Les vilaines filles ont plus à nous apprendre que les filles sages.
La classification sociale des femmes en fonction de leur sexualité réelle ou supposée opère une distinction entre les « convenables » et les « indécentes ». Du côté des mauvaises filles, on trouve notamment les travailleuses du sexe. Des personnes invisibilisées ou représentées de manière stigmatisante, a fortiori en temps de pandémie.
Il y a aussi les clientes du travail du sexe, qui existent et qui remettent en question le marché traditionnel de la séduction hétérosexuelle. À leur contact, l’autrice-journaliste Paulie Verduzier interroge sa propre socialisation en tant que femme et les représentations médiatiques de la prostitution. Avec ses interlocutrices, elle entend dénoncer l’injonction à la « respectabilité » qui pèse sur les femmes. Les récits de ces travailleuses et de ces clientes – celles qui ont accepté de se livrer – permettent aussi de documenter l’état des rapports de genre et des normes sexuelles en 2020.
Pauline Verduzier est une journaliste de 28 ans, spécialiste des questions de genre et de sexualités, membre du collectif de journalistes indépendantes Les Journalopes. Elle travaille pour l’émission Les Pieds sur terre sur France Culture et a collaboré avec Causette, Neon, Slate, Vice, Les Inrocks, Le Temps et Santé Magazine.
À mon sens, un ouvrage essentiel pour replacer la question du travail du sexe dans la temporalité qui est la nôtre. Écrit dans un style fluide et agréable, ponctué de questionnements personnels qui ne peuvent que résonner, cet essai fait la part belle aux témoignages des concernées, pour en finir avec une vision universaliste et abolitionnisme du travail du sexe où le plus souvent, on parle à la place des travailleuses. On commence à saisir avec Pauline Verduzier la complexité de la question. Ni stigmatisation ni idéalisation, mais un vrai travail d’enquête humain, qui ouvre beaucoup de pistes de réflexion. Je recommande très chaudement.
Très belle enquête, un peu dans la lignée gonzo de celle écrite par Judith Duportail. Le parti pris est assumé par l'autrice, qui ne cherche pas moins à le questionner constamment. Un hic par contre, l'écriture "inclusive" met le féminin entre parenthèses...
Pauline Verduzier donne la paroles aux TDS, stigmatisé.es et grand.es oublié.es des violences en tout genre. Si iels incarnent le danger dans nos imaginaires, iels sont surtout en danger: violence des clients, précarité financière, obstacles dans les conditions de travail composent la réalité de leur quotidien. A travers le témoignage de plusieurs TDS ponctués de ses réflexions et expériences personnelles, l'autrice nous propose une grille de lecture qui si elle n'est pas pro-sexe stricto sensu, rappelle que le féminisme ne consiste pas à libérer une femme à sa place pour mieux lui imposer une autre forme de contrôle, ce qu'elle doit faire avec son corps et avec qui. Le forme est agréable, le fond est passionnant. À lire.
Une enquête minutieuse sur le milieu de la prostitution de nos jours et qui n’oublie personne : hommes, femmes, trans ou in-between, bourgeois.ses, précaires et sans-papiers, prostitué.e par choix ou par nécessité.. cet ouvrage donne la parole à tous les cas de figure et donne un sérieux coup de poing à de nombreuses idées reçues. À lire absolument !
Un travail énorme et extrêmement complet sur un bon nombre d'aspects du travail du sexe, et un soin apporté aux recherches et aux analyses, le tout rendu ultra accessible grâce à une narration qui laisse de la place à l'autrice, ses expériences, ses questionnements (un style "à l'américaine", où la mise en avant du sujet n'annule pas la rigueur journalistique ou scientifique).
Un travail essentiel qui donne la parole aux concerné•e•s. Je crois que c’est nécessaire dans une société ou l’on pense à la place des TDS, qu’on préjuge de la réalité de leur souhait ou non de se prostituer, de leurs motivations et de leur passé. A lire !