« Il s’est trompé, il a appuyé sur la mauvaise touche, pensa aussitôt Ziad. Il ne va pas tarder à redescendre… Il se retint de crier : “Papa, tu fais quoi ? Papa ! Je suis là, je t’attends…” Pourquoi son père tardait il à réapparaître ? Les courroies élastiques de l’ascenseur s’étirèrent encore un peu, imitant de gigantesques chewing gums. Puis une porte s’ouvrit là haut, avec des rires étranges, chargés d’excitation, qu’on étouffait. Il va comprendre son erreur, se répéta Ziad, osant seulement grimper quelques marches, sans parvenir à capter d’autre son que celui des gosses qui jouaient encore dans la cour malgré l’heure tardive, et la voix exaspérée de la gardienne qui criait sur son chat. Son père s’était volatilisé dans les derniers étages de l’immeuble, et ne semblait pas pressé d’en revenir. »
Ziad, 10 ans, ses parents, Anne et Bertrand, la voisine, Muriel, grandissent, chutent, traversent des tempêtes, s’éloignent pour mieux se retrouver. Comme les Indiens, ils se sont laissé surprendre ; comme eux, ils n’ont pas les bonnes armes. Leur imagination saura-t-elle changer le cours des choses ? La ronde vertigineuse d’êtres qui cherchent désespérément la lumière, saisie par l’œil sensible et poétique d’Isabelle Carré.
Comédienne de théâtre et de cinéma, Isabelle Carré poursuit depuis 1987 une carrière d’anti-star discrète au talent toujours plus reconnu. Les rêveurs est son premier roman.
Je suis tombé sur ce roman en regardant l'émission c'est à vous diffusée sur France 5 le 15/09/2020 où la journaliste Anne-Elisabeth Lemoine a invité 2 autrices Isabelle Carré pour son livre 'Du côté des Indiens' et Laure Adler pour 'La voyageuse de nuit'.
L'échange avec Isabelle Carré a éveillé ma curiosité et je me suis lancé dans cette lecture que je trouve finalement assez moyenne et complétement décousue. Ce qu'il y a de positif, c'est le nombre de personnages qu'on pourrait limiter à 4, Ziad le fils de 11 ans, son père Bertrand, sa mère Anne et la maîtresse de Betrand et voisine du 5è, Muriel devenue en quelque sorte une amie ou une grande soeur de Ziad. Ce que je trouve dommage, c'est que l'autrice a abordé une multitude de sujets divers et variés comme des faits divers...Je pense qu'Isabelle Carré est une bonne actrice avec 70 films tournés à succès et que sa carrière d'écrivaine ne fait que débuter...
Le livre est divisé en cinq parties, extrêmement différentes et traitant chacune d'une intrigue séparée. Les personnages évoluent, changent drastiquement, ce qui surprend un peu. Le style est fluide et accrocheur, je l'ai lu d'une traite. Je suis curieuse de lire d'autres textes de cette autrice.
C’est l’actrice que j’aime qui m’a menée à la romancière. Si son écriture sensible lui ressemble, elle s’éparpille aussi malheureusement. C’est un roman polyphonique: 4 personnages narrateurs et l’auteure elle-même qui s’immisce de temps en temps au sein de la fiction, mais, selon moi, sans que ce soit réellement justifié (C’est d’ailleurs plutôt mêlant!). L’histoire débute pourtant de manière accrocheuse: Ziad a 10 ans, il vit au 3ème étage d’un immeuble de Courbevoie, avec ses parents, Anne et Bertrand dont la relation s’étiole et il découvre que son père a une aventure avec Muriel, la voisine du 5ème (une petite rousse comme l’auteure, ancienne actrice devenue scripte). Il décide de monter chez elle pour lui dire ce qu’il pense de l’infidélité de son père et, envers et contre tout, l’enfant et la jeune femme se lient d’amitié dans le plus grand secret. Muriel prend ensuite la parole pour raconter ses débuts dans le cinéma et son désenchantement quand le réalisateur abuse de sa naïveté et puis, c’est au tour de Bertrand de s’épancher et on termine par le récit d’Anne qui, à mon sens, manque de crédibilité, tant elle finit par cumuler les malheurs, fuyant le domicile pour cacher son mal-être, en cherchant des mésaventures sordides dans des endroits louches.
Isabelle Carré affirme dans son second roman « Du côté des indiens » choisir ceux qui subissent, plutôt que les autres, même si elle espère un peu changer le cours des choses.
Isabelle Carré présente la situation de quatre personnages reliés autour de la même période: Ziad, dix ans, attend le retour de son père le soir en écoutant les bruits de l’ascenseur. Un jour, celui-ci monte au dessus de son étage avec son père, Bertrand, à l’intérieur . Il rejoint Muriel. Première faille dans l’admiration de l’enfant pour son parent.
