«La course de Rose» est une véritable boîte à surprises, un roman comme nul autre, que j’ai eu un malin plaisir à lire, surtout pour son humour!
L’histoire se déroule en deux temps, et le premier segment ne laisse pas présager le second. On passe d’un réalisme à dimension locale, voire familiale, à un univers d’horreur et de science-fiction, culminant par un affrontement contre une force fantastique démesurée.
N’en demeure pas moins qu’il y a des données constantes dans ce roman de Dawn Dumont, qui se déroule dans une réserve de la Saskatchewan. Le récit se nourrit de personnages hyper attachants, d’un humour savoureux, d’une écriture fluide et d’une réalité qui gagne toujours autant à être connue, celle des Premières Nations. En plus, tout y est : de la culture, des relations humaines, des quêtes d’identité, des rivalités, des alliances et de l’amour, toujours de l’amour. De la folie, aussi.
Rose Okanese, le personnage principal, est hilarante, même dans les moments de haute tension. Ses réflexions sont cinglantes, colorées et inattendues, à plus d’une reprise. Sa plus jeune fille, Callie, est tout aussi mourante, avec sa curiosité et son intelligence presque trop développée. Leur dynamique mère-fille est exceptionnelle. L’aînée, Sara, est une adolescente typique, mais une fois certaines barrières tombées, on l’adore à son tour. Quel trio!
Rose s’affirme. Elle se débarrasse enfin de son mari, qui ne la mérite pas, s’engage naïvement à participer à un marathon, malgré qu’elle soit loin d’avoir la taille de l’emploi, se déniche un nouveau travail et se rapproche du beau chef de bande.
Tous ses choix sont menés par une seule constante : sa spontanéité. Et c’est ce trait de personnalité qui m’a conquis.
C’est de cette spontanéité aussi dont elle aura besoin lorsque sa communauté devient le théâtre de la «fin du monde», qu’un esprit malveillant gagne les rêves des femmes et les transforme en esclaves du Mal.
Rose, elle seule, aura le courage d’affronter l’adversaire attendu, la Rêveuse, libérée par erreur et qui veut venger son passé. Grâce à sa naïveté, mais aussi à sa bienveillance envers ses proches et sa communauté.
Devant le chaos qui s’installe dans la réserve ou devant 42,195 kilomètres de bitume, Rose fonce, aussi maladroitement qu’efficacement. Tous les défis sont à porter de folie.
Je me suis régalé!