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Traduction et violence
Alors que la traduction assistée par ordinateur est sur le point de provoquer une mutation majeure dans nos façons de communiquer et dans notre relation aux langues, cet essai veut renouveler la pensée de la traduction. La sortir de l'éloge ou du consensus implique de ne plus voir en elle le seul espace de la rencontre heureuse entre les cultures mais de la comprendre comme une opération ambiguë, complexe, parfois négative. Tiphaine Samoyault étudie les histoires de violence dans lesquelles la traduction a pu jouer un rôle (la domination coloniale, les camps d'extermination, les sociétés d'apartheid, les régimes totalitaires), ainsi que des cas littéraires qui illustrent les violences propres à l'espace du traduire. Mais parce que la traduction a aussi à voir avec la justice et la justesse, avec l'imprévisibilité de la rencontre et les transformations dans l'espace et le temps, la séparation qu'elle entraîne peut s'inverser en réparation de la violence commise. Au-delà de la question de la traduction, ce livre s'adresse à toutes celles et à tous ceux qu'intéressent les dialogues entre les cultures, les littératures et les langues, et la possibilité politique de faire des mondes communs.
- GenresNonfictionFrance
197 pages, Kindle Edition
Published March 12, 2020
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Community Reviews
Displaying 1 - 4 of 4 reviews
April 28, 2026
Essai pas mauvais en soi mais je suis fatiguée que la théorie littéraire (sous toutes ses formes) propose des titres toujours plus rhétoriques qui ne correspondent EN RIEN au contenu du livre
Pardonnez-moi du peu, mais dans un essai intitulé "Traduction et violence", paru qui plus est au XXIe siècle, je ne pense pas qu'il semble trop délirant de consacrer au moins UN chapitre à la question décoloniale / postcoloniale, ou bien UN chapitre à l'écriture féminine (comme cela est suggéré au début de la partie 9 sans que cela soit abouti) par exemple, entre autres choses.
L'autrice martèle elle-même à tout bout de champ dans l'ouvrage que "la traduction a des enjeux politiques et non éthiques", ce qui n'est concrètement démontré à aucun moment. Pourtant, je pense que la réserve d'oeuvres traduites est largement suffisante pour sortir de notre européocentrisme et cesser de ne proposer comme cas d'étude d'expérience limite la question de l'Holocauste (seul exemple concret qui fait l'objet d'un semblant de réflexion dans un chapitre à part).
Tandis que la proposition promettait de traiter à bras le corps des problèmes relativement importants dans un contexte où l'appropriation culturelle fait de plus en plus débat, le projet n'aboutit en réalité qu'à un essai de traductologie tout ce qu'il y a de plus classique, nourri des mêmes références rabrouées en permanence (je ne compte plus les mentions de "La tâche du traducteur" de Benjamin, de L'épreuve de l'étranger de Berman ou bien des nombreux ouvrages de Meschonnic, mais vous pouvez vous amuser à faire un bingo).
Certains chapitres tournent complètement à vide et semblent reposer davantage sur une sorte de logorrhée pseudo-poétique, au détriment de toute recherche démonstrative.
Lecture qui fera l'objet d'un compte-rendu critique pour la validation d'un cours de traducto mais qui clairement n'a pas révolutionné ma vision de la traduction (comme le cours lui-même d'ailleurs)
Pardonnez-moi du peu, mais dans un essai intitulé "Traduction et violence", paru qui plus est au XXIe siècle, je ne pense pas qu'il semble trop délirant de consacrer au moins UN chapitre à la question décoloniale / postcoloniale, ou bien UN chapitre à l'écriture féminine (comme cela est suggéré au début de la partie 9 sans que cela soit abouti) par exemple, entre autres choses.
L'autrice martèle elle-même à tout bout de champ dans l'ouvrage que "la traduction a des enjeux politiques et non éthiques", ce qui n'est concrètement démontré à aucun moment. Pourtant, je pense que la réserve d'oeuvres traduites est largement suffisante pour sortir de notre européocentrisme et cesser de ne proposer comme cas d'étude d'expérience limite la question de l'Holocauste (seul exemple concret qui fait l'objet d'un semblant de réflexion dans un chapitre à part).
Tandis que la proposition promettait de traiter à bras le corps des problèmes relativement importants dans un contexte où l'appropriation culturelle fait de plus en plus débat, le projet n'aboutit en réalité qu'à un essai de traductologie tout ce qu'il y a de plus classique, nourri des mêmes références rabrouées en permanence (je ne compte plus les mentions de "La tâche du traducteur" de Benjamin, de L'épreuve de l'étranger de Berman ou bien des nombreux ouvrages de Meschonnic, mais vous pouvez vous amuser à faire un bingo).
Certains chapitres tournent complètement à vide et semblent reposer davantage sur une sorte de logorrhée pseudo-poétique, au détriment de toute recherche démonstrative.
Lecture qui fera l'objet d'un compte-rendu critique pour la validation d'un cours de traducto mais qui clairement n'a pas révolutionné ma vision de la traduction (comme le cours lui-même d'ailleurs)
April 11, 2024
La traduction déracine.
