Après avoir conquis sa "part de Gaulois" en devenant le premier bachelier de sa cité, Magyd Cherfi , alias "le Madge", fi le s'établir en centre-ville avec un colocataire, débute pour de bon dans la musique et commence à écu mer avec son groupe les scènes campagnardes ou périphériques, mêlant textes engagés, poésie du quotidien et rock dévastateur. Dans cette France des années 1980 où le Front national bombe le torse, ses anciens potes du quartier se mobilisent pour rejoindre la grande Marche des beurs. Pour peu de temps encore, sur Mitterrand se porte l'attente d'un pays moins raciste. Mais le délit de faciès a de l'avenir, les coups pleuvent et le métissage est la pire des qualités. Chanter pour ceux de la cité - les Sarrasins - est aussi illusoire que demeurer soi-même dans l'inatteignable identité du «made in France.»
Entre autodérision, gouaille et violence, un esprit libre cherche sa place et zigzague son chemin familier. À défaut d'une histoire nationale qui lui ressemble et le rassemble, le Madge fait chanter les mots, revit et restitue les années pré-Zebda, évoque tous les désirs et tous les malentendus, rencontre l'amour de sa vie et projette sur notre temps les images d'une jeunesse prise entre la peur, la colère et l'espérance.
C'est le deuxième livre que je lis de Magyd Cherfi (après Ma part de Gaulois) et je suis super contente de retrouver l'écriture d'une des figures les plus importantes de la culture toulousaine. On va pas se mentir, je suis ultra fan des créations de Magyd et j'ai adoré ce nouveau livre qui explore toutes les contradictions politiques qu'il a pu vivre dans une partie de sa vie aux niveaux publics et intimes. J'ai découvert à travers sa plume la complexité des rapports de pouvoir et de forces qu'il existe dans la cité où il a grandit, autour de chaque individu. L'auteur expose ses combats militants à travers l'histoire des relations humaines qui ont formé une moment décisif de sa vie.
Je recommande évidemment 1000 fois.
Oh oui aussi: la couverture est fantastique. Cette édition d'Actes Sud est encore une fois magnifique !
Écriture toujours aussi précise, dans un style littéraire enrichi de culture algérienne, du mélange d'un quartier populaire toulousain. La suite d'une réflexion intéressante sur l'identité française issue de l'immigration des anciennes colonies. Magyd Cherfi nous livre son histoire personnelle d'une plume fluide, enchaînant les péripéties dans une narration sensible et maîtrisée
Comme dans « ma part de gaulois » on retrouve ce mélange parfaitement maîtrisé de langage soutenu et langage de rue, et le thème du déchirement identitaire de l’auteur. Beaucoup d’humour mais aussi quelques passages plus dramatiques.