Sextus Empiricus (ca. 160–210 CE), exponent of scepticism and critic of the Dogmatists, was a Greek physician and philosopher, pupil and successor of the medical sceptic Herodotus (not the historian) of Tarsus. He probably lived for years in Rome and possibly also in Alexandria and Athens. His three surviving works are 'Outlines of Pyrrhonism' (three books on the practical and ethical scepticism of Pyrrho of Elis, ca. 360–275 BCE, as developed later, presenting also a case against the Dogmatists); 'Against the Dogmatists' (five books dealing with the Logicians, the Physicists, and the Ethicists); and 'Against the Professors' (six Grammarians, Rhetors, Geometers, Arithmeticians, Astrologers, and Musicians). These two latter works might be called a general criticism of professors of all arts and sciences. Sextus's work is a valuable source for the history of thought especially because of his development and formulation of former sceptic doctrines.
The Loeb Classical Library edition of Sextus Empiricus is in four volumes.
Ancient Mediterranean physician and philosopher. His philosophical work is the most complete surviving account of ancient Greek and Roman skepticism.
In his medical work, tradition maintains that he belonged to the "empiric school", as reflected by his name. However, at least twice in his writings, Sextus seems to place himself closer to the "methodic school", as his philosophical views imply.
Cet ouvrage de Sextus Empiricus, médecin du deuxième siècle de notre ère et compilateur de la doctrine sceptiques, fait suite aux Esquisses Pyrrhoniennes. Il s’agit ici de décliner les principes généraux abordés dans le premier ouvrage à des sciences particulières, pour en contester le fondement si celui-ci n’est pas assez solidement établi. Pour rappel, les sceptiques avaient pour principe de n’admettre pour vrai que leurs sensations, mais de se défier des séductions enjôleuses des raisonnements captieux, toujours prêts à séduire ceux qui s’en laissent timidement imposer par une longue barbe et un air fâché. En fait de morale, ils se bornaient à suivre les usages, et à rejeter toutes les innovations métaphysiques des philosophes dogmatiques, et autres têtes échauffées par l’enthousiasme. Contre la raison raisonneuse des faiseurs de système, les sceptiques retournent la même arme : de mêmes raisons également convaincantes (ou plutôt non convaincantes), mais construites avec un esprit d’acribie et de chicane poussé à l’extrême, au point d’épuiser la patience des plus fanatiques.
Le premier traité attaque la grammaire : non pas, ce qu’indique l’étymologie, l’étude des lettres, laquelle est immensément nécessaire, mais la grammaire raisonneuse qui, comme raillait Plutarque, se demande si c’est le premier ou le deuxième lambda qui disparaît au futur. Sextus est visiblement excédé par la superbe des grammairiens qui non content de juger la corrections des expressions employées par les plus grands auteurs, se permettent de faire enrager leurs semblables en prétextant là un barbarisme, là un solécisme, pour troubler leurs adversaires quand ils sont mis en difficulté. Mais d’où vient leur prétendue science en la matière ? Entre l’usage et la règle, c’est évidemment l’usage qui l’emporte pour Sextus, sous peine de devoir affronter de pénibles contradictions. Et voilà réduite en poudre la belle science grammaticale et orthographique.
Vient ensuite le tour des géomètres, qui narguent tout le monde avec leurs cercles, leurs points, leurs droites et leurs théorèmes. D’où leur vient leur fatuité, leur morgue, leur certitude ? Sextus dirige son attaque droit contre les fondements bancals et gratuits de leur système : qu’est ce qu’un point sans dimensions ? Comment une ligne peut-elle être faite de ces points sans dimensions ? Un plan d’un ensemble de ces lignes. Ces remarques pourraient paraître oiseuses et extravagantes à qui verrait de loin ce jeu de massacre, mais elles sont loin de l’être, et il a fallu des siècles pour éclaircir (si tant est qu’on y soit parvenu) les objections soulevés par les sceptiques sur ces questions.
