Contre les chrétiens est un des rares textes antiques hostiles au christianisme qui nous soit parvenu. Écrit en 178, durant le règne de Marc-Aurèle, alors que la communauté chrétienne, malgré les persécutions, gagne en importance, il fait le constat des incompatibilités fondamentales du christianisme et de la pensée païenne.
La création du monde en sept jours, le péché originel, l'obstination des chrétiens à considérer un crucifié comme le fils de Dieu : pour Celse comme pour la majorité de ses contemporains, autant d'extravagances dont il semble incompréhensible qu'elles amènent des foules à braver le martyre.
Celse est un lettré ; c'est un homme cultivé, tolérant. Mais il est effrayé par le sectarisme et l'intransigeance des tenants de cette religion nouvelle, que ni le raisonnement, ni la menace, n'empêcheront finalement de conquérir l'Empire.
Aulus Cornelius Celsus (ca 25 BC—ca 50) was a Roman encyclopaedist, known for his extant medical work, De Medicina, which is believed to be the only surviving section of a much larger encyclopedia. The De Medicina is a primary source on diet, pharmacy, surgery and related fields, and it is one of the best sources concerning medical knowledge in the Roman world. The lost portions of his encyclopedia likely included volumes on agriculture, law, rhetoric, and military arts.
Ce petit pamphlet de 178 ap. JC n’est connu que grâce à la très longue réfutation qu’en donna Origène quelques décennies plus tard. Il attaque la nouvelle religion chrétienne qui se répand alors dans l’Empire sous plusieurs angles qui seront repris au cours des siècles suivants : 1/ sa doctrine est absurde, remplie de contradictions et de contes ridicules ; de ce fait 2/ il n’est pas étonnant que ses prédicateurs visent avant tout les couches les plus basses et les plus ignorantes de la société ; 3/ les hommes cultivés ne peuvent que reconnaître que les rares fragments de sagesse présents dans la doctrine chrétienne ne sont que des répétitions maladroites de préceptes mieux élaborés par les philosophes qui les ont précédés, qu’il s’agisse notamment d’Héraclite ou de Platon ; 4/ le fanatisme et l’intolérance des chrétiens sont des menaces pour la stabilité de l’empire, et l’auteur les appelle donc à modérer leur rejet des autres religions pour accepter la diversité des fois et la primauté de l’ordre public. Celse expose ainsi l’irréconciliable étrangeté des sectes chrétienne par rapport au monde mental et civique gréco-romain : la raison avant la foi, la cité avant le salut. Ce livre serait d’une richesse encore plus grande s’il était accompagné d’un appareil critique digne de ce nom. A la fin du IIe siècle, l’orthodoxie chrétienne est en effet loin d’être établie et bien des remarques de Celse s’adressent de fait à des courants dualistes qui ont disparu depuis longtemps. Un travail d’édition important reste donc à effectuer, peut-être en mettant ce texte en regard de celui de Julien près de deux siècles plus tard.