J'ai créé une secte. C'était, au départ, une entreprise purement commerciale. Jusqu'à ce que j'y prenne goût: fonder une religion est la dernière oeuvre possible. Né en 1972, Philippe Vasset est journaliste. Après Exemplaire de démonstration (Fayard, 2003), Un livre blanc (Fayard, 2007) et Journal intime d'une prédatrice (Fayard, 2010), La Conjuration est son septième roman.
Un réenchantement de l'espace urbain envoutant et surprenant. J'ai eu du mal à rentrer dans le livre, mais un fois pris le rythme (je recommande de longues plages de lectures, peu d'interruptions), le texte hypnotise. La toute dernière partie mérite qu'on aille au-delà des passages descriptifs des premières, parfois un peu arides - elle est proprement magistrale. L'ouvrage entier est étoilé de formules et de phrases d'une justesse remarquable. Un exemple : "Je parlais de moins en moins, me contentant de former des phrases étrangères, longs enchaînements mécaniques de noms, de slogans et de mises en garde, comme préenregistrés dans le circuit des rues, où, tête de lecture, j'avançais à allure égale" (p. 19). Ce livre m'a donné envie d'en lire d'autres de l'auteur.
Un récit original et envoutant. Deux hommes tentent de créer une nouvelle secte urbaine sur base d'un schéma de business-plan. Finalement le narrateur se perd dans une metafysique urbanistique.
Vasset se perd un peu dans son sujet pour ne pas le rattraper. En même temps c'est un peu son propos "se perdre". A relire avec un google-maps ou une IGN de Paris à ses côtés.