Avec le talent qu’on lui connaît Hara se plaît encore une fois à faire tourner son récit sur la roue des destinées dans un tome à la fois énergique et déchirant.
La lecture démarre assez classiquement ici, en mettant le lecteur face à un nouvel affrontement de Qin pour étendre son territoire et réaliser le grand rêve de son monarque. Merci aux éditeurs de nous fournir cartes et résumés pour nous aider à suivre et à nous repérer dans tout cela, car au bout de 61 tomes, dur dur de suivre. Mais grâce à cela, on plonge ensuite dans la mêlée avec toutes les cartes en main et on se régale de l’affrontement brutal de Moubu d’un côté et plus fin de Tou de de l’autre. Deux hommes qu’on a aimé voir grandir et atteindre de tel sommet.
Une nouvelle ville est ainsi prise, l’occasion de rencontrer de nouvelles figures et de découvrir leur destinée tragique comme aime en présenter l’auteur afin de leur donner l’envergure qu’on attend d’eux. C’est une trahison, de leur monarque et de leur peuple, qui a transformé ces hommes plein d’idéaux et c’est déchirant. Mais pour Qin, pas de sentimentalisme dans le plan mis en branle, et on prend plaisir à voir leur nouvelle alliance avec Wei aussi efficace. Le duo Tou-Gou Houmei étant des plus surprenants. Hara nous montre encore une autre façon de faire la guerre et une autre facette de celle-ci avec les alliances contre nature entre deux anciens ennemis et le besoin de faire des concessions pour avancer.
Cette implacabilité, nous la retrouvons ensuite dans la seconde partie assez inattendue de ce tome. Toujours dans les mouvements de troupes de Qin dans leur guerre colonisatrice, Shin est à la traine par rapport à ces deux amis promus généraux en même temps que lui. Pourquoi ? Parce que contrairement à eux, il n’a pas comblé les lourdes pertes vécus dernièrement face à Zhao et il n’a pas recruté de figure de proue. A la place, il se traîne des soldats au mental fort mais qui manque de chef pour les diriger, situation notamment portée par une Kyoukai qui ne se remet pas encore du sacrifice accompli pour sauver Shin. C’est alors qu’une ancienne protégée de celle-ci surgit.
J’ai beaucoup aimé ce focus sur Shin et ce retour sur la mythologie entourant le peuple de Kyoukai et leurs « pouvoirs ». L’auteur fait comprendre à merveille qu’on n’obtient rien sans rien, mais que parfois l’être humain va trop loin et qu’il est très dur de revenir. Ainsi, on a d’un côté une Kyoukai qui a peut-être trop donnée pour Shin et risque de le payer, et de l’autre une Kyourei qui a perdu l’esprit après l’épreuve qui l’a transformée en Shiyû. C’est déchirant de suivre le destin de chacune, mais autant celui de Kyoukai dégage une forme de romantisme touchant, autant celui de Kyourei révolte par son absurdité. Et de là peut-pn découvrir une proposition de réflexion sur les enfants-soldats d’un côté et le lavage de cerveau sous prétexte religieux de l’autre. Cela demande maturation.
Tome à nouveau prenant et brûlant, Hara y fait refaire un tour à ses troupes et surtout ses lecteurs, entraînant ceux-ci dans une nouvelle guerre, de nouveaux enjeux, de nouvelles figures, mais n’oubliant pas non plus les fondements de son récit comme l’illustre ce focus sur Kyoukai et sa tribu. C’est puissant, déchirant et plein de réflexion sur notre humanité, nos croyances, nos idéaux…
Tome diptyque du précédent même s'il introduit une nouvelle sous-intrigue. Quel plaisir de voir une alliance s'ouvrir entre Qin et Wei, les ennemis d'hier affrontent donc la menace d'aujourd'hui et comme un bon récit de super héro où le vilain d'hier devient un allié temporaire et la force que l'on combattait s'additionne à la nôtre. Tout ce qui a trait à l'intrigue concernant Kyoukai est intéressante et l'on voit les conséquences de la résurrection de Shin prouvant que cela n'a pas été sans mal. Même si clairement cela m'intéresse moins à cause de son aspect surnaturel j'ai beaucoup aimé le questionnement qui découle du fait de rajouter quelqu'un d'extrêmement compétent dans une unité mais au détriment de la cohésion de groupe, un tome intéressant qui pose des questions philosophiques par ci par là.
The Juuko battle comes to an end, setting the stage for something or other later I guess. And an Kyoukai's 'evil' sister comes and does more spirit stuff about being unhinged and all that. Not impressed with this volume, to be honest, never been a huge fan of the magical stuff Kyoukai's story brings in.