Sous la direction de Krystel Bertrand et Fanie Demeule.
Les personnages féminins sont rarement de mauvaise foi, et lorsqu’ils le sont, c’est toujours pour une bonne raison. Ce collectif de nouvelles, réunissant dix autrices et auteurs aux genres et aux voix variés, plonge dans la cruauté non négociée ou excusée des femmes. En explorant de manière audacieuse les différentes manifestations de la méchanceté (physique, psychologique, morale), les onze textes du recueil de nouvelles Cruelles mettent en scène d’odieuses amies, d’impitoyables mères et d’inquiétantes soeurs. Des femmes irrémédiablement cupides, perverses, et surtout, non-repentantes.
Avec les textes de Raphaëlle B. Adam, Marie-Jeanne Bérard, Camille Deslauriers, Marie-Pier Lafontaine, Hélène Laforest, François Lévesque. Anya Nousri, Patrick Sénécal, Olivier Sylvestre et Lysandre Saint-Jean.
Fanie Demeule est née en 1990 à Longueuil (Québec). Elle est titulaire d'un diplôme de doctorat en études littéraires de l’Université du Québec à Montréal, où elle est chargée de cours. Elle a signé les romans Déterrer les os (2016), Roux clair naturel (2019), Mukbang (2021), Highlands (2021) et Dents de fortune (2024), le livre illustré Bagels (2021), le recueil de nouvelles Je suis celle qui veut sauver sa peau (Hamac 2022), ainsi que plusieurs textes dans des revues et collectifs. En 2022, elle a remporté le Prix Jacques-Brossard de la science-fiction et du fantastique ainsi que le Prix des Horizons imaginaires. À travers une pluralité de genres littéraires, ses oeuvres interrogent entre autres les enjeux de santé mentale, les rapports au corps et à l’identité, ainsi que la porosité des frontières entre réel et fiction.
Recueil de nouvelles sur la cruauté des femmes, sans qu’elles aient d’autres raisons qui alimentent cette cruauté que la cruauté elle-même.
J’ai bien aimé les préfaces qui mettaient en place la raison de ce collectif et l’idée de départ.
Cache-cache de Marie-Pier Lafontaine. On retrouve les mêmes thématiques que dans Chienne, les enfants et les abus. On ressent une certaine tension tout au long de cette nouvelle de la manière qu’elle est construite. La fin est très violente.
Dawessou par Anya Nousri Je pense que c’est la nouvelle que j’ai trouvé la plus violente. Entre orgasme et violence sexuelle, la protagoniste essaye de libérer les femmes de sa famille de la malédiction qui pèse sur elles.
Amère de Lysandre Saint-Jean est une des nouvelles les moins cruelles. En fait c’est une femme qui rage contre les mères et la société qui fait que l’on n’est rien en tant que femme tant que l’on n’est pas mère. C’est une femme qui en a marre de l’empathie à deux cents envers sa situation de femmes qui n’arrive pas à avoir d’enfants. C’est cruel parce qu’on ne peut détester les mères right? 😉
L’enfant sur le linoléum de Camille Deslauriers est une nouvelle, selon moi, qui n’a ni début ni fin. On est avec cette adolescente qui s’est enfuie de chez elle. On en apprend un peu plus sur les raisons, mais sans plus.
Sylvie par Olivier Sylvestre. Je suis vendue à cet auteur c’est pas un secret. J’ai aimé cette nouvelle construite dans un format qui rappelle le vers, sans point ni virgule. Cette nouvelle fait écho à son roman Noms fictifs si l’on avait vu l’envers de la médaille de l’intervention.
Les horreurs ordinaires par Hélène Laforest est une nouvelle qui part doucement mais qui prend une tangeante dure rapidement. Sarah qui se lit d’amitié avec Karelle suite à sa présentation orale dans un cours de création littéraire. Elles se mettent à échanger leurs lourds traumatismes. J’ai cherché à quoi ça m’a fait penser. Hum je pense qu’il y a un petit côté Hell.com.