Les mots sont une monnaie vivante, qui transite sans cesse entre les langues, les cultures, les idées. Ils circulent, s'échangent et pourtant ils n'appartiennent à personne ; c'est à la fois la force et la faiblesse de cette langue tiers. Cette transmission orale et écrite, nous la jetons aux quatre vents, au gré des flux migratoires, puis ces mots, ces œuvres littéraires sont repris par d'autres. Le tout formant une mémoire collective d'enracinement-déracinement, reflet d'un conflit perpétuel interne entre le texte original créateur et la traduction procréateur.
Cet essai dévoile et analyse avec un équilibre parfait les aspects positifs et négatifs de la traduction, allant de sa genèse à ses antagonismes historiques, jusqu'aux problématiques actuelles. Un livre à lire et relire pour comprendre tous les enjeux et les violences régissant et sous-tendant toujours la guerre des langues... Car "la traduction nous rappelle que nous n'avons pas d'autorité sur les mots ou que cette autorité est fragile, que nous sommes toujours dans les mots des autres".
Les mots sont une monnaie vivante, qui transite sans cesse entre les langues, les cultures, les idées. Ils circulent, s'échangent et pourtant ils n'appartiennent à personne ; c'est à la fois la force et la faiblesse de cette langue tiers. Cette transmission orale et écrite, nous la jetons aux quatre vents, au gré des flux migratoires, puis ces mots, ces œuvres littéraires sont repris par d'autres. Le tout formant une mémoire collective d'enracinement-déracinement, reflet d'un conflit perpétuel interne entre le texte original créateur et la traduction procréateur.
Cet essai dévoile et analyse avec un équilibre parfait les aspects positifs et négatifs de la traduction, allant de sa genèse à ses antagonismes historiques, jusqu'aux problématiques actuelles. Un livre à lire et relire pour comprendre tous les enjeux et les violences régissant et sous-tendant toujours la guerre des langues... Car "la traduction nous rappelle que nous n'avons pas d'autorité sur les mots ou que cette autorité est fragile, que nous sommes toujours dans les mots des autres".
March 5, 2025
3/5.
La motivation première de l'ouvrage m'a intéressée et c'est un livre qu'on m'a beaucoup recommandé.
Sur les grandes lignes, son apport est important. Certains chapitres vont sûrement me servir à l'avenir pour des recherches ou autres.
Sur le fond, je ne suis pas toujours d'accord avec qui est dit, cela reste parfois assez superficiel et surtout les références citées sont très centrées sur quelques aires géographiques comme piochées par-ci par-là. L'autrice est traductrice français-anglais donc cela peut se comprendre mais le livre manque (à mon sens) d'une plus grande ouverture et profondeur d'analyse. Il y a aussi un côté assez rébarbatif à la lecture.
Je dirais que les interviews, conférences données à l'occasion de la publication du livre sont plus didactiques (ce qui est regrettable)...
La motivation première de l'ouvrage m'a intéressée et c'est un livre qu'on m'a beaucoup recommandé.
Sur les grandes lignes, son apport est important. Certains chapitres vont sûrement me servir à l'avenir pour des recherches ou autres.
Sur le fond, je ne suis pas toujours d'accord avec qui est dit, cela reste parfois assez superficiel et surtout les références citées sont très centrées sur quelques aires géographiques comme piochées par-ci par-là. L'autrice est traductrice français-anglais donc cela peut se comprendre mais le livre manque (à mon sens) d'une plus grande ouverture et profondeur d'analyse. Il y a aussi un côté assez rébarbatif à la lecture.
Je dirais que les interviews, conférences données à l'occasion de la publication du livre sont plus didactiques (ce qui est regrettable)...
October 6, 2025
J'attendais beaucoup de cette lecture, et j'ai été très déçue.
J'ai trouvé que c'était pompeux et pas du tout accessible (et pourtant j'ai un triple master en traduction + je lis régulièrement de la traductologie, je ne pense pas être une quiche non plus).
L'autrice balance en permanence des références, mais elle ne les contextualise jamais, elle ne donne aucun exemple. "Machin a montré que X dans son ouvrage Y" et c'est tout. Aucun exemple, aucun argument.
Je trouve que le livre n'apporte en lui même pas grand chose. Il n'a pas de thèse qui lui serait propre, c'est juste une succession de références universitaires auxquelles vous ne comprendrez rien si vous ne les avez pas déjà lues. Il y a quelques réflexions/exemples intéressants mais pas beaucoup, et ils ne sont pas très accessibles car pas du tout expliqués dans le détail.
Bref un bel exemple de l'élitisme universitaire.
J'ai trouvé que c'était pompeux et pas du tout accessible (et pourtant j'ai un triple master en traduction + je lis régulièrement de la traductologie, je ne pense pas être une quiche non plus).
L'autrice balance en permanence des références, mais elle ne les contextualise jamais, elle ne donne aucun exemple. "Machin a montré que X dans son ouvrage Y" et c'est tout. Aucun exemple, aucun argument.
Je trouve que le livre n'apporte en lui même pas grand chose. Il n'a pas de thèse qui lui serait propre, c'est juste une succession de références universitaires auxquelles vous ne comprendrez rien si vous ne les avez pas déjà lues. Il y a quelques réflexions/exemples intéressants mais pas beaucoup, et ils ne sont pas très accessibles car pas du tout expliqués dans le détail.
Bref un bel exemple de l'élitisme universitaire.
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