée de Noël, en prenant des pauses à chaque quatre-à-six-pages pour mieux accuser l'intensité du propos. Lire ce récit est comme cohabiter avec un fantôme pendant quelques heures.
Annoncé sous l'étiquette vague de prose, Les entailles est un récit autobiographique courageux, douloureux - j'imagine encore plus à écrire qu'à recevoir - où même dans la noirceur la plus glauque, la lumière refuse de mourrir. On n'est pas ici dans quelque chose de confortable où même de divertissant au sens propre du terme. Les mots saignent sur les pages comme si l'autrice avait eu besoin d'extirper un poison qui lui parcourait déjà les veines. Les entailles n'est pas un récit pour se détendre, c'est un récit pour Comprendre avec un grand C.
Parce que oui, lire Les entailles en 2025 (ou même le trouver) découle de la curiosité et du désir de mieux comprendre, Marie-Élaine Guay, aujourd'hui une personnalité publique militante radicale infatigable dont l'applomb et les méthodes ne font pas toujours l'unanimité. À la lecture du récit, je ne peux que mieux comprendre ce choix de dédier sa vie à l'affrontement. De vouloir prendre responsabilité d'un bien-être collectif qu'on lui a constamment refusé aux moments charnières de sa vie. C'était un dénouement inévitable pour rester en vie. Le seul chemin vers la lumière que je mentionnais plus haut. Si tous les gens se confiaient avec autant d'abandon, on aurait plus de contexte et moins de chicane non-nécessaire.
Je ressens un grand malaise à affubler d'une note un récit aussi intime et douloureux, mais je lui décerne quand même cinq étoiles parce que j'estime que tout le monde qui s'y sent appelé pourrait en bénéficier. La prose est claire, directe. Une confession dans l'urgence. Elle parlera à tout le monde qui veut l'entendre. Je vous laisse sur quelques mots dans lesquels j'ai vu mon reflet:
« Je cohabite avec cette colère qui pulse en moi. Elle se manifeste pernicieusement dans les moments heureux. Elle me tient en vie. »
Criant de vérité, j'ai déjà hâte de lire son prochain livre ! Les extraits de dossier psychiatrique parlent d'eux-mêmes, ces passages sont vraiment marquants.
Les entailles est une lecture bouleversante. Marie-Élaine fait preuve d'une telle ouverture, ça prend beaucoup de courage pour se montrer aussi vulnérable, et j'admire beaucoup ça. C'est bien écrit, et terriblement humain. Je vais prendre quelques jours avant de commencer une autre lecture je crois, pour que toutes ces émotions se déposent bien en moi. Vraiment, une lecture qui remue bien des choses.
« J’aurais déposé une couverture lourde et chaude sur tes épaules. Je t'aurais tendu un fusil, je t'aurais tenu la main, le bruit m'aurait fait sursauter pour une dernière fois. J'aurais pris l'arme, je l'aurais appuyée fermement sous mon menton - sous la pointe de l'os en forme de V -, toujours ta main dans la mienne, j'aurais appuyé sur la gâchette pour t'accompagner là d'où personne ne revient.
« À mesure que ces évènements tissent mes souvenirs d'enfance, j'en conclus que l'amour parent-enfant - tel que je l'observe à la télévision, dans les films et dans mon entourage - ne me sera pas attribué. J'en conclus que l'amour auquel j'ai droit est manipulateur, dur et rarement mutuel. »
Entrecoupé d’épisodes de son enfance, l’autrice nous raconte les derniers jours de son père, atteint de l’alzheimer. Alternant entre la maladie de son père et mes troubles mentaux dans sa famille, elle nous illustre les faiblesses du système qui avale et recrache les individus touchés. C’est un livre qui est magnifique à lire et que j’ai dévoré dans la même soirée alors que je ne devais qu’en lire quelques pages avant de dormir. L’écriture de Marie-Elaine Guay est poétique, j’aurais envie de vous citer le livre en entier mais je vous partage deux passages que j’ai aimé et qui, je le souhaite, vous donneront envie de le lire: . « L’abandon de la mère est d’autant plus violent que la chaleur qu’elle seule arrivait à produire laisse place à une ombre glaciale, particulièrement si le père s’en est déjà allé longtemps auparavant. » . « La violence institutionnelle gâte toute possibilité de réconciliation entre le citoyen et l’ensemble des politiques qui le négligent. »
Un livre court, mais dur. Une lecture importante, surtout avec la crise sanitaire que l'on vient de vivre et les révélations (pas surprenantes) quant aux conditions dans les CHSLD. En abordant la maladie de son père et les troubles de sa mère (en plus de ses propres troubles), Marie-Élaine Guay critique notre système qui déhumanise les personnes atteintes de maladies dégénératives et/ou de troubles de santé mentale.
« Puisque nous ne sommes pas riches, il te faut un miracle. Tu as payé des taxes toute ta vie, tu as remis tes impôts à temps. Même malade, tu reste un citoyen modèle. Tu as travaillé fort physiquement et tu t'es éduqué du mieux que tu pouvais. Au fil des années qui constituent ta vie, tu n'as enfreint la loi que par maladresse. Il est faux de dire que nous sommes tous égaux face à la mort. Le système ne t'offre que l'expérience de base, celle qui assure que tu seras logé et nourri sans décorum, protégé des intempéries, lavé rapidement une fois par semaine, déplacé à même ton lit pour éviter que des plaies ne se forment. Tu seras cette agonie silencieuse à la merci d'un protocole, une peau parmi tant d'autres dans ce système de santé qui avale et recrache sans amour ses sujets. Le départ que tu méritais, nous n'avons pas pu te l'offrir. »
Un livre qui se dévore malgré la dureté et la douleur qu'on ressent en découvrant l'enfance, les souvenirs et les épreuves traversées par l'autrice. Une mise à nue bouleversante, puissante, très très "raw" avec beaucoup d'honnêteté même quand ça fait mal. Beaucoup aimé l'écriture brute mais fluide de Marie-Élaine Guay et j'ai juste envie de lui souhaiter beaucoup de douceur.
Que dire? À lire absolument. Un récit cru mais vrai qui nous fait réfléchir sur la maladie, sur l'amour et finalement sur la mort. C'est un livre ouvert sur le passé de l'auteur qui nous plonge autant dans un attachement qu'un détachement familial. J'y ressens invraisemblement le poids du temps. J'en reste ébranlé.
« Elle me demande si je suis aux femmes, coudonc, pour faire cette face-là. Je lui dis que je suis pour les femmes, mais pas aux femmes. Je repense souvent à cette phrase crachée instinctivement du haut de mes douze ans. » p.76
I’m in shocked 😳her life is hard. Her emotions is deep and I cannot be able to understand everything about their feelings but I lived a lot emotions during my reading 📖
Je recommande fortement ce livre. Tellement bien écrit, touchant, portant sur un sujet difficile et si important, la maladie. Merci Marie-Élaine pour ton partage et ta vulnérabilité, j’ai tout aimé!