Sarracenia purpurea de Raphaëlle B. Adam est une nouvelle qui donne un aspect un peu fantasy. Des femmes magnifiques (et d’autres pas mal moins) qui se tiennent ensemble dans un but d’assouvir des pulsions…
La nuit des mimosas de Marie-Jeanne Bérard c’est une protagoniste qui suit une petite fille qui lui rappelle son enfance et ses traumatismes ressurgissent.
La dame blanche de François Lévesque est probablement ma préférée. Marie-Rose qui fait inspecter la maison où sa sœur est morte. Le seul petit bémol est que j’ai dévoilé le pot aux roses, mais sinon j’ai bien aimé la construction de cette nouvelle.
Dans le sang de Patrick Senécal est la nouvelle que j’ai le moins apprécié. En fait, je trouve que toutes les autres nouvelles apportent de l’originalité dans la cruauté des femmes et pas celle-ci. On est dans le cliché de la femme qui ne peut définitivement pas être aussi cruelle que les hommes. De part sa force physique et juste…du fait que c’est une femme. Il y aura des épreuves pour déterminer qui est le plus cruel, mais la femme s’en sort toujours d’une manière plus rusée que cruelle. L’homme est physique et sanguinaire, elle est intelligente et sait où frapper… J’aurais voulu qu’elle soit sanguinaire elle aussi. Et la dernière épreuve…c’est non.
Voici un des meilleurs recueils que j’ai lu dans les derniers temps! Des textes sans censure qui nous donnent à rencontrer des femmes impitoyables et bien assumées dans leur cruauté. Les courtes histoires abordent de manière audacieuse les différentes manifestations de la méchanceté, et c’est jouissif, surprenant et parfois dérangeant. Merci pour cet incroyable recueil !
Lecture assez inégale qui m'a laissée mitigée. Certaines nouvelles étaient si néanmoins si fortes qu'il serait injuste de décerner moins de trois étoiles.
Le projet, déjà. Bien que le sujet m'intéresse, étant amatrice d'horreur et de récits étranges, je suis restée sur ma faim. Dans son introduction, Fanie Demeules souligne l'importance de représenter la cruauté des femmes - le potentiel de leur cruauté -, pour montrer qu'elles en sont aussi capables que les hommes. Pour moi, c'est là que ça coince, parce que les hommes ne sont pas la mesure ni le standard de l'humanité; ce n'est pas parce qu'ils commettent des gestes odieux qu'il faut nécessairement les imiter pour mettre de l'avant l'égalité des sexes.
Et, il faut le dire, si l'on considère ces nouvelles avec ce projet en tête, eh bien elles tombent à plat - aucun des personnages féminins ne fait preuve de réelle cruauté, autant qu'un homme peut le faire. Aucune ne viole, ne torture, n'avilit, ne détruit avec la perversité sadique d'un homme. Ce qu'on voit avant tout, ce sont des femmes incomprises, traumatisées, remplies de doute et de violence envers elles-mêmes. Et par-dessus tout, ce qui me déçoit je pense, c'est que dans la moitié de ces nouvelles, les femmes sont violentes... envers d'autres femmes. Et quand elles sont violentes envers les hommes, ça reste comment dire... scrupuleux. C'est une question de vengeance, ou alors c'est fait rapidement, on ne fait pas durer leur agonie. On ne sent pas la cruauté - le plaisir, l'intention de causer de la souffrance. J'aurais voulu voir des femmes ouvertement cruelles, froides, insensibles, misandres, qui renversent véritablement les clichés.
Coups de cœur: 1) L'enfant sur le linoléum, de Camille Deslauriers Je suis toujours bouleversée, retournée, ensorcelée quand je lis cette autrice. Une plume incroyablement musicale, riche, tordue... et quelle maîtrise de la nouvelle !