Muriel, objet de cet adultère, présente elle aussi une déchirure dont elle met du temps à dépasser les ravages de la culpabilité. Puis vient le tour de Bertrand. Son malaise est analysé ainsi que ses doutes et la maladie qui le contraint à retrouver pas à pas son autonomie. Laurence, la mère, gère ses addictions jusqu’au moment, où elle arrive à s’en décharger. Tous ces personnages évoluent vers plus d’acceptation, de légèreté, arrivant à mettre de côtés les malaises qui les ont bridées. La suite ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Le premier roman d'Isabelle Carré m'avait plu tout en me laissant en mémoire les défaut d'un premier roman et d'une écriture pas assez aboutie. Mais comme j'apprécie Isabelle Carré je me suis lancée dans son dernier livre, Du côté des Indiens. L'écriture est cette fois bien meilleure mais le récit est une déception. On suit l'histoire de 4 personnages dont les vies s'entremêlent. Ziad, 10 ans, très mûr pour son âge (trop ? ), qui découvre que son père Bertrand ne s'arrête pas à leur étage le soir en rentrant mais 2 étages plus haut, chez Muriel, auprès de qui il a trouvé ce qui manque à sa vie. Anne, la mère de Ziad, est perdue, incohérente et se cherche. On passe d'un personnage à l'autre en évoquant de nombreux thèmes, notamment ce que Muriel a subi, en tant que jeune actrice, d'un réalisateur prédateur. Mais il y a un vrai problème de narration dans ce livre. Les chapitres se suivent sans cohérence, et s'arrêtent alors qu'on approche à peine ce qui rend le personnage intéressant. Sans parler de la fin, qui tombe comme un cheveu sur la soupe, totalement incompréhensible.
Ziad a 10 ans lorsqu'il découvre que son père trompe sa mère avec la voisine du 5ème... un coup de massue sur sa tête qui va nous permettre de plonger dans la vie de ces 4 personnes et de comprendre comment elles en sont arrivées là. Un livre bouleversant et tendre à la fois selon les moments de vie des différents personnages. J'ai beaucoup aimé la douce voix d'Isabelle Carré et la façon dont le roman est structuré. Le twist final est dingue ! En bref : une belle découverte !
J'ai aimé mais, au cours de ma lecture, j'étais partagée. L'auteur aime ses personnages et ça se ressent. Cependant j'ai quelques fois été perdue dans les changements d'histoires alors que c'est ce qui fait le charme du livre. Beaucoup de passages ont atisés ma curiosité et mon imagination, d'autres ne m'ont pas transportés, d'où l'étoile en moins.
Bon... Beaucoup de descriptions, peu d'actions, des aller-retours dans le passé, des "je" qui font référence à des personnages différents que j'ai eu du mal à identifier... Je me suis forcée à le finir pour pas laisser un livre en cours...
Malgré un bon début, la fin laisse à désirer. On traite plusieurs thématiques d'actualité mais qui ne vont pas jusqu'au bout. On peut se perdre facilement dans la lecture car il est parfois difficile d'identifier le personnage.
Le style est fluide, mais on a l’impression d’être dans un exercice pas fini. L’auteur veut être poétique, veut traiter de sujets d’actualité, veut revivre l’histoire avec les points de vue des différents personnages, veut mettre aussi l’autrice en scène. Le tout manque d’un petit quelque chose . Beaucoup d’ambition, peut être trop. Ainsi on passe à côté malgré toutes ces bonnes intentions. Bon courage !
lecture laborieuse. Un peu fourre tout, l'adultère, abus sexuels, crime, recherche d'identité sexuelle. Bref ça part un peu dans tous les sens et j'ai eu du mal à m'attacher aux personnages
J'aurais pu mettre 3.5 étoiles car tout n'est pas mal. Il y a des passages intéressants. Isabelle Carré semble perturbée. J'ai préféré ce roman au précédent Les rêveurs.
Roman à plusieurs voix, des personnages qui doutent, se cherchent et se croisent About me-too, apercevoir le monde d'adulte avec ses yeux d'enfant, trouver sa place dans la famille, ...
Je n'avais jamais lu de livre d'Isabelle Carré et je doute d'avoir envie d'en lire un autre. Qui aime bien châtie bien... Ma note reflète mon plus grand respect pour l'actrice et ma grande perplexité quant à l'autrice. Quel est le propos de ce livre ? Je me suis forcé à aller au bout, espérant en vain une articulation, un dénouement, et n'ai compris qu'il était fini qu'au milieu de la page 347 alors qu'il se termine page 345...
Avec poésie et délicatesse, Isabelle Carré se place “du côté des Indiens”, de ceux qui perdent et qui se perdent.
Son roman raconte quatre personnages, desquels on va se rapprocher un peu, effleurer leur vies intérieures en témoins impuissants.
Zaid, 10 ans, découvre que son père monte trop régulièrement voir la voisine du 5ème étage, et met fin à cette relation.
Muriel, la voisine, est une ancienne actrice qui revit l’emprise du metteur en scène lors de son premier tournage lors de l’affaire Weinstein.
Les parents, âmes en peine qui s’aiment sans se le dire, sont fatigués et cherchent une sortie. Zaid souhaite que tout redevienne comme avant.
Entre les récits, telles quatre nouvelles successives, sont alternés quelques parenthèses de l’auteure qui s’offre une respiration dans l’écriture et nous apporte des éléments de contexte. Cette touche très personnelle nous rapproche d’Isabelle Carré mais aussi de ses personnages.
J’ai aimé ce roman qui aborde tant de thèmes compliqués avec finesse et maturité, sans jamais tomber dans l’excès (viol, consentement, l’amour qui s’étiole, la peur du vide...).