Thaïs est une petite fille de deux ans sans histoire jusqu'au jour où sa démarche intrigue sa mère. Les médecins découvrent alors une maladie incurable qui l'emporte en quelques mois. Enceinte, Anne-Dauphine apprend peu après que son bébé est atteint de la même maladie. Greffée à sa naissance, Azylis grandit jusqu'à ce que la maladie la rattrape. Elle meurt à dix ans. " J'ai beaucoup souffert et je souffre encore. Mais j'ai appris la consolation. Ce délicat rapport à l'autre : s'approcher, toucher, parler. "
Ce livre parle de ceux qui consolent et de ceux que l'on console. Grâce à des scènes vécues, Anne-Dauphine partage ses réflexions qui touchent juste. Elle évoque ses deux filles, Thaïs et Azylis, mais aussi Loïc, son mari, Gaspard son fils aîné et enfin Arthur, le petit dernier. Son récit est aussi un bel hommage à tous les consolants : une sœur qui vous prend dans les bras, une infirmière qui s'assoit sur le bord du lit et prend juste le temps " d'être-là ", un peu de vernis à ongle qui aide à aimer la vie malgré tout. Elle a le don de ces scènes courtes qu'elle rend inoubliables.
Anne-Dauphine Julliand sait que la souffrance se passera pas mais qu'elle peut s'apprivoiser. Quand on lui demande comment fait-elle quand elle est triste, elle répond qu'elle a un truc imparable : elle pleure. Avec simplicité et profondeur, Anne-Dauphine nous guide sur le chemin de la consolation. Les lecteurs de ce livre n'hésiteront plus jamais à serrer dans leurs bras celui ou celle qui souffre. " J'ai perdu mes filles. Je le dis le cœur habité par deux sentiments que l'on croit souvent contraires : la douleur et la paix. La douleur de celle qui pleure. Et la paix de celle qui est consolée. "
Pour son troisième essai, Anne-Dauphine Julliand choisit d’analyser le concept de la consolation. Certes, écrire sur la souffrance, ce ressenti de l’âme qui ne se partage pas, est chose difficile, mais décrypter la manière dont on se reconstruit est important. Au delà de son témoignage, bouleversant et renversant, il y a l’universel de la souffrance, celle qui laisse sans souffle et qui étreint tout sur son passage. Ainsi, pour l’autrice , ce fut l’annonce du handicap lourd de ses deux filles, puis leurs décès. Avec d’autres, ce sera le décès d’un parent, ou d’un ami proche. Et, pour d’autres encore, la séparation avec un être aimé. Il n’y a pas d’échelle dans la souffrance. De cet abîme, la consolation permet le passage vers la vie. Avant tout le postulat d’Anne-Dauphine Julliand est de rendre nécessaire le fait d’entourer la personne qui souffre. Car, la double -peine est souvent la solitude qui l’entoure . Du coup, la consolation est un pont qui va de celui qui souffre à une personne non pas pour enlever mais pour accompagner et soutenir; juste par un geste, une présence, un mot. https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Ouf ouf ouf un livre qui nous fait grandir réfléchir sur la perte d’un être cher ; elle s’est deux enfants. La résilience, la souffrance, la douleur, les larmes, la tristesse, la consolation, l’accompagnement, l’écoute l’amour ... plusieurs passages pognants émotionnellement. J’avais lu son premier livre avec les yeux remplis d’eau. Celui n’est pas un récit du après mais des réflexions analyse sur son parcours avec la consolation
"Deux petits pas sur le sable mouillé " m'avait bouleversée surtout en tant que maman. J'avais mis un certain temps à me lancer dans sa lecture. Sans regret... Le nouveau témoignage de cette maman au sujet de la consolation, de l'amour, de l'écoute, de la compassion est de nouveau une belle lecture qui nous ouvre les yeux. Un joli moment émouvant
Une lecture poignante sur la consolation. Anne-Dauphine revient sur la perte de ses deux filles, son deuil, son ressenti. Elle nous explique dans son témoignage comment la consolation qu'elle a reçue l'a aidé dans les épreuves douloureuses traversées. Une lecture qui m'a marqué profondément et que je recommande aux personnes en deuil et à toute personne qui accompagne un proche en deuil.
Anne Dauphine Julliand a une plume et un coeur, elle met des mots sur la vie après la perte d'un être cher et comment le bonheur se re-invite par petites touches dans nos vies. Bouleversant, préparez vos mouchoirs.
Ce livre m’a été conseillé par ma psychologue après le décès de ma maman. Je l’ai offert à deux amies qui ont perdu un parent. Il est magnifique. Un grand merci. Ce livre, c’est comme un câlin.
"La mort n’éteint pas l’amour. Il continue à se conjuguer au présent. Et c’est là que réside la souffrance. Dans ce cœur qui vibre encore et qui cherche, comme un désespéré, le cœur de l’autre."
