Léonora Miano n'est pas une Afropéenne (afro-européenne). Ceux qui se définissent ainsi ont grandi en Europe. Marquée par l'Afrique subsaharienne, la sensibilité de l'auteur se distingue de celle des Afropéens. Ceux-ci se sont construits en situation de minorité. Ce qui détermine la perception de soi, complique l'identification et la solidarité entre Afropéens et Subsahariens. La France identifie à l'Afrique tous ses citoyens d'ascendance subsaharienne, privilégiant les natifs de ce continent. Cela ne favorise pas l'ancrage des Afropéens dans leur pays, leur capacité à se sentir responsables de son destin. Pourtant, ceux qui se sont donné un nom - Afropéens - dans lequel Afrique et Europe fusionnent, s'ils sont fidèles aux implications de cette association plus qu'à leur amertume, peuvent incarner un projet de société fraternel, anti-impérialiste et anti-raciste. Dans une France en proie aux crispations identitaires, la perspective afropéenne apparaît encore comme une utopie. De part et d'autre, la tentation du rejet est puissante.
Une réflexion très enrichissante et intéressante. Sur les pistes de construction d'un monde post-occidental qui pourrait valorises les liens profonds entre l'Europe et l'Afrique, reconnaître les afro-descendants et afro-européens, j'adore cette vision, utopique peut-être, mais il faut commencer quelque part! Un point de vue original, qu'on n'entend pas assez, le livre est assez critique envers deux parties, l'écrivaine essaye vraiment faire un état de lieu sobre et respectueux et sincèrement réfléchir aux solutions de demain. Je recommande vivement!
Le livre est très dense, j'ai mille et une post-its collés sur les pages, mais il est compréhensible et cohérent, une bonne lecture et développement de pensée fluide.
"L'Occident n'est pas dans l'Ouest, ce n'est pas un lieu, c'est un projet." Edouard Glissant.
Dans la lignée de cette phrase citée en introduction du livre, Afropea offre une riche réflexion sur l'occidentalisation du monde, les deux poids deux mesures sur les questions raciales en Europe (et surtout en France) et ce que pourrait être un monde post-occidental, dans lequel les Afro-descendants seraient réellement inclus dans l'identité nationale. Un monde où d'autres sensibilités, d'autres cultures et d'autres géographies pourraient dessiner les contours de l'avenir du pays - un avenir décolonisé, débarrassé de la volonté occidentale de soumettre et dominer.
Si Léonora Miano pèche parfois en faisant quelques généralisations et répétitions, et que l'essai n'est pas très structuré, il regorge de pépites et de matière à réfléchir, le tout servi par une plume fluide et efficace. Le genre de livre où on prend des notes.
Répétitif, le propos aurait gagné à être plus resserré avec des chapitres plus courts (oui, c'est un essai, donc l'autrice est libre de faire ce qu'elle veut, certes). Beaucoup apprécié cependant sa critique de la négritude (mouvement limité par le fait qu'il se définit par rapport à l'occidentalité et pas pour lui-même, son propos est défensif et donc limité). Limite elle me donne envie de regarder Black Panther, elle l'a bien étrillé aussi.
Franchement brillant et passionnant. C'est un grand coup de grâce qui propose l'utopie de détruire l'occidentalité et telle que la comprend Miano, il s'agit du capitalisme et du vieux monde pourri post-colonial. Elle parle d'ériger quelque chose de neuf qui s'inscrit dans le neuf, dans les héritages multiples pour créer Afropea. Tous les pendants grotesques du racisme à la française sont décortiqués bien comme il faut et c'est agréable à lire, bien que très dense.
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Un essai intéressant. Il m’interpelle personnellement étant afropeene et ayant eu du mal à habiter complètement mon identité multiple.
Je trouve cet essai enrichissant. Beaucoup de thèmes sont abordés tel que la représentation, le rapport France-afrique, la négritude, l’africanité, l’Occidentalité… Des exemples concrets et une plume fluide! Des phrases que l’on voudrait connaître par cœur pour les partager en cas de discussions sur le sujet. Je recommande!
J'ai trouvé le propos intéressant surtout que je n'y connais pas grand chose sur le sujet, c'est peut être pour cette raison que je suis passée à côté de pas mal de subtilités et que j'aurais aimé un essai avec plus de concret pour m'aider à visualiser plus clairement la thèse que défend l'actrice : la création d'Afropea.