2) Les horreurs ordinaires, de Hélène Laforest Une autrice que je découvre avec plaisir, ayant déjà lu quelques courts récits d'elle par le passé. À mon sens, c'est l'une des nouvelles les plus prenantes de ce recueil, dans la complexité des sentiments qu'elle suscite, dans le type d'horreur qu'elle explore. J'avais anticipé la fin assez vite, mais ça ne lui enlève absolument rien, ça frappe comme un coup dans le ventre.
Coup de gueule: Dawessou, par Anya Nousri Ça faisait longtemps que je n'avais pas détesté une nouvelle de la sorte. Vraiment, si je pouvais la 'unread', je le ferais à l'instant. Niveau structural, ça ne raconte rien, c'est de l'introspection, du racontage de vie. Ça part d'un thème intéressant - l'émancipation - et ça échoue lamentablement. L'idée de torturer sa mère par la biais de la sexualité... cringe. Surtout que ça ne sert à rien : sa mère est le reflet des discours archaïques dans lesquels elle a baigné toute sa vie. S'acharner sur elle, tenter de l'humilier, de la traumatiser, de l'inclure dans ses fantasmes de 'sugar mommy', ça montre en fait à quel point le narratrice est égocentrique et puérile. En cherchant à tout prix à être 'hardcore', en parlant de bukkake, de BDSM, de facefuck et d'anal, elle montre comment elle a complètement absorbé, digéré le discours patriarcal : elle fait exactement ce que les hommes attendent d'elle. Un corps ouvert, disposé à accomplir n'importe quel acte sous prétexte que c'est elle qui choisit et qu'elle est libre. Weird comment cette 'liberté' est identique à ce qu'on retrouve sur la page d'accueil d'un site porno, identique aux wet dreams sordides de la plupart des hommes. L'autrice n'a pas réussi à illustrer l'émancipation de son personnage; d'objet privé (une possession pour son mari), elle en fait seulement un objet public (une possession pour n'importe qui).
Gros coup de coeur pour ce collectif complètement délectable. La femme est à l’honneur dans ces nouvelles sanglantes, sexuelles et surtout, cruelles. On baigne dans la noirceur et la méchanceté du début à la fin. Une lecture parfaite pour accompagner le mois d’octobre. J’ai a-do-ré chacune des nouvelles. Petite mention spéciale à la magnifique brochette d’autrices et d’auteurs que l’on retrouve entre les pages de ce livre. Et que dire de la couverture hypnotisante. 🖤
Tellement un bon collectif de nouvelles, j’ai rarement lu un recueil aussi constant dans la qualité des textes proposés. Très belles découvertes d’autrices à explorer dans mes prochaines lectures.
J'ai tellement été déçue. Je m'attendais à un recueil un peu badass de femmes qui sont tout simplement cruelles, mais c'était si loin de ça . J'avais tellement d'espoir . Par contre, je dois avouer que j'ai apprécié le texte de Anya Noursi.
Je ne crois pas être en mesure de dire une seule chose que je n’ai pas aimée de ce recueil. Chaque nouvelle permet au lecteur de plonger, ne serait-ce qu’un instant, dans une courte histoire qui permet d’explorer une nouvelle facette de ce qu’est la cruauté au féminin. Les violences représentées dans le recueil sont parfois physiques, parfois psychologiques, et traitent de sujet comme la maternité, la sexualité, les relations de famille, les préjugés envers les femmes, et plus encore. Une lecture parfaite pour la spooky season ou pour alimenter sa rage féminine.
Je suis (presque) fâchée que dans mon top 3 des nouvelles sur des femmes, tous les auteurs soient des hommes. Sur 10 histoires, il y a trois hommes. Maudit ! Ce n'est pas faute d'avoir essayé.
#1 celle de Patrick Sénéchal. Il est bon. Il sait qu'il est bon. Tout le monde sait qu'il est bon. Le jeu de mots *chef kiss*.
#2 celle de François Lévesque. Ambiance halloweenesque à souhait. Les deux jumelles, la chanson, très bien pensé. Les insectes qui grouillent : eurk.
