L’indépendance du Québec sera anti-impérialiste, antiraciste, inclusive et laïque, ou ne sera pas. Si l’option indépendantiste semble battre de l’aile et ne plus susciter l’adhésion, particulièrement chez les plus jeunes, c’est peut-être parce que le projet de pays a été quelque peu vidé de tout contenu et qu’il a perdu de son attrait. À l’heure où l’inclusion et la valorisation de la diversité suscitent l’intérêt des générations montantes, Benoit Renaud souhaite redonner au projet indépendantiste un contenu réellement émancipateur et progressiste.Soutenant l’importance d’articuler question sociale et question nationale, Benoit Renaud est formel : l’indépendance du Québec sera anti-impérialiste, antiraciste, inclusive et laïque ou ne sera pas. Étoffant au fil de son argumentaire les tenants et aboutissants d’une telle position, l’auteur, membre de Québec solidaire, cherche parallèlement à donner du corps à ce que pourrait être un projet indépendantiste porté par la formation politique de gauche. Ce projet trouverait sa concrétisation dans une démarche d’assemblée constituante, permettrait d’articuler une perspective résolument progressiste et tournerait le dos au virage conservateur du Parti Québécois opéré au courant des années 2000 et à la posture identitaire actuelle de la Coalition Avenir Québec.En montrant comment le projet indépendantiste est déboussolé, comment l’empire canadien se manifeste, comment la mécanique raciste se déploie, comment l’intolérance islamophobe s’expose, comment la laïcité semble s’appliquer selon une logique inversée, Benoit Renaud fait aussi oeuvre d’une grande pédagogie pour nous permettre d’y voir plus clair dans les débats politiques d’aujourd’hui.Un peuple libre, c’est un appel à un projet indépendantiste porteur d’un contenu réellement émancipateur. Un appel pour un projet de pays pour le Québec sans colonisateurs et sans colonisés, pour dépasser notre statut de colonisateur colonisé. Un appel pour renouveler la question du Québec, sur des bases résolument progressistes et inclusives.
Cet essai constitue une excellente synthèse des débats entourant le rôle de la diversité et de la laïcité dans notre société et constitue un excellent guide d'autodéfense contre un certain conservatisme national. Cependant, il prêche à des convertis. La nécessité de l'indépendance semble acquise et n'est pas particulièrement promue, l'auteur préférant se concentrer sur une critique bien ficelée du fédéralisme canadien. Il est en somme un excellent complément pour renforcer et colmater les dernières brèches d'une ligne idéologique indépendantiste de gauche contemporaine déjà bien établie depuis la création de Québec solidaire.
Dissection sublime d’un Polaroïd de l’état actuel de notre « nationalisme » et excellente carte de visite du projet de Québec Solidaire. Pour la personne néophyte, la définition des concepts de bases est rafraîchissante. La lecture n’est pas lourde. Par contre, un peu plus d’autocritique ou de temps passé sur les atrocités aussi commises par les colons français ou une dissection du mouvement des patriotes plus approfondie et historique aurait été la bienvenue - étaient-ils anticoloniaux? Leur movement indépendantiste était-il inclusive à leur époque? Finalement, pas vraiment de place est faite aux communautés que l’auteur veut inclure dans le projet souverainiste. Veulent-elles de ce projet? Un deuxième tome sur comment se rend-on à cette assemblée constituante serait tout aussi stimulante intellectuellement.