Janvier 2011. Les journaux sont censurés, les informations se diffusent sur Internet et un murmure parcourt la Tunisie : la rue gronde. Mehdi, un jeune journaliste, tourne en rond dans sa cellule, sans savoir ce qu’il va devenir. La Cellule, elle, sait tout, elle a vu ce que les geôliers ont fait aux autres prisonniers. Dehors, Essia s’inquiète de la disparition de Mehdi, son nouvel amour. Elle part à Sfax, sa ville d’origine, pour tenter de le retrouver. À Tunis, Yacine, le père d’Essia, se rappelle l’indépendance. D’ailleurs, il a mal sous le pied gauche, comme au départ des Francais en 1956. Mehdi est encore le seul à le comprendre : c’est une révolution.
Je fondais de grands espoirs sur la lecture de ce petit roman. Un récit sur la Révolution tunisienne, mis en avant en France dans la sphère littéraire : enfin ! Bien sûr, cela ne fait « que » 10 ans que l’événement a eu lieu et on peut dire que le processus de reconstruction du pays est encore en cours mais puisque celui-ci me passionne, j’avais hâte. Je commence par les points positifs : le lecteur n’est pas épargné des détails de la torture d’une cruauté sans nom subie par les opposants au régime ou tous ceux qui osent élever la voix contre la dictature. (Qui, s’ils n’en sont pas morts, les ont détruit mentalement)... Le style de l’auteur est impeccable. Beau. Net. Il se lit facilement et aide à entrer dans l’histoire aisément. Et puis, la complexité du rapport entre l’ancien colon - la France - et la Tunisie indépendante qui en a découlé ensuite est assez bien décrite à ceux qui ne connaîtraient pas bien les rouages du pays.
Mais, et c’est là que le bât blesse, je trouve que le texte est trop franco-centré, comme si, typiquement, il avait été écrit à destination du public français. Par le choix des sujets, des personnages, de leur point de vue. A l’exception d’un personnage, on est propulsé dans la Tunisie du Nord et des beaux quartiers, très européanisée, qui se parle français parce que ça fait bien (l’un des personnages l’avoue sans peine : sa langue est trop francisée et elle ne parle pas assez bien arabe par rapport à sa grand-mère). Une fois de plus, sauf quelques exceptions bien documentées également, on vit la Révolution sous les yeux de spectateurs - certes, de première loge, mais de simples spectateurs. Et des spectateurs qui, on a le sentiment, ne sont que le miroir des Français de l’autre côté de la Méditerranée, souffrant du complexe d’infériorité qui touche beaucoup d’habitants de pays anciennement colonisés et qui les pousse à vouloir à tout prix rejeter les traditions ou croyances de leur pays pour imiter celles de l’ancien colon, supposément supérieur. Bref, je dirais que c’est un beau récit, qui constitue une première approche pour qui ne connaîtrait pas du tout la Tunisie, mais que si c’est son cas, le lecteur ne doit pas s’en arrêter là sous peine d’avoir une vision tronquée de ce beau pays. Ce serait alors un gâchis.
Ce livre nous propose un sujet intéressant, la révolution tunisienne, à travers différents points de vu. Mais malgré cela, j'ai eu beaucoup de mal avec cette lecture. Ce qui m'a le plus dérangé c'est avant tout le personnage de Essia, elle n'a été écrite que dans son rapport à Mehdi. On retrouve le cliché de la femme amoureuse capable de tout par amour qui s'oppose alors à l'homme engagé pour son pays et qui met ses sentiments amoureux de coté pour privilégier son engagement politique. Je ne suis pas contre un peu de romance mais lorsque à coté il y a autre chose. (et ce, des deux cotés !) De plus, le livre décrit une Tunisie à travers des personnes très francisées : on dirait qu'il a été écrit dans un but touristique avec notamment la description des plats, de la circulation, des quartiers français en vogue,etc.. On a même Essia qui admet qu'elle ne parle pas bien l'arabe et qui ne se sent pas spécialement proche de la religion. A part cela, j'ai aussi trouvé que le style d'écriture sonnait un peu faux, qu'on essayait de le rendre poétique. Cela ne m'a pas forcément dérangé car le livre se lit tout de même assez vite, mais, parfois je me faisais la réflexion. Pour finir, sur une touche positive, je dirais que les scènes de torture étaient bien écrites et nous permettaient de bien visualiser la corruption et la violence du régime.
Bon, je suis vraiment déçu je m’attendais à plus d’informations sur la révolution de jasmin… je trouve que la présence de scène/pensée explicite est trop présente alors que je ne m’attendais pas du tout à ça. De plus je m’attendais vraiment a qu’on explique plus en détail le pourquoi, le comment cette révolution etc… j’ai trouvé que c’était pas assez présent et que la relation Essia/ Mehdi prenait trop le dessus sans grand intérêt.
Je pense que mon avis n’est pas positif car j’avais d’autres attentes mais ce livre pourrait totalement convenir à d’autres personnes.
J’ai ADORÉ. Le contexte historique et politique, la plume, la fluidité et facilité de lecture. Sur tous les points, ce livre m’a donné l’envie de continuer la lecture en été 2022, ce que j’ai fait. Contente d’avoir pu rencontrer l’autrice avant même de lire son livre lol, ça m’avait motivé à le lire et j’ai tout simplement kiffer!!!!
Une bonne surprise : l'auteure nous insuffle sa leçon politique : "Il faut écrire, surgir, poindre. Briller, consteller, éclater. " C'est aussi l'assurance d'une ascension morale. C'est un peu apprendre, le vécu en moins. L'écriture est également sensible et réaliste. À découvrir.
C'était un supplice à lire finalement. La présence ou l'évocation de scènes explicites à chaque page m'a fait souffler le long du livre. La romance entre Mehdi et Essia on dirait n'est basé que sur ça. Essia un personnage qui donne mal à la tête. Tour le livre, son pov porte sur Mehdi, sa vie tourne autour de lui alors qu'ils se connaissent depuis quelques semaines? En plis de cela des personnages trop francisés, on parle quand même d'une histoire qui se déroule en Tunisie pendant la révolution de Jasmin. Je ne sais pas ce que l'autrice a voulu faire mais c'est raté. Au moins elle a bien décrit les scènes de violence ainsi que l'emprise du régime dictateur sur le peuple tunisien. Seul point positif.