Les autrices et les auteurs de Futurs nous montrent que la science-fiction fait maintenant partie de l’imaginaire collectif, qu’elle se niche en nous, dans nos peurs comme dans nos amours. Avec les crises qui ont marqué notre passage vers la nouvelle décennie, il n’y a plus aucune raison d’en douter.
Mathieu Villeneuve est né à Chicoutimi en 1990. Descendant de bûcherons et de paysans, il a grandi entouré par les légendes de bois et les tragédies de campagne. Il a complété un baccalauréat en littérature à l’Université Laval et une maîtrise en création littéraire à l’Université du Québec à Montréal.
Son premier roman, Borealium tremens, le récit d'un écrivain qui hérite d'une maison fantôme au lac Saint Jean, a été salué par le public et la critique, en plus de recevoir plusieurs distinctions.
Aux éditions Triptyque, Mathieu Villeneuve est le fondateur et le directeur littéraire de la collection Satellite, un laboratoire de poétique et d'imaginaire qui accueille des histoires transfuges, des livres étranges et des oeuvres de science-fiction.
Son plus récent projet, La folie du Nord, est un concert littéraire rock nourri aux racontars de région, au doom métal et aux histoires qui finissent mal.
Futurs, ce sont des projections de nous, de notre société, de l’humanité, dans un monde ultérieur, peut-être pas si lointain. Certains récits sont étonnants, d’autres sont effrayants ou poignants, mais tous représentent une part de notre réalité actuelle projetée dans une perspective tantôt légère, tantôt sombre, de ce que nous pourrions devenir. C’est éclectique, complémentaire, choquant et tellement intéressant!
Le recueil de nouvelles «Futurs» est dans une classe à part. Dix auteurs singuliers, rassemblés par Mathieu Villeneuve, tentent de décrire leur vision de ce que pourrait être demain.
En tant que lectrice, j’aime lorsqu’un collectif reflète des visions aussi diversifiées que les personnalités de ses créateurs. Ici, j’ai eu la forte impression que chaque histoire possédait son identité propre, son essence bien à elle. N’attendez pas plus longtemps et jetez-vous dans la librairie la plus proche pour vous le procurer dès maintenant.
Dès que ce livre est paru, l’automne dernier, je me le suis procuré, parce que son thème m’interpellait grandement. Puis, j’en ai eu marre de ce déluge de collectifs, j’avais besoin d’une grande et longue histoire, pour faire changement. C’est avec grand bonheur et excitation que j’ai ressorti ce livre de ma PÀL récemment. Je me suis plongé avec avidité dans ces mondes pas tout à fait comme le nôtre, dans ces imaginaires décrivant des espaces post-apocalyptiques, ou simplement évoluant dans un sens inusités. Un livre fascinant parce que chaque différente conception du futur dénote des inquiétudes sociétales très actuelles. La science-fiction, ça fait réfléchir plus qu’on ne le pense.
Comme pour la plupart des anthologies, c'est plutôt inégal. Quelques bonnes surprises néanmoins, avec une mention toute particulière pour les nouvelles de Sylvie Bérard et de Rich Larson que j'ai trouvé excellentes!
C'est un recueil intéressant et original. En lisant l'avant-propos, je me doutais que ça serait un livre orienté vers des fins disons pas toujours roses. Plusieurs effectivement m'ont laissée sur une sensation désagréable, ce qui n'est pas un reproche. Au contraire! Certaines de ces nouvelles donnent froid dans le dos car on sait que l'humanité pourrait se diriger vers ces idées, ou quelque chose d'équivalent. Ça m'a fait penser à un autre recueil québécois de nouvelles d'anticipation/horreur que j'ai lu, "D'autres mondes".
Mais j'avoue que mes préférées restent celles dont la fin est quand même chouette: "Libellules" que j'ai trouvée touchante; "Chlorose" qui me rejoint puisque je suis une éternelle optimiste qui déteste avoir mal lol; et "Pax" pour mon petit côté revanchard.
Dernière note: la dernière nouvelle, qui est de Rich Larson, me semblait familière et pour cause: je viens de lire (en juin) son recueil de nouvelles "Tomorrow Factory", que j'ai aussi apprécié.
D'ailleurs, je conseille vivement à toutes les personnes qui ont aimé ce recueil-ci, de lire le recueil de Larson (traduit sous le nom de "La fabrique des lendemains") et l'autre recueil québécois dont j'ai mentionné plus haut.
Très inégal. Oscillant constamment entre 1 étoile et 3 ou 4 tout au long du receuil, lisant parfois dans le désordre, quelques nouvelles m'ont donné le souffle de continuer après chaque nouvelle décevante :
«Libellules» (P. Brisebois) entretient une ambiance plus contemplative rappelant un peu Simon Stalenhag en évoquant par allusions et de manière distante les secousses civilisationnelles à venir. «Futur passé » (E. Vonarburg) prend un point de vue attendu face aux changements climatiques, mais à partir de la perspective inusitée d'un archetype social étranger à ce genre littéraire. «Une vieille souillure» (S. Brousseau) se sert des codes de la science-fiction, mais touche plutôt avec beaucoup de sensibilité et de psychologie à l'intériorité de l'amitié et ses subtiles blessures. «Les derniers adieux» (M. Villeneuve) offre de manière détournée un commentaire sur les motivations souvents économiques de la manipulation des narratifs par les géants technologiques. «Marchands de rêves» (C.-E. Ferland) observe plutôt l'effet envahissant sur l'intimité de l'individu de ces mêmes impératifs économiques et le caractère totalement asymétrique du rapport de force.