Bonne intrigue en ce qui concerne l'enquête, des personnages masculins intéressants et moins manichéens qu'il n'y pourrait paraitre de prime abord. Certains dénouements sont un peu rapide et parfois, on voudrait que l'auteur eut usé d'autant de précisions pour cela que pour décrire un repas ou une armure.
Tout prête à créer le contexte médiéval - au delà de la simple fiction - le vocabulaire, les tournures de phrases ... ce qui est à la fois très intéressant et peut-être déroutant : pourquoi la narration est-elle aussi sur ce mode là et non neutre ? Sous couvert de description détaillée, on a parfois l'impression que l'auteur se perd en explication pour le simple plaisir d'expliquer. Mais pourquoi pas (ce n'est pas le plus gênant).
Je devrais au vue de l'intrigue, que je trouve bien ficelée, noter ce livre au moins 3 ou 3,5. Surtout que je ne l'ai pas lâché et avalé les plus de 500 pages en 4 jours.
Mais la toute fin me laisse un goût de colère. Je développe ici sans spoiler parce que ces faits n'ont AUCUNE incidence sur le cours de l'histoire.
(starting : rant) - TW agressions sexuelles et poncifs masculinistes
Pourquoi je suis en colère ? Parce que j'en ai vraiment ras la soupière de lire encore une fois, dans une fiction comportant 3 personnages féminins (dont une seule est finalement importante dans l'histoire) pour plus d'une vingtaine masculins, personnage féminin donc dont la vie va être définie par quoi ? Du viol domestique à l'age de 13 ans sur une période longue. ça n'a aucune, AUCUNE, incidence sur la fiction - car ce personnage n'a pas besoin de cela pour choisir sa voie spirituelle. A l'instar de ces compagnons masculins qui ont fait les même choix sans agression sexuelle sur leurs personnes, le personnage pouvait très bien faire ses choix de vie par elle-même. Mais non, encore une fois, on forge le destin d'une femme et ses décisions, sa force pour affronter la vie sur des agressions sexuelles - c'est vraiment un poncif pénible.
Et quand bien même on voudrait passer outre cette création du "développement de personnage" venue d'un autre temps, en ce disant que bon, l'intrigue est sympa, on veut savoir comment ça se résout, le pompom de la pomponette arrive en fin de roman.
Dernière page, alors qu'on a eu le fin mot de l'histoire, qui a fait quoi et pourquoi (même si j'avoue que bon, c'est un peu expédié après 500 pages et qu'on aurait voulu plus d'explications et moins de facilités), BOUM, l'auteur enchaine le "souvenir" jusqu'ici oublié d'un personnage, et décrit la mise à sac par des soldats d'un lieu où il a vécu enfant. Un homme tué et une femme violée en réunion par les soldats.
Donc toi, t'étais peinardos en train de te finir ton histoire, on te balance un truc horrible comme ça dans les gencives, alors que ça n'apporte strictement rien à l'histoire.
Et pour parachever le tout, le même personnage qui se souvient de cet épisode au combien traumatique (et je vous épargne les détails) fait quoi ? Il se prélasse sous les caresses agréables, voire sensuelle de son compagnon. Voilà. T'enchaine en 1 page viol collectif atroce et douce sensualité des caresses au bord d'une rivière. Tout ça pour rien, aucun apport à l'histoire. Juste pour laisser un goût de gerbe et de dégoût à la personne qui tourne cette dernière page.
Perso, ce genre d'écriture qui te claque des agressions sexuelles comme si de rien était, sans même en faire quoi que ce soit (en terme de fiction, en terme de construction psychologique), c'est plus possible pour moi.
(ending : rant)