À la Libération, Céleste a vingt ans. En quelques heures, sa vie bascule dans l’horreur. Elle abandonne tout, choisissant de vivre loin des siens. Son amour pour Alexander, un soldat américain rencontré quelques semaines plus tard, l’entraîne à faire des choix qui ne correspondent pas à ce qu’elle est vraiment : une femme libre et responsable. Peut-elle se résoudre à rester l’épouse soumise qu’on attend d’elle ou, à l’exemple de sa cousine Claire, va-t-elle exiger davantage de la vie ? Par ses décisions et son énergie, Céleste est la digne fille de Perline, rencontrée dans un précédent ouvrage : Perline, Clémence, Lucille, et les autres. Mais l’histoire de Céleste, vingt ans plus tard, est un roman à lui tout seul.
Troisième tome de cette saga historique, « Céleste, la fille de Perline », est la suite de « Le printemps des femmes » et « Le vent souffle où il veut » (le deux premiers volumes sont regroupés chez Pocket sous le titre « Perline, Clémence, Lucille et les autres »).
Ils peuvent tous se lire indépendamment, mais le mieux, quand même est de les dévorer sans modération, les uns après les autres ! Si les premiers romans nous emmènent au cœur de la Première Guerre Mondiale, « Céleste, la fille de Perline » nous embarque à la fin du conflit de 39-45. Nous sommes toujours à Saint-Etienne, ville où je travaille désormais depuis plus de 15 ans, ce qui rajoute une empathie particulière pour cette histoire.
J’ai été ravie de retrouver les personnages et l’ambiance du récit que j’avais tant appréciés lors des précédents lectures. Perline a désormais 46 ans et est devenue la directrice des Filatures et Tissages Fougerolles. Céleste, quant à elle, la vingtaine tout juste, sera complètement traumatisée par un évènement de fin de guerre. Elle décide de partir travailler dans un couvent au Nord de Lyon, afin d’aider les blessés de guerre américains en servant d’interprète. Elle va y rencontrer Alexander, jeune soldat américain de 25 ans. Entre eux, ce sera le coup de foudre. Ils vont se marier avant qu’Alexander, guéri, ne soit contraint de repartir au front.
Céleste va s’installer aux États-Unis dans sa belle famille, pour aider à la reconstruction, dans l’attente de la démobilisation et du retour de son époux. L’entente avec sa belle-mère sera loin d’être harmonieuse, leurs relations devenant vite conflictuelles, accentuées par les différences culturelles et religieuses.
J’ai plongé dans ce roman avec un plaisir assuré. La plume de l’auteure est fluide, elle a un talent indéniable pour nous immerger dans l’Histoire avec un grand H. Professeure d’histoire-géographie, elle maîtrise son sujet à la perfection (normal me direz-vous), mais elle apporte surtout une touche de sensibilité et de poésie, rendant le récit inlâchable. C’est détaillé, passionnant, sans jamais devenir lourd ni ennuyeux. Le lecteur partage pour quelques heures le quotidien de ces femmes souhaitant confirmer et affirmer le rôle chèrement obtenu au fil des deux guerres. Le doigt est judicieusement pointé sur le féminisme, l’indépendance des femmes, l’obtention d’une reconnaissance, ou encore le mariage mixte et la divergence d’éducation et religieuse. Les séquelles de la guerre sont décrites avec finesse, le lecteur souffre en compagnie de ces soldats incapables d’extérioriser leurs peurs et leurs blessures psychologiques (nommé bien plus tard syndrome post-traumatique) ; Alexander est l’une de ces âmes perdues avides de retrouver une vie normale.
Le parallèle de Céleste avec la vie de sa cousine, Claire, est intéressant. Claire est un personnage fort, qui n’a pas froid aux yeux et qui sait quelle direction donner à sa vie. Têtue et déterminée, elle fera tout pour arriver au bout de ses rêves. J’ai ressenti beaucoup d’admiration pour elle. Céleste ne manque pas de combativité, mais elle a toujours agit en arrondissant les angles, avec beaucoup de diplomatie. Voilà un trait de caractère que je ne possède malheureusement pas 😀.
Quant à la fin, elle est juste sublime ! Mais chuuuut 😍.
Une lecture que je vous conseille et qui vous transportera bien loin de notre quotidien morose. Vous y trouverez forcément votre compte, que ce soit historiquement, émotionnellement ou encore à travers les sujets sociétaux développés.
Dans le cadre de mon défi 'En 2024, je vide ma PAL', j'ai lu ce roman sur la proposition de mon amie @nath59_lectures !
Ce roman est dans ma PAL depuis pas mal de temps, mais j'avoue avoir souvent repoussé sa lecture car j'ai déjà lu Cueilleuse de thé, un des précédents romans de l'auteure, et celui-ci m'avait laissé un avis mitigé. Alors que je commençais ma lecture, mon amie @nath59_lectures me dit que c'est le dernier tome d'une saga 🤔Et c'est alors que je me rends compte que ce n'est précisé nulle part et que je n'ai aucune idée des tomes précédents. Malgré tout, cela ne m'a pas empêché de découvrir ce roman et n'a pas perturbé ma lecture même si je pense que les tomes précédents nous permettent de découvrir les secrets de cette famille atypique.
L'auteure nous plonge à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, auprès de femmes qui veulent la liberté et leur émancipation. On vit ici les prémices du féminisme avec des femmes déterminées et courageuses, qui vont s'affranchir pour gagner leur indépendance. Alors que la France se modernise et offre une nouvelle place aux femmes, l'auteure nous montre, à travers l'histoire de Céleste et son mariage qui l'emmène loin de sa famille, le visage fermé de l'Amérique de l'époque où convictions et idéaux sont bien ancrés et ne laissent aucune place au changement. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé ce parallèle fait en suivant l'évolution de Céleste sur le sol américain, et celle de sa cousine Claire sur le sol français. Ce parallèle nous montrant toute la contradiction entre ces 2 pays sur la condition de la femme est très intéressant et passionnant.
Cette histoire de femmes fortes et volontaires m'a beaucoup plu, mais il m'a parfois manqué un peu de développement pour adhérer totalement à leur histoire. Néanmoins, ce roman m'a réconcilié avec la plume de Jeanne-Marie Sauvage-Avit et je ne manquerai pas de découvrir l'histoire de Perline !
4,5* Mais quel plaisir de retrouver la plume de cette autrice. Comme pour Perline ou la Cueilleuse de Thé, je me suis laissée embarquer dès les premières pages, m’attachant presque instantanément aux personnages. Mon seul regret pour cette lecture aura été le nombre de pages, 300 pages c’est court, surtout après les 800 pages de Perline. J’ai eu parfois l’impression que certaines ellipses étaient trop importantes alors qu’il y avait, je pense, de quoi écrire sur le sujet.
Au final, je n’ai pas boudé mon plaisir et j’espère pouvoir retrouver Me Sauvage-Avit pour de nombreux futurs romans.