" L’aurore naissante, ragaillardi par les mots de Gladys qui résonnent encore à mes oreilles, je me noie dans le travail, fermement résolu à percer le mystère d’Hippolyte Carbonel. Mon mur est envahi d’holoscans et de photographies issus de mes archives, auxquels se sont rajoutés reportages et autres rapports d’enquêtes fournis gracieusement par le capitaine Ferrer. Déterminé à ce que rien ne m’échappe, je recoupe l’ensemble des éléments à ma disposition, en quête de la moindre similitude entre les différentes disparitions. Maintenant que le dénominateur commun est en ma possession, cela devrait être plus facile. Une fois toutes les pièces rassemblées, je ne doute pas de parvenir à faire éclater la vérité."
Dans un futur plus ou moins proche, pour aller d'Hanoï à Rio de Janeiro en quelques minutes à peine, il suffit d'emprunter le réseau mondial des téléporteurs. Simple, pratique, abordable. Désormais, tout le monde peut franchir les océans en traversant une porte. Tout le monde, sauf les personnes du groupe sanguin AB négatif, et ce bien qu'aucune science ne soit capable d'expliquer pourquoi. C'est ainsi. Dominique Serin, enquêteur privé de son état, ne peut pas se téléporter. Pourtant, ça lui serait fort utile pour résoudre ces cas de disparitions qui l'obsèdent depuis des années. Car là encore, la science a échoué à résoudre le mystère de ces disparitions. Vraiment, il se passe des choses étranges au royaume des vivants.
Emmanuel Quentin est venu tardivement à la lecture.
Depuis qu’il a découvert Les Hauts de Hurlevent par l’entremise d’une soeur exaspérée de le voir bayer aux corneilles (activité au demeurant fort louable), il n’est plus capable de s’arrêter de lire. Sauf quand il écrit…
Hypocondriaque notoire, il est persuadé d’hyperventiler lorsqu’il n’a pas de livres à portée de main, aussi s’est-il arrangé pour devenir bibliothécaire.
Son dernier roman, Vent rouge, est paru en 2025 aux éditions Critic.
Un livre court, mais efficace dans son pastiche de "hard-boiled" de SF. Notre détective est tout à fait sympathique et se paie même le privilège d'une histoire d'amour aussi originale que triste. Son apprenti tape sur ses nerfs autant que sur ceux du lecteur et l'ajout des cartes postales est un petit ajout assez fun, qui n'est pas sans rappeler les ARG d'horreur que j'aime de tout mon cœur. Je n'ai pas forcément accroché au twist, mais je dois reconnaître qu'il a le mérite d'être original, très Pulp dans sa façon de convoquer l'horreur. Une lecture tout à fait efficace, en somme.
Une très bonne novella, qui prend quelques chemins tortueux pour arriver à son but, et c'est plaisant. Une plume à découvrir, et un petit éditeur qui fait du super boulot.