#3 celle d'Olivier Sylvestre. Tous les intervenant.e.s devraient lire cette nouvelle, juste pour se rassurer que oui, tout le monde pense comme ça.
Le concept est extrêmement intéressant, mais je crois que certaines histoires sont justement allées dans le sens que la direction ne voulait pas aller : le Mal par émotion, par vengeance et par réaction. Comme si le Mal féminin devait absolument être lié à quelque chose d'émotionnel. Comme si seulement l'homme pouvait être cruel parce qu'il est cruel.
Ceci étant dit, ce recueil n'est pas pour les cœurs sensibles. On nous promettait les recoins les plus sombres de la cruauté et on l'a servi. Amplement, largement.
J'ai aussi un sentiment mi-figue mi-raisin sur le fait que les nouvelles ont toutes des situations finales. Je crois qu'on aurait pu laisser le lecteur sur la chute. Enfin, ce n'est qu'une opinion personnelle.
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Ce recueil fait mentir les stéréotypes selon lesquels les femmes sont forcément douces, inoffensives, passives. Chacune des nouvelles ouvre une porte sur une facette de la potentielle cruauté féminine. Elles prouvent avec brio que celle-ci peut être quasi sans limite. Des trésors de méchanceté, de la virtuosité en frais de violence, de glauque imaginaire se déploient dans ces pages qu’on dévore à toute vitesse.
On retrouve les textes de Raphaëlle B. Adam, Marie-Jeanne Bérard, Camille Deslauriers, Marie-Pier Lafontaine, Hélène Laforest, François Lévesque. Anya Nousri, Patrick Sénécal, Olivier Sylvestre et Lysandre Saint-Jean. Dans cet ouvrage, nous sommes confrontés à de la cruauté exaucée par des femmes. Des textes intelligents et pleins de rebondissements. La femme, qu’elle soit méchante, pervertie, ou sans morale, est au cœur de ce livre. Je recommande!
J’ai bien aimé « Amère » (5⭐️), « Sylvie » (4.5⭐️), « La nuit des mimosas » (4.5⭐️) et « Dans le sang » (4.5⭐️). Les autres nouvelles n’ont pas attiré mon attention suffisamment pour donner une cote plus haute que 3/5 pour l’ensemble du recueil. Un ouvrage très divertissant par contre, qui se lit très vite.
Le seul texte accrocheur que j’ai aimé était le dernier auteur. Je m’attendais à ce que les recueils de chaque auteurs ressemble à celui-ci et qu’il y ait un plus gros lien pour la gente féminin envers ce qu’elles peuvent emmener et démontrer qui est cruel
Une lecture agréable mais inégale. J'ai adoré certaines nouvelles (celle de Anya Nousri étant ma préférée) ainsi que les préfaces, mais certaines autres m'ont ennuyée un peu. C'est somme toute très bien écrit et j'ai trouvé très intéressante la thématique qui liait toutes les nouvelles.
J'ai bien aimé ce recueil de nouvelles, surtout Les Horreurs Ordinaires d'Hélène Laforest; gros coup de coeur! J'en aurais pris plus! Sarracenia Purpurea de Raphaëlle B. Adam et La Dame Blanche de François Lévesque m'ont aussi beaucoup plu! C'est super bien écrit!
Un peu en dents de scie pour la qualité des nouvelles, mais dans l'ensemble agréable. Une bonne variété de thèmes et d'ambiances, parfois l'horreur est à son comble.
J'ai évidemment acheté ce livre après avoir vu le nom de Patrick Sénécal. Sa nouvelle est (obviously) ma préférée. J'ai toutefois découvert tellement de talent. Chaques nouvelles m'ont surprises et je ne croyais pas aimer l'horreur écrite par quelqu'un d'autre que Patrick.
Livre qui se lit très rapidement! Super intéressant de lire différents auteurs que je ne connaissais pas. J’adore l’idée qu’il s’agit que de femmes. J’ai beaucoup apprécié