On ne s’étonnera pas de voir également brocardés les astrologues, interpréteurs de rêves, et autres faiseurs de boniments. La Rhétorique en prend également pour son grade, avec des arguments bien connus et développés depuis Platon. Mais on verra aussi les musiciens se faire égratigner. Non pas ceux qui pratiquent un instrument, mais les prétendus faiseurs de système qui prétendent faire une science définitive de cet art éternel, réduite pauvrement à des règles, axiomes, et autres théorèmes. Au final, même si le côté systématique des attaques peut sembler exagéré, et peut-être même lassant, il n’en reste pas moins que Sextus atteint son objectif : faire pâlir l’étoile de la respectabilité de la science et de la raison, qui finit par nous endormir dans la nuit de la foi et de l’habitude, pour y substituer l’aube plus juste et plus précieuse de la prudence et de l’examen personnel.
Encore une fois, cette édition bilingue bénéficie d’un bon appareil critique, d’une introduction, d’un glossaire philosophique et d’une bibliographie qui en font un ouvrage utile, et dont tout helléniste tirera profit. J'ai presque provoqué un petit scandale en lisant ce livre dans une terrasse de café, des personnes exerçant le plus beau métier du monde s'étant alarmées de voir leur profession vouée aux gémonies dans ce titre provocateur. Je les aies bien sûr rassurées, en leur faisant sentir combien vaines étaient leurs craintes.
This volume of Sextus attacks the geometers and the arithmeticians among others. Predictably he attacks geometry at its weak point, the hypotheses and the undefined terms. How can you have points that don't take up any space, how can lines be made up of points? If the hypotheses are arbitrary, or even unsound, why should anything that follows from them be considered true? Etc. The attack on number seems to be more of an attack on the abstract form of number, a critique that applies to any abstract idea. It is possible I think to reply to him today, but it took a long time and back then I don't think anyone had a good reply to the mathematical skeptic. Developing Hilbert style implicit-definition and Peano's Postulates for natural number did not happen overnight, but it did happen.
"For the skeptical attitude does not lead to despair but to tranquility."
"Since there is no certainty in any one of these, we should suspend judgment about all of them."
This is an essential text for anyone exploring ancient skepticism and philosophy. Although this work may not appeal to those seeking light reading, it’s an invaluable resource for students of ancient history, philosophy, and especially Pyrrhonism. Sextus Empiricus challenges dogmatic claims to knowledge, urging readers to suspend judgment and embrace intellectual humility.
What I appreciate most about this book is its depth of argumentation. Sextus systematically critiques the dogmatic philosophers of his time, questioning the certainty of their knowledge and exposing the limitations of human reasoning. The text is dense at times, but it offers a comprehensive look into the skeptical philosophy that remains influential even today. His core message—that tranquility comes from withholding judgment and acknowledging the uncertainty of life—is something I find personally resonant.
Though this book is certainly more academic than enjoyable in a casual sense, it is a must-read for anyone seriously studying ancient skepticism. The ideas presented challenge assumptions about knowledge and certainty, pushing the reader to think critically and engage with complex philosophical questions. Sextus' approach is deeply thought-provoking and, though it might not offer comfort in traditional ways, it provides peace by encouraging detachment from the stress of certainties.
Overall, Against the Professors is an excellent read for scholars or those with a genuine interest in ancient philosophical systems. It’s an intellectually stimulating text that I’ll be revisiting in the future as I continue to unpack its complex ideas. If you're looking for a book that forces you to question everything, this is it!
The Loeb Classical Library is a wonderful source for original works. As with all of the Loeb Library series books, I enjoy having the side by side gloss of the English alongside the original language, the Greek in this case.
In this volume, we are treated to a fine dose of skepticism, one of the four great philosophical schools of late antiquity following from the classical period which included the Epicureans, the Cynics and of course, the Stoics.