Anne-Dauphine Julliand a perdu ses deux petites filles Azylis et Thaïs puis son fils Gaspard s'est suicidé... que de souffrances indicibles. Malgré ces immenses drames, elle vient nous consoler. Leurs enfants comme des étoiles filantes auront permis à plus d'un qui en avait besoin de retrouver le sens de l'amour, de la fragilité, de la foi, de l'amitié profonde et vraie, de la consolation. Un récit qui nous donne de l'espérance et du courage. La consolation est possible même au cœur de la souffrance.
"Si on laisse la peur guider nos gestes, ils resteront maladroits et douloureux. Mais si on permet au lien qui nous unit, l'amour, l'amitié, de mener la danse, on trouvera facilement l'accord qui se passe de mots, l'harmonie qui devient valse ou tango. S'approcher pour consoler, c'est dire "apprends moi à danser".
"La consolation est une histoire d'amour écrite à l'encre des larmes. C'est la rencontre de deux cœurs : un cœur qui souffre et un cœur qui s'ouvre. De deux âmes : une âme ébranlée et une âme qui se laisse bouleverser. De deux êtres. Tout simplement. Ils se perdent parfois, se retrouvent souvent. Et dévoilent ensemble la puissance et la grâce de la consolation."
"Il n'y a rien de négatif à souffrir quand la vie nous malmène, c'est accepter en toute simplicité la réalité de l'épreuve". (p.88)
"C'est vrai le chagrin va passer, nous le savons. Aucune peine, même la plus amère et la plus profonde ne dure toute la vie. Cette certitude ancrée en nous, parfois inconsciemment, évite le désespoir. Nul ne pourrait concevoir la vie si elle n'était que douleur du premier au dernier instant. C'est juste parce que l'on sait que la peine n'est pas éternelle qu'on peut la supporter".
"Cette peine est la mienne. Je ne peux pas la changer, ni l'oublier, ni l'effacer, ni la chasser d'un revers de main. Je ne veux pas la vivre mais je dois la vivre. Simplement la vivre. Vivre la peine et le deuil".
"Que dire des souffrances qui n'ont ni larmes ni mots, et dont seul le silence hurle ? Ces souffrances qui ne trouvent pas le chemin pour s'exprimer. Celles qui sont tues pour mille raisons, et qui se passent d'explications. Celles qui détruisent plus que toute autre l'âme et le coeur, parce qu'elles sont maintenues secrètes. Le silence donne l'illusion de tenir la réalité à distance. Ce qui n'est pas dit ne prend pas corps, ni pour les autres ni pour soi-même. Du moins, c'est ce que l'on croit. Mais l'épreuve est là, cachée, telle la bête, dans les recoins où on l'a enfouie, qui ravage sans un bruit le coeur et l'esprit. Il faut parfois plus d'une vie pour affronter l'indicible, laisser les mots affleurer et l'autre s'approcher".
"A la présence silencieuse, à l'écoute attentive, succèdent les gestes qui consolent"
"Encore un peu plus près du coeur qui pleure".
"Etreindre, c'est prendre en compte la douleur physique qui accompagne la souffrance morale. Car l'âme et le corps sont liés et s'expriment ensemble dans la peine".
"La souffrance bouscule notre rapport au temps, qui tantôt s'étire, tantôt se précipite. Et parfois aussi se fige. Le futur happe tout à coup le présent, et imprègne l'instant. Avant même que l'épreuve ne soit intégrée, on en perçoit inconsciemment la conséquence sur notre conception du temps [...] En réalité, l'épreuve se vit au rythme lent du présent. En se concentrant sur le pas que l'on pose sans penser à celui d'après "un jour de souffrance à la fois". Tel est le temps de l'épreuve. Elle ne se vit pas en comptant les mois ou les années à venir, mais en avançant un jour à la fois. Un jour après l'autre. La peine s'atténue, les larmes s'espacent. Les souvenirs s'estompent. Parfois, dans cette mémoire qui s'en va se greffe une nouvelle souffrance. Au temps de l'épreuve succède l'épreuve du temps" (p.135)
"Il est une mémoire sur laquelle les jours n'ont pas de prise. Celle du coeur. La présence de Thais s'est estompée dans mes souvenirs, mais pas dans mes sentiments. Quand les souvenirs du coeur jaillissent, ils enjambent les semaines et les années écoulées. Ils effacent le temps et créent un instant éternel hors de la course des jours [...] On croit que la nostalgie appartient au passé. Mais elle est bien du domaine du présent. Car la nostalgie, c'est l'amour qui reste. Dans l'épreuve, le temps est un allié autant qu'un faux frère. Il dilue la peine, mais qu'on ne s'y trompe pas: à lui seul, il ne console pas. Il recouvre seulement l'épreuve de semaines, de mois et d'années. La souffrance continue à couver sous ce manteau si elle n'est pas consolée. Ce n'est pas le fil des jours qui atténue la peine. C'est l'autre, celui qui